STATUE EN BRONZE ÉMAILLÉ DE L’ÉVÊQUE MAURICE
portique qui troue un édifice représenté au-dessus. La seule différence réside dans le style de l’édifice, roman oriental dans le premier, roman dans le second et d’un beau gothique dans celui-ci. En revanche, le tombeau du chantre Aparicio est dominé par un entablement mudejar très pur. 11 se compose d’une frise noire, brodée d'arabesques d’or et d’une corniche alvéolée qui paraît empruntée au palais d'un prince musulman. Cette particularité de style s observe aussi dans les vêtements : tandis que la femme porte une robe bleue très simple et un manteau de drap d or doublé de rouge, le chantre est vêtu d une robe taillée dans une étoffe orientale où les bandes horizontales rouges alternent avec des bandes bleues à deux tons, rehaussées de légers ornements d or.
J'ai examiné de très près les quatre tombeaux de Salamanque parce qu’ils constituent l’ensemble polychrome le plus complet que nous offre le xiii' siècle et ils m’ont paru n’avoir pas subi de restauration importante. Ils forment deux groupes distincts et de valeur artistique très différente. Celui de Dona Elena et celui du chantre Aparicio l'emportent à bien des points de vue sur les deux premiers, tout en restant d un art inferieur à la statue royale de la cathédrale de Leon.
A Burgos, dans le chœur de la cathédrale, se trouve un monument qui montre en quel honneur, au xiii' siècle, 1 Espagne tenait encore 1 art du cuivre émaillé. Je veux parler de la statue tombale de l’évêque Maurice mort en 1258 et dont une autre image, celle-ci en pierre, repose sur la colonne qui divise la célèbre porte del Sdviueiilctl (phot. ^ i). On devait bien ce double hommage au prélat qui, sous le règne de saint Ferdinand, fonda et fit commencer la cathédrale au cours de l’année 122t.
La statue tombale est d'une époque beaucoup plus moderne que le devant d'autel de Silos — près d’un siècle et demi les sépare — et d'un art bien différent, toutefois elle le rappelle par la coloration des émaux et par la proportion relative des parties dorées et des parties colorées. Ici encore, la superficie du métal l’emporte de beaucoup sur celle de l'émail.
La mitre en or ouvragé avec des cabochons sertis dans le parement, le collier et le pan du pallium sont traités et ornés de la même manière. La tunique, la chasuble et les chaussures sont aussi en or plein. La tunique est brodée de châteaux, et la chasuble, de fleurs de lys compris les uns comme les autres dans un
LA STATUAIRE POLYCHROxME EN ESPAGNE.
réseau formé de losanges. Sur le visage, sur les mains et sur les chaussures, le métal est également apparent.
Les seules parties émaillées se réduisent au manipule, au coussin où repose la tête et à quelques détails de seconde importance.
Le manipule à fond gros bleu est semé de disques verts et de fleurs de crucifère rose pâle comprises dans un cerne d’or très accusé. Le centre du disque vert est également occupé par une fleur de crucifère rose pâle.
Enfin, le coussin du même bleu que le manipule est divisé en losanges par un réseau de lignes violettes. Chaque losange est occupé lui aussi par une fleur de crucifère. Les pétales sont d’un vert très doux et le cœur est rouge carmin. Mais, alors qu’un large trait d'or entoure les fleurs, les lignes composant le réseau violet sont en contact direct avec le fond bleu.
Jusqu’à ces dernières années, la statue tombale de l’évêque Maurice était cachée sous une table très large qui la préservait sans doute, mais qui empêchait aussi de la voir. Le chapitre, mieux inspiré, vient de la placer sur un socle où l’on peut l’admirer et l'étudier comme elle le mérite.
La nécessité de réunir par âge et par genre les œuvres des sculpteurs espagnols me force à de continuels déplacements. Je voyagerai moins par la suite, mais, au début, il me faut poursuivre les imagiers partout où s’exerce leur talent et, comme les îlots artistiques sont d’autant plus clairsemés que l’époque est plus lointaine, les mêmes noms, les mêmes villes, reviendront à diverses reprises. Ainsi, après avoir décrit les peintures de San Isidro de Leon et la statue royale de la cathédrale neuve de la même ville, j’ai fait une rapide excursion à Salamanque et à Burgos où se trouvaient des sarcophages et des statues gisantes polychromes. Me voici ramené une fois de plus en Aragon.
Les statues placées sur la façade de la cathédrale de Tarragone peuvent se diviser en trois groupes distincts ( phot. 5 2 à 56). Le premier comprend les images des neuf apôtres commandées à maître Bartolome par l'archevêque Olivella ' . Elles remontent à l’année 1278. Dans le second % on range les trois derniers apôtres et les neuf prophètes, que le maître Jayme Castayls fit en 1376 (PL VllI). Enfin, le dernier se réduit à la 'Vierge placée devant le pilier de la grande porte et au bas-relief sans importance du piédestal qui la soutient (PL IX et phoi. 57).
Les apôtres et les prophètes, bien qu'exécutés à un siècle de distance, sont
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Jusqu à ces dernières années, la statue tombale de l'évêque Maurice était lachée s.jus une table très large qui la préservait sans doute, mais qui empôcii.iU .lus-i do la voir. Le chapitre, mieux inspiré, vient de la placer sur un socle "U : iiipc ui l'admirer et l'étudier comme elle le mérite.
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Les statues placées sur la façade de la cathédrale de Tarragone peuvent se diviser en trois groupes distincts [p/wL ) 2 à 56'. Le premier comprend les images des neuf apôtres commandées à maître Bartolome par l'archevêque Olivella ' . Elles ,'cmontent à l'année 1 >'b Hans le second % on range les trois derniers apôtres et les neuf prophètes, que le m.iitrc Jayme Castayls fit en i j~o PI. Vlllj. Enfin, le dernier se réduit à la 'Vierge placée devant le pilier de la grande porte et au bas-relief sans importance du piédestal qui la soutient fPl. IX et p/ioi. 57).
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