‹ La statuaire polychrome en Espagne; illustré de quatre-vingts planches tirées hors texte et de trois planches en couleursChapitre 33 sur 171 · RETABLE DE LA CATHÉDRALE DE SARAGOSSE · texte numérisé non relu

RETABLE DE LA CATHÉDRALE DE SARAGOSSE

qui l’entourent tandis que Gabriel Gombao se chargeait des parties inférieures. En 1480, le retable était enfin achevé et doré {phot. 8j).

La composition est noble et grande, la technique, d'une perfection rare. De l’ombre douce que les pinacles légers comme un réseau de dentelle mettent aux parties supérieures du bas-relief se dégagent des anges qui soulèvent une draperie et découvrent le reliquaire. Ce premier motif a peu de saillie au regard des tableaux qu’il domine. Le plus important, celui du centre, reproduit une de ces scènes charmantes où, depuis des siècles, se complaît la piété des artistes et des poètes.

La 'Vierge assise, radieuse, présente le divin Enfant aux regards d’un roi mage. L’agenouillement du monarque, l’expression extasiée du visage, la position des mains trahissent son respect et son admiration émue. Un second mage, beau comme un dieu, s’avance, tenant un vase à parfums. Puis, se perdant derrière la crèche et débordant l’ogive du cadre, quelques personnages donnent l’impression d’une foule anxieuse. A droite et à gauche du motif central, se présentent deux belles compositions empruntées à l’histoire du Christ. Elles reposent sur un soubassement formé de bas-reliefs, d’importance secondaire, mais encadrés dans des motifs d’une rare élégance. Trois niches, vides d’habitude, y sont ménagées. Aux jours de fêtes solennelles, elles reçoivent ces chefs d’argent émaillé dont j’ai déjà parlé (phot. 74, 75, 761 et dont l’un, celui de saint Valère (PL Xllj, est dû à la munificence de l’antipape Benoît Xlll. Maintenant, que l’on imagine un admirable cadre ciselé, fouillé dans des dalles d’albâtre et dont les ors patinés augmentent encore la valeur artistique, qu'on le peuple d’innombrables et d’adorables statuettes et l’on aura une idée bien imparfaite de ce magnifique monument.

Je regrette que la dimension des planches jointes à cet ouvrage d’un format pourtant considérable ne m’ait pas permis de donner une reproduction satisfaisante de cette œuvre et de plusieurs autres analogues. On en trouvera du moins des photographies à la bibliothèque de l’Institut sous les numéros ci-dessus indiqués et de bonnes gravures dans les ouvrages de M”" Dieulafoy que signalent les notes. Si je reviens une seconde fois sur ce sujet, c’est que je traîne comme un remords le parti où je me suis arrêté de sacrifier ou du moins d’exclure de ce volume quelques retables que j’aimerais à y retrouver mais qui, après avoir subi

une réduction considérable, auraient risqué de n’être pas jugés comme ils le méritent. Les auteurs qui ont éprouvé des scrupules analogues et traversé de pareilles alternatives comprendront mes hésitations et mes regrets.

Après le retable de la Seo, se place, comme date, celui de la chapelle de Santiago dans la cathédrale de Tolède. Dona Maria de Luna, fille de l’infortuné connétable Don Alvaro de Luna et de sa seconde femme Dona Juana de Pimentel, en dota la chapelle funéraire que son père avait édifiée en 1435, alors qu’il était au faîte de la puissance et Grand Maître de l’ordre militaire de Santiago. 11 est l’œuvre de Sancho de Zamora, de Juan de Segoviaet de Pedro Gumiel qui le commencèrent dans les dernières années du xv' siècle'', à peu près à la même date, où furent exécutés les tombeaux du connétable et de sa femme que leur fille commanda en 1489 à Pablo Ortiz et que sa piété érigea dans la même chapelle que le retable L

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