EXPANSION DES ARTS DE LA PERSE EN OCCIDENT
à la suite de la guerre contre Antiochus (195), du sac de Corinthe (145), de la réduction de l’Asie pergaméenne en province romaine ('155-129) et des grandes guerres contre Mithridate et plus tard contre les Partîtes. Cicéron, Tite-Live, Diodore 1 attestent et les monuments, mieux encore que les auteurs. Les consti uctions en biiques cuites, les voûtes d arêtes, les coupoles et les mosaïques d origine perse étaient adoptées par les Romains en même temps qu’ils payaient a prix d or les tapis de Ctésiphon, les broderies babyloniennes et que le Sénat introduisait Mithra au nombre des dieux de la République.
Depuis cette époque, au lieu de 1 entraver, les circonstances politiques eurent une influence de siècle en siècle plus heureuse sur l’exode triomphant des arts de la Perse.
Les flambeaux qui brillaient en Grèce, en Égypte, à Rome s’éteignent ou s amortissent, et a leur place de nouveaux foyers s’allument à Ctésiphon, la nouvelle métiopole de 1 Iran, et a Byzance qui, depuis le transport de la cour de César sur les rives du Bosphore, incline vers Ctésiphon.
Survient I invasion de la Perse par les Arabes, et les conquérants portés soudain de la barbarie au laite de la puissance exigent de la nation vaincue un tribut intellectuel et moral qti elle acquitte d’ailleurs sans résistance.
C est ainsi que pareils a des satellites fidèles, les savants, les grammairiens, les théologiens, les poètes, les architectes, les décorateurs de l’Iran qui étaient les uniques détenteurs de la civilisation orientale, suivirent l'astre musulman dans sa marche vers 1 Occident. C est ainsi que du Caire à Cordoue, durant les ix° et X siècles, les mosquées et les palais élevés a 1 instigation des vainqueurs reproduisent les plans, les formes, les procédés de construction, les motifs ornementaux, la polychromie caractéristique des palais perses de Firouz-Abâd, de Ctésiphon, de Machita, de Tagè-Bostan, de Rabbath-Ammàn que j'ai eu la bonne fortune de découvrir ou l’occasion d’étudier en détail.
Si les arcatures sur colonne, le style de la sculpture décorative, les chapiteaux, la mosaïque de verre sont empruntés en partie à l’architecture byzantine, apparentée d'ailleurs à l’architecture de la Perse, les minarets, les coupoles sur trompes et pendentifs, les voussures ogivales et outrepassées, les faïences, la décoration géométrique, les alvéoles procèdent sans aucun intermédiaire de l’architecture iranienne. J ajoute que parmi les envahisseurs, il se trouvait même
des chefs Persans qui favorisèrent l'acclimalation en Espagne des arts de leur patrie. Tel Sapor, ou plutôt Chapour, qui, vers le milieu du xi' siècle, avait fondé à Badajoz un émirat indépendant comprenant Badajoz, Merida, Evora, Beja, Coria et Lisbonne.
Tout laissait à penser que l’architecture et la sculpture durant cette première période étaient polychromes. Les renseignements nouveaux que je viens de donner changent cette présomption en certitude. Après s’etre rangée aux partis constructifs adoptés à Byzance et en Perse, l’Espagne devait, en effet, s’éprendre de la décoration de leurs monuments; ses tendances, et ce n'est pas le cas, y fussent-elles contraires. Or, le luxe suprême des édifices asiatiques consiste dans les tentures, les faïences, le marbre, les mosaïques de verre, les marqueteries de marbre, les enduits colorés, les peintures exécutées à fresque, tantôt isolées, tantôt associées à la sculpture ornementale, toujours répandues à profusion à l’intérieur des églises, des mosquées, des palais et des plus simples habitations. Les statues n’étaient pas polychromées en Orient par la raison décisive que la statuaire y expira dès les premiers siècles de l’ère chrétienne; mais les Espagnols, qui ne furent jamais iconoclastes, peignirent la représentation de la figure humaine. Faute de la comprendre dans la polychromie générale, l’œil le moins exercé eût été blessé par des taches blanches opposées à l’écrasante vigueur des fonds.