‹ La statuaire polychrome en Espagne; illustré de quatre-vingts planches tirées hors texte et de trois planches en couleursChapitre 48 sur 171 · RETABLE DE SAN BENITO · texte numérisé non relu

RETABLE DE SAN BENITO

il porte lui aussi l'empreinte d’une vieillesse assagie, bien que vigoureuse et exempte de défaillance.

Je nommerai encore la porte de la Presenlaciôn qui, du cloître, donne accès dans la cathédrale de Tolede (phot. 127, 128) parce qu’elle est si ordinairement attribuée à Berruguete que je semblerais la négliger. En réalité, elle est l’œuvre de Pedro Martinez de Castaneda, de Juan Bautista Masquez, de Toribio Rodriguez, de Juan Manzano et d’Andres Hernandez qui la commencèrent en 1565 et la terminèrent bien après la mort du maître.

Les sculptures sur bois et, au premier rang, les stalles de la cathédrale de Tolède entreprises en 1 5 j 5 fournissent déjà une idée plus exacte du talent de Berruguete que les tombeaux précités. Mais la part des collaborateurs et des élèves y est encore trop considérable. Les œuvres où sa personnalité se manifeste le mieux avec ses qualités immenses et ses quelques défauts sont les statues et les groupes enboispolychromé. On en rencontre quelques-uns au musée de Valladolid, épaves sauvées du naufrage où sombrèrent vers le milieu du siècle dernier la majorité des retables dont il était l’auteur, De ce nombre, le plus célèbre paraît avoir été celui de San Benito el Real dont le musée possède quelques beaux fragments (p/wt. 129) et dont on trouve une description détaillée dans le Viaje artistico de Bosarte.

« C’est un plaisir, écrit fauteur, de voir renaître les arts antiques sous les voûtes de style gothique. . . et de savoir qu’au nombre des conditions imposées à Berruguete se trouvent pour lui l’obligation expresse de peindre les tableaux, de dégrossir les statues et de terminer les têtes et les mains. . . Le retable de San Benito comporte deux grandes divisions. Le premier corps se compose de douze colonnes balustrées entre lesquelles il y a six bas-reliefs et deux tableaux historiés, consacrés l’un à la naissance du Seigneur et l’autre à la fuite en Égypte. Le second corps comporte douze autres colonnes balustrées. 11 s’y trouve quatre médaillons circulaires avec des figures en ronde-bosse de grandeur naturelle. 11 contient aussi six tabliers ornés d’enfants en relief et deux tableaux sur fond d or, outre deux médaillons historiés où la figure principale est en plein relief et six statues placées dans des niches. Sur l’entablement de ce second corps, il y a une très grande coquille dorée présentant le côté concave et comme couronnement, un calvaire avec le Christ en croix, la 'Vierge et saint Jean... Tout le retable est doré ou peint. Les figures principales placées au centre sont

( io3 )

pour le premier corps San Benito donnant la bénédiction et pour le second, la Vierge montant au ciel entourée de huit anges. Adossées au socle, on remarque quatorze petites statues placées dans des niches hautes environ d'une vara (un peu moins d'un mètre). . . Le retable est concave et demi-circulaire au centre, mais les deux ailes sont planes «

Sur cet ensemble d'œuvres, le musée de Valladolid possède la grande statue de San Benito, plusieurs bas-reliefs et quelques statues de petite dimension, au nombre desquels se trouvent un saint Sébastien, le sacrifice d'Abraham et l'adoration des Rois Mages, puis deux des tableaux du premier corps — la naissance du Christ et sa fuite en Égypte — et deux tableaux sur fond d’or du second registre représentant saint Mathieu et saint Marc évangélistes.

Aux termes du traité qu'il avait passé en 1526, Berruguete, suivant une clause commune à beaucoup de contrats, s’était engagé, on vient de le voir, à tailler et à finir lui-même les têtes et les mains des personnages. Durant l'année 1552, quand le travail fut achevé, l’on nomma des experts pour en déterminer la valeur. Andres de Najera représentait les intérêts du monastère et Julio Aquiles, ceux de l'auteur. Après de longs pourparlers, Philippe de Bourgogne choisi pour départager les deux arbitres fixa le prix du retable à quatre mille quatre cents ducats*.

