LA RENAISSANCE
Relations de l’ Aragon et de la Castille avec ITtalie. — Les débuts de la Renaissance en Espagne. — Tondmn de SigüenTfl. — Dainian Forment. — Retables de Notre-Dame del Pilar et de San Pablo à Saragosse, de la cathédrale et de la paroisse annexe de Hnesca. — Chapelle dorée de la cathédrale de Salamanque. — Statues polychromes de la cathédrale d'Aibi et du musée de Toulouse. — Philippe de Bourgogne. — Retable de la cathédrale de Tolède. — Bas-reliefs du traiissagrario de la cathédrale de Bnrgos. — Retable de la chapelle des Rois à la cathédrale de Séville. — Retable de l’autel de la Purification de la cathédrale de Bnrgos. — Tombeau des Coudestables à la cathédrale de Bnrgos. — Saint Lesmes. — Tombeau polychromé du saint et retable dans la meme église. — Polychromie naturelle. — Dalles tombales en ardoise et albâtre.
Bien que générale et très accusée, l'influence des Flandres, de la Bourgogne, et de l'Allemagne ne fut pas de longue durée. Elle succomba bientôt devant celle de l'Italie.
Pour bien comprendre les évolutions successives de ses arts plastiques, il fluit se souvenir de la situation politique de l’Espagne au commencement du xvi' siècle.
La réunion de la Castille et de l'Aragon sous les sceptres des Rois Catholiques, la découverte du Nouveau Monde et la libération définitive du territoire consacrée par la prise de Grenade avaient inauguré pour les deux monarchies une ère inespérée de prospérité et de puissance.
L'Aragon illustre avec Barcelone, enrichi par les relations commerciales que les Catalans entretenaient dans la Méditerranée apportait dans l'association, la ténacité et la vigueur. La Castille pauvre, mais arrivée, elle aussi, à l'opulence depuis que les conquistadores faisaient affluer à Séville l’or des pays conquis, valait par l’audace et l’héroïsme de ses enfants. L’Andalousie soumise et
désarmée initiait les rudes guerriers de Ferdinand et d'Isabelle à la pompe, au luxe et aux raffinements de la civilisation moresque. Puis, à mesure qu’elle grandissait, la prospérité stimulait le goût de Faction et du commerce, répandait l'amour des arts et de l'étude, comme elle üivorisait cette passion de fonder, de bâtir, d’orner et d’embellir qui fut toujours au cœur de l’Espagnol. Non seulement les rois, mais les villes se piquaient de protéger les arts.
Sous ces diverses influences, les Catalans et les Valenciens qui entretenaient depuis longtemps avec l’Italie des relations que la cession du royaume de Naples à l'Espagne rendit plus actives et plus étroites, s’éprirent de sa civilisation, s’initièrent à ses progrès et voulurent profiter de son enseignement. A peine le xvi' siècle s’ouvre-t-il que des grands centres de l’Aragon et de la Castille partent des pèlerinages artistiques, dont les membres se dirigent vers les ateliers de Rome, de Gênes ou de Florence. A leur retour, ils auraient suffi à propager la doctrine que l'on y professait ; les détenteurs du pouvoir ou de la richesse n’en jugèrent pas ainsi. Après avoir apprécié les élèves, ils recherchèrent les maîtres et les appelèrent pour orner les temples et les palais. D'autres artistes vinrent d'eux-mêmes, attirés par l’or des Indes espagnoles et, sans secousses, ni ruptures brusques, l'Espagne s’éloigna des Flandres pour se rapprocher de l’Italie.
Dès 1426, Dello, un peintre en miniatures originaire de Florence avait été adopté par la cour de Don Juan II, roi d’Aragon'. Mais quelques années plus tard, en t440, il fut remplacé par un Flamand, maître Rogel fp. 79, n. 3), et l’on a vu que durant un demi-siècle encore, l’école italienne jeta en Espagne de faibles éclats. Chez Cil de Syloe, lui-même, ses reflets, bien que très apparents, sont atténués par l'atmosphère ambiante.
L'influence décisive de la Renaissance se manifeste peut-être pour la première fois dans le tombeau du marquis Vasquez de Arce que renferme une annexe de la cathédrale de Sigüenza, annexe construite par la famille de Arce pour lui servir de sépulture (PI. XXIV, XXV, et phot. 102).
Le jeune héros a trouvé la mort dans un des nombreux engagements qui précédèrent la prise de Grenade. 11 est représenté à demi étendu, un livre à la main, accoudé sur un faisceau de lauriers. L’attitude est souple et originale ; l’expression de la figure, charmante, les détails de l'armure à plates et de la cotte de mailles sont rendus avec une perfection rare ; les pages qui soutiennent
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