PASOS DU MUSÉE DE VALLADOLID
scapulaire à saint Simon Stoket, provenant aussi delà même église duCarmeU, le Christ delà Luz autrefois dans l’église conventuelle de San Benito et quelquesunes des statues composant les groupes ou pasos que les membres des confréries portent dans les processions durant la semaine sainte.
11 y a dans ces figures étranges, vigoureuses, largement taillées et solidement campées, la plus belle collection de rtifians, de valets de bourreau et de bandits qui se puisse rêver. Tout un monde ressuscite sous les apparences des persécuteurs du Christ, le monde picaresque avec des figures enluminées, des vêtements déguenillés, des faces patibulaires. Les saintes femmes et les archanges mis à côté de ces brigands (p/iol. i8i, 182) devaient trembler dans un pareil voisinage. Palomino en parlant des pasos de Valladolid dit qu’ils sont les plus remarquables de ceux qui se voient en Espagne. Je n’y contredis pas. Seulement, quand il ajoute qu’ils sont de Juan de Juni et de Gregorio Hernandez, il met au nom de ces deux grands artistes les œuvres de leurs élèves, mais qui n’en témoignent pas moins en faveur des maîtres sous les yeux de qui elles étaient exécutées. J’ajouterai que plusieurs d’entre elles durent être réparées à la suite de chutes consécutives à leur trop grand poids, qu’il en est même qui ont été remplacées. Les réparations et les œuvres nouvelles ont été traitées par leurs auteurs dans le style des originaux et il serait quelquefois difficile de iaire le départ entre les uns et les autres.
Je rangerai dans les travaux sortis de l'atelier de Hernandez une autre sainte Thérèse — celle-ci agenouillée — que possède le couvent d’Avila où vécut longtemps la réformatrice du Carmel (phot. i8j, 184) et les retables si nombreux dontil dota les établissements religieux de 'Valladolid, de Sahagun, de San Cabrian de Campos, deRioseco, de Médina delCampo, de Nava del Rey, de Tudela, de Duero, de Salamanque, de Zamora, de Trujillo, de Plasencia, de Madrid, de Vitoria, de Vergara, de Santiago, de Pontavedra. Plusieurs vies d’hommes n’eussent pas suffi à ce prodigieux travail.
Valladolid ne possède pas, heureusement, que des œuvres de seconde main. 11 n’est même pas de ville où l’on puisse mieux étudier le maître qui a glorifié les écoles espagnoles du Nord et renouvelé l’art religieux, malgré la contrainte des conventions étroites et des formules rigides où il est enfermé.
La Pieta exposée au musée provincial dans l’amoncellement des statues et des
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tableaux recueillis après le sac des couvents est déjà une œuvre hors pair (Pl.XLVj. Le visage et les mains de la Vierge sont pâles d'une pâleur de souffrance; la douleur en a retiré le sang, La robe d'un brun rouge un peu lourd est en partie recouverte par un manteau dans le bleu duquel il entre une pointe de blanc et une forte proportion d'indigo, La guimpe de la Vierge, le linceul où était enveloppé le Christ, la ceinture qui s'attachait à la croix sont blancs, mais le peintre a si bien varié les valeurs, que la batiste de la guimpe, la toile du linceul et la laine de la ceinture se distinguent et se prêtent un appui mutuel au lieu de se nuire. Quant au Christ, dont les cheveux sont peints dans une gamme très brune, il a la pâleur cadavérique, bien différente de celle de la Vierge avec des gris très fins, des meurtrissures livides et des filets de sang autour des plaies. La souplesse et la liberté du modelé n'ont d'égales que la variété et l'harmonie discrète de la peinture.
A Valladolid, on connaît encore de Gregorio Hernandez, une seconde Pieta en ronde-bosse. Celle-ci se détache sur un paysage où apparaissent dans le lointain les escarpements rocheux que domine Jérusalem {phot. 185). La note générale de la polychromie est très claire, sans doute pour tenir compte du lond. Les nus comme les draperies dénotent la main sûre et hardie du maître.
