‹ La statuaire polychrome en Espagne; illustré de quatre-vingts planches tirées hors texte et de trois planches en couleursChapitre 79 sur 171 · STATUE ÉQUESTRE DE PHILIPPE IV · texte numérisé non relu

STATUE ÉQUESTRE DE PHILIPPE IV

direction incontestée sur les peintres comme sur les praticiens qu il choisissait pour collaborateurs. Un contrat passé en 1641 fournit à ce sujet des détails intéressants et nous fait peut-être connaître le nom de l’artiste qui prit dans ses bonnes grâces la succession de Pacheco. Il se nommait Jacinto Soto, exerçait à Séville la profession de damasseur et de doreur. Dans la pièce dont il est fait mention, il s’engage moyennant des acomptes mensuels de cinq cents réaux à polychromer le retable de San Miguel de Xeres dont Montanes avait 1 entreprise A la forme du payement, on comprend que Jacinto Soto acceptait la direction artistique de Montanes.

Montanes avait atteint un âge très avancé quand, le Grand Duc de Toscane ayant manifesté l’intention d’offrir à Philippe IV une statue équestre a la ressemblance de son royal ami, on appela le maître à Madrid pour y modeler le buste du souverain. C’était en 1656, comme il résulte d’une pétition où cette date est indiquée par l’artiste lui-même.

Montanes quitta Séville, s’éloigna de son atelier et, au rapport de ses contemporains, exécuta un véritable chef-d’œuvre. Le moulage envoyé en Italie, est perdu, mais il servit de modèle au sculpteur Pietro Tacca dont l’œuvre décore à Madrid la place de l’Orient.

Durant le séjour de Montanes dans la capitale de l’Espagne, et tandis qu’il modelait la tête gigantesque du roi, Velasquez fit de lui un superbe portrait. Bien que le maître sévillan n’ait pas conservé la beauté qu’on retrouve dans une image bien antérieure fpAot. 257, 2 58), les traits sont énergiques et puissants, le front est large et pensif, les yeux sont profonds et interrogateurs. L’artiste n’avait pas moins de soixante et quinze ans quand il posa devant son ami

Dès 1609, Montanes et Juan Oviedo s’étaient engagés par contrat passé le 22 septembre devant Juan de Contreras à exécuter le retable de San Miguel, à Cadix. Le 26 novembre de la même année, Montanes conservait seul l’entreprise des travaux qu’il devait commencer le i" janvier 1610 et pour lesquels il

était stipulé un forfait de 8200 ducats. Retenu à Séville par les sculptures de Santiponce il renouvelle le contrat en 1613, obtient délais sur délais et ne se trouve en état de tenir sa promesse que trente et un ans après l’avoir faite. Le peintre qui se chargea de la polychromie fut ce Jacinto Soto dont je viens de citer le nom. A part ce spécialiste, il dut appeler ses élèves à son aide et leur rétrocéda une partie de son traité. Josef de Arce et sa femme Maria de Arce sculptèrent dans ces conditions une partie des bas-reliefs, tandis qu’il terminait au cours de 1641 ceux dont il avait gardé la charge”.

Si le saint Bruno de la cathédrale de Cadix est de Montanes, comme tout le laisse supposer, c’est vers l’époque où le grand artiste entra en relations avec le chapitre, qu’il faut, sans doute, placer cette image restée peu connue. Elle est pourtant très belle et, au surplus, se présente assise, attitude fort rare dans les œuvres du maître (PL LXX).

Le retable de Cadix est le dernier travail de Montanes sur lequel j’ai pu trouver des renseignements. Son auteur n’abandonna ni l’ébauchoir, ni la gouge, mais des élèves jeunes et actifs lui avaient succédé dans la faveur des chapitres et des prieurés. Le grand maître sévillan s’éteignit en 1649 ” chargé d’ans et de gloire, laissant comme héritiers artistiques des disciples qui, sans l’égaler, entretinrent autour de l’école une renommée éclatante et durable.

11 est impossible de parler de Montanes sans faire connaître le peintre qui fut son collaborateur dévoué jusqu’au jour bien ficheux pour l'art où ils rompirent une association heureuse et féconde.

L'honneur d’avoir été le maître et le beau-père de Don Diego Velasquez de Silva eût assuré une notoriété éternelle à Francisco Pacheco, s’il ne l'eût conquise par son triple talent de peintre, de critique et de poète Pacheco naquit à Séville vers 1 57D — ^ était par conséquent plus jeune que Montanes — y apprit la peinture et s’éprit dès son adolescence des œuvres de Raphaël qu’il étudia, écrit-il, avec passion. 11 n’entre pas dans mon sujet de parler des tableaux, des dessins, des portraits et des miniatures qui assirent sa réputation ni de l’école célèbre qu il dirigeait à Séville **. 11 suffira de savoir qu’en 1600, âgé de dix-neuf ans à peine, il l’emporta sur Alonso Vasquez, devant qui chacun s’inclinait à cette époque, et fut choisi pour peindre six grandes toiles destinées au couvent de la Merced Cal^ada et représentant des épisodes empruntés à la vie de San Ramon.

Cathédrale de Cadix — Bois peint. — Sculpture attribuée à Montanes. Phot. Lacoste. Madrid.

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LA STATL AiK! Pf i; yi nR.-,\n, EN ESPAGNE.

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Si le .'aini itruno de la cathédrale de Cadix est de Montanes, comme tout le lais-'C supposer, c'esi vers l'époque où le grand artiste entra en relations avec le chapitre, qu i! faut, sans doute, placer cette image restée peu connue. Elle est pourtant très belle et, au surplus, se présente assise, attitude fort rare dans les œuvres du maître (PI. LXX).

Le retable de Cadix est le dernier travail de Montanes sur lequel j'ai pu trouver dos renseignements. Son auteur n'abandonna ni l’ébauchoir, ni la gouge, mais des éleve.s jeunes et .actifs lui avaient succédé dans la faveur des chapitres et des prieures. Le grand maître sévillan s’éteignit en 1O49 ” chargé d’ans et de gloire, laissant comme héritiers artistiques des disciplea. qui. sans l'égaler, entretinrent autour de l’école une renommée éclatante 1 1 Ju'abte.

Il est impossible de parler de Montanes .san^ lac - c''nnaiire le peintre qui fut son collaborateur dévoué jusqu’au jour bien lacheux pour fart où ils rompirent une association heureuse et féconde.

L'honncür d'avoir été le maître et le beau-père de Don Diego Velasquez de Silva eût assuré une notoriété éternelle à Francisco Pacheco, s'il ne l’eût conquise par son triple talent de peintre, de critique et de poète Pacheco naquit à Séville vers i57^> — conséquent plus jeune que Montafies — y apprit la peinture et s’éprit dès son adolescence des œuvres de Raphaël qu’il étudia, écrit-il, avec passion. 11 n'entre pas dans mon sujet de parler des tableaux, des dessins, des portraits et des miniatures qui assirent sa réputation ni de l’école célèbre qu’il dirigeait à Séville Il suffira de savoir qu’en 1600, âgé de dix-neuf ans à -peine, il l’emporta sur Alonso Vasquez, devant qui chacun s’inclinait à cette

grandes toiles destinées au couvent de la

Merced Cahada et représentant des é pisodes empruntés à la vie de San Ramon. ineinoM c aàudnlJc aujIqtuaZ — .inisqaioa — xibet) ab akibàitlcD biibfiM .alaoaftj .JodT i (■74

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