CHRIST DES CALICES
la chapelle sous la condition formelle qu'il ne serait jamais déplacé ‘L Le donateur n’avait pas prévu les tempêtes révolutionnaires où devaient sombrer tant d’œuvres d’art. Le Christ de Montanes fut heureusement sauvé du naufrage et on l’admire aujourd’hui à Séville dans la sacristie des Calices de l’église métropolitaine. Exécuté par le maître dans la belle période de sa vie artistique, il est à mon sens la plus belle image du divin supplicié qui ait jamais été produite (pl. LX’Vlj. Le crucifix de marbre blanc dont l'Escurial s’enorgueillit à juste titre et que Benvenuto Cellini tailla de sa main dans un bloc de Carrare lui est inférieur; le seul, qui sans l’égaler, mérite de lui être comparé se trouve dans une petite église du faubourg de Triana (Pl. LXXIX). 11 en sera bientôt parlé.
Un passage cité plus haut de « L’Art de la peinture » nous apprend que le Christ des Calices fut confié à Pacheco qui le polychroma dans la manière mate qu’il préconisait alors. C’est une étude de nu très poussée, très harmonieuse et qui fait honneur au grand peintre dont elle est l’œuvre.
Le retable du maître-autel de Santa Clara, ceux de quatre autels de la nef et l’ensemble des statues et des sculptures qui les ornent furent exécutés suivant quelques critiques durant la première partie de la vie de Montanes A mon avis, la notoriété de l’artiste n’était pas assez grande avant l’époque où la cathédrale et la maison professe des Jésuites lui demandèrent l’enfant Jésus et les statues de saint Ignace et de saint François Xavier pour qu’on lui ait confié un travail de cette importance. Puis, je relève entre les retables de Santa Clara et de San Isidro del Campo des analogies telles dans le plan, la disposition des bas-reliefs et des statues, l’architecture et les ornements, que je les place à des dates bien voisines. Cette manière de voir est d’ailleurs confirmée par le procès que l’auteur soutint contre Pacheco, précisément à propos du retable de Santa Clara, et qui se termina en 1622 ‘L 11 est donc probable que la peinture litigieuse fut entreprise autour de 1 6 1 9 et que les sculptures remontent à quelques années à peine auparavant. Une date rapprochée de 1615 conviendrait parce que à partir de 1617 la vie de Montanes est si remplie qu’il ne saurait être question d’y placer les travaux de Santa Clara.
Les retables du maître-autel et des autels de la nef sont remarquables aux
mêmes titres. Le premier a malheureusement été remanié depuis la mort de son auteur et surchargé d'ornements de mauvais goût. En l’état actuel, il comporte l’image de la sainte sous le vocable de qui l’église est placée (phot. 241), le Christ, Dieu le Père, une Conception, quatre bas-reliefs et des statuettes.
La Conception dominait autrefois un des quatre autels répartis dans la nef tandis que saint François, saint Jean-Baptiste et saint Jean l’Évangéliste occupaient les trois autres. 11 m’a paru que la Conception et le saint Jean-Baptiste étaient très beaux, mais la 'Vierge est placée si haut et le Précurseur est couvert de couches de vernis si multiples et si épaisses que je réserve mon appréciation. On peut admirer saint François en toute confiance (phot. 242). Encore faut-il le dépouiller des gloires, des auréoles, des oriflammes, des fleurs, des ex-voto, des scapulaires et des rosaires qui le surchargent et le déparent.
On ne saurait quitter Santa Clara, sans parler de ces anges qui volent sous les voûtes devant les autels des églises de Séville et aux mains de qui sont suspendues les lampes du saint Sacrement (phot. 243). Ils sont en général d un art médiocre. Ceux de Santa Clara font exception et je ne serais pas surpris qu ils ne sortissent de l’atelier du maître ou qu’ils ne fussent l’œuvre de l’un de ses bons élèves. Ils sont gracieux comme les jeunes femmes qui servirent de modèles, costumés à ravir dans le goût romain du xvii' siècle et enveloppés de draperies légères que la rapidité du vol soulève et fiiit flotter autour de leur corps svelte et délicat. La polychromie en est aussi aérienne que le modelé ; une robe d or semée de fleurs blanches, roses et bleues en partie recouverte par une cape gris de lin bordée d’un filet d’or; sur la tête, un casque d’or surmonté de panaches blancs; aux pieds, des bottes de cuir fauve avec des retroussis d’or. Les ailes où des rangs de plumes d’or alternent avec des plumes gris de lin prennent sous la lumière incidente des diaprures et des chatoiements d’un très heureux effet.