J 'aime beaucoup aussi le grand bas-relief du musée, provenant du Carmen Calypido et représentant le baptême du Christ (PL XLVI et phot. 186, 187). Le saint Jean semble sorti d'un tableau de Mantegna. 11 y a dans le visage comme dans le buste et les bras une énergie et une élégance un peu sauvages en merveilleuse harmonie avec le type rêvé du Précurseur.
La polychromie destinée à mettre en valeur les chairs du Christ et de saint Jean, celles-ci brunies par le soleil, celles-là préservées de ses ardeurs, est maintenue à dessein dans une gamme très sobre. Elle a d'ailleurs beaucoup souffert. Il y a lieu de le déplorer, mais les dommages qu'elle a subis montrent que le bas-relief avait été doré en plein avant d'être peint. C’est là une pratique qui semble avoir été générale, j'en ai donné les raisons. Outre que la dorure préalabLe permettait de tailler la peinture de fines hachures où le métal apparaissait et de le couvrir parfois d’un simple glacis coloré, elle communiquait aux chairs et aux vêtements clairs des tons chauds et harmonieux.
On attribue à Gregorio Hernandez un buste reliquaire de sainte Élisabeth
Planche LVl, — Vierge üei. Reposci.
Cathédrale de Séville. — Bois peint et doré. (Page 148
l.A STATUA1R1-; POI.YCIIROMH l-N ESPACiX’IA
tableaux recueillis apres le suc des couvcnis est déjà une œuvre hors pair (Pl.XLVj. Le visage et les mains de la Vierge sont pâles d'une pâleur de souffrance ; la douleur en a retiré le sang. La r.iU.- d'uu brun rouge un peu lourd est en partie recouverte par un manteau dans le bleu duquel il entre une pointe de blanc et une forte proportion d Indigo. La guimpe de la Vierge, le linceul où était enveloppé le Christ, la ceinture qui s'attachait à la croix sont blancs, mais le peintre a si bien varié les \aleurs, que la batiste de la guimpe, la toile du linceul et la laine de la ceinture .se distinguent et se prêtent un appui mutuel au lieu de se nuire. Quant au Christ, dont les cheveux sont peints dans une gamme très brune, il a la pâleur cadavérique, bien différente de celle de la Vierge avec des gris très fins, des meurtrissures livides et des filets de sang autour des plaies. La souplesse et la liberté du modelé n'ont d'égales que la variété et l'harmonie discrète de la peinture.
A VallaJolid. on connaît encore de Gregorio Hernandez, une seconde Pieta en ronde-bosse. Celle-ci .se détache sur un paysage ou apparai,ssent dans le lointain les c.'Carpements rocheux que domine Jérusalem pliol. i8y . La note générale de la poivchromie est très claln suis doute pour .^c-, compte du fond. Les nus comme les draperies dénotent la main sûre et h;u ,o,, .ia maître.
J'aime beaucoup aussi le grand ba.s-rclief du mus..c, pro.enani du Carmen C.iirado et représentant le baptême du Chrisi PI. XLVI et plit:!. 186, 187'. Le saint Jean semble sorti d'un tableau de Mantegna. 11 y a dans le visage comme dans le buste et les l.-ras une énergie et une élégance un peu sauvages en merveilleuse harmonie avec le type rêvé du Precurseor.
La pohehromie destinée à mettre en vaLm les chairs du Chri.st et de saint Jean, celles-ci brunies par le .soleil, celles-l.'i préservées de ses ardeurs, est maintenue à de.sscin dans une gamme très sobre. Elle a d'.uiieurs beaucoup souffert. 11 V a lieu de le déplorer, mais les dommages qu elle a subis montrent que le bas-relief avait été doré en plein avant d'être peint. C’est là une pratique qui semble avoir été générale, j’en ai donné les raison.-. < >utre que la dorure préalable permettait de tailler ia peinture de fines hachures où le métal apparais- ■ciii et de le couvrir paifois d un simple glacis c()loré, elle communiquait aux chairs et aux vêtements clairs des tons chauds et harmonieux.
tJn attribue à Cr^gorio Hernandez un buste reliquaire de sainte Elisabeth
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