Ces textes sont précieux, à deux points de vue : d’abord parce qu’ils sont un sûr garant de l'authenticité de ces divers morceaux et parce qu’ils apprennent aussi dans quelle mesure ils furent exécutés par le maître. Ils montrent ensuite que les contestations entre les artistes et leurs clients se terminaient par une expertise et une tierce expertise. Les cas en sont si nombreux que l’on se demande si l’expertise n’était pas de règle même quand le traité portait un forfait. Elle servait, sans doute, à régler les différends relatifs à des modifications introduites en cours d’exécution.

Les sculptures du retable de San Benito ont beaucoup de caractère et la personnalité artistique comme le style de Berruguete s’y manifestent de la manière la plus nette. Au point de vue de l’exécution, elles sont de valeur variable ; il ne peut en être autrement dans ces grands retables où plusieurs mains intervenaient. Les contrats ne rendraient-ils pas ce fait manifeste, qu’il serait aisé de comprendre -la nécessité de ces artistes auxiliaires qui aidaient le maître dans ses travaux.

Le saint Sébastien, la plus achevée d’entre les statues provenant du retable

ISO»

Ml ' ■ '■ ■ N : ''l'.'GKi:.

.1. ■ ^ I , . Jfjina;-.’. i.i 1 • diction et pour le'sccond, la

t>, . • ■ 'mil tr . ■ adossées au socle, on remarque

. . - iaiis Je. n -, lu-s hautes environ d'une vara

. e T ; lal'ic .>1 i.>ncave et demi-circulaire au centre,

> ti’::,. .■ Je \ .illadolid possède la grande statue

iias-re!ic‘'. t quelques statues de petite dimension, au . i I .se trouvent u:. -..iini Sébastien, le sacrifice d’Abrahani et l'ado- I. ■ ! ■■ l'.i-'es, puis J uv df. tcblcaii.x du premier corps — la naissance

, uiiifi n 'gvpi.' -et Jeu\ tableaux sur fond d’or du second registre -lie eiint Marc évangélistes.

• qii ,i r. iit pa.s.sé en 1526, Berruguete, suivant une clause

,i.e .1 ot.iiic-.up Je i.in ran, . était engage, on vient de le voir, à tailler ei .'u,-iiicmc /f.v Ictcs cl i.:< .71.:.',. Jrs personnages. Durant l'année 1532,

■ , i.ravaii fut achevé. Ion oo nnn Je. .\,erf pour en déterminer la valeur. ;:e Na)err. représentait ir-i iiuéréis Ju üi.niastérc et Julio Aquiles, ceux de . .'.près de longs pourr>.iriers, Philippe de Bourgogne choisi pour dépar- . Jeux arbitres ti.ta le pnx du letablc .'i quatre miiie .;-iairc cents ducats

•qu il.s sont un sûr

ue : d'abord j-

t Me." sont p: ccn.ux, à di;;;\ p oin’sJt.

. l uii ' .cniiciic Je ce .dit .ts ’.-v.- ■ct .iu.v cl parce qu iis appreiiuent aussi dans esur. iis furent exécutés par It .ai’ te ils montrent ensuite que les contes- .i.r. cü-n: . te terminaient par une expertise cl une tierce si n- .mbreux que l’on se demande si l’expertise n’était.

des modifications introduites en cours d’exécution.

autrement dans ces grahds retables où plusieurs trats ne rendraient-ils pas ce fait manifeste, qu’il

plus achevée d’entre les statues provenant du retable : 104

:,ii eu!', entre ies'^

cx,7 ruse. Î-CS c,i

é-n «.in-

pa Ue régir [iièi

M'.Wf.

rei' er ics dittérc

li:4;

Les sculpte'

‘ x' ... rci;

r.crsonnalii'.

•tMjliC C'

riai’iru 't

tulle. !

LÜ

,ie t

j'cut eu

:n.) e.S il.

cni Les

SI r.ti' ...

tprendr

n’.,rit[e c

‘ - aux .

Page 1