Outre l’admirable crucifix dont il a été parlé, la Chartreuse de Santa Maria de las Cuevas possédait de Montanes un saint Bruno puis une 'Vierge et un saint Jean-Baptiste placés sur deux retables du chœur des la'îques Ces trois statues conservées aujourd hui au musee provincial de Seville sont soities de 1 atelier de Montanes, mais elles ne doivent pas être rangées au nombre de ses œuvres
Planche LXVI. — Crucifix des Calices.
Sacristie de la cathédrale de Séville. — • Bois peint. — Sculpture de Montahes. peinture de Pacheco
Phot. Lacoste. Madrid.
(Page 163)
LA STATUAIRE POLVCül- ■'
auteur ei
memes litres, le
-Il as-; ■
. . . .•> .lient été remanié depuis la mon de son . 'S l" niauvai.s goût. En l'état actuel, il comporte < il le de qui i église est placée (phot. 241). le Christ, II;, quatre bas-reliefs et des statuettes.
. .; ..,î d'i'iiüiaii autrefois un des quatre autels répartis dans la nef vj.f t Frani,oi.s, saint .Ican-Baptisie et saint Jean l'Évangéli.sie occu-
, ,1 V •( tr.vii autres. !' m'a paru que la Conception et le saint Jean-Baptiste
mais la Vii rge est placée si haut et le Précurseur est couvert vernis SI muliiples cl si épaisses que je réserve mon apprécia-
; • ‘Ut *< •
!i..n i O. n admirer sam: François en toute confiance {phot. 242). Encore f-.'i -L ie ùoptiuiüer des gloires, des auréoles, des oriflammes, des fleurs, des e\-\<ito, de.' scapulaire.' ti des rosaires qui le surchargent et le déparent.
On ne .'.lurait quuter .Santa Clara, sans parler de ces anges qui volent sous les voûtes der.mi le , auu ls des églises de Séville et au.v mains de qui sont suspendues les lampes d.i .'.tint Sacrement (phot. 243;. Ils sont en général d un art
iiKdiixTe. Ceux d( S niaClara font exception et je ne ser.ais pas surpris qu’ils ne
.uriis'cui de ! al'.'.; ^.. ^re ou qu 1 >■ > • 'ei de 1 un de .scs bons
elé'Ves. ils gi -icr, ..is ....''Tiue .'es jeui';' ' * 'i-. ; i. rnt de modèles, costu-
nus à r.avir d-aii' L g' 'T ’ euviindu ■.' • ■ ■ de draperies légères
;ue i ; rapidité du voi soiiiève et fait lloi'.- • ■ jis svelte et délicat,
i . Mjî-, c'I'r . iiie en est aussi aérienne .p' -.j • une robe d or semée de
:■ li I roses et bleues en partie • .0 par une cape gris de hn
bm eiee t'i ’iti (det d'or; sur la tête, un casque a -r surmonté de panaches blancs; aux pieds, lies Isoties de cuir fauve asec des retroussis d <>. Lc.s ailes où des rangs de plume.' d or alternent avec des plumes gris de im prennent sous la lumière incidente des diaprures et des chaioiemeni.' d'un tr^' heureux effet.
Outre 1 admirable crucilix d.int il a été parie, la Chartreuse de Santa Maiia
Jean-Baptiste placés sur deux retables du choeur des laïques’’. Ces trois statues
, ■■i.-ei . eus aujourd luii au musée provincial de Seville sont sorties de 1 atelier de .Montanes. mais elles ne doivent nas être rangées au nombre de ses œuvres
.airoiJAD 83(1 xniDUflO — .IVZJ adaoBR
ooariocM ob ‘jiiUnisq yanelooM oL sii/îqluoS — -Jniaq — .ailivà-Ü ab 9icibôd)£0£i ab ©ilehofiî^
.bnbi;M .ioriS
(£01 sjir.T