‹ La statuaire polychrome en Espagne; illustré de quatre-vingts planches tirées hors texte et de trois planches en couleursChapitre 81 sur 171 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

L'ÉCOLE DE MONTANES

Aljonso Martinex^. — Aloiisode Mena. — Jiia)i Gomex,- — SoUs. — Luis Oiiii. — Ahnso Caiio.

— Josef de Mora. — Pedro de Mena. — Roldan. — La Roldana. — Pedro Dtiqiie Cornejo.

— Francisco Ruix et Juan Antonio Gi.xon. — Felipe de! Coral — SalxjUo. — Melida.

— Inuigcnes de candekro.

ON doit placer à côté de Montanes cinq sculpteurs de talent dont le seul tort fut de naître trop tard ou trop tôt et surtout de venir au monde dans la province que remplissait la gloire du maître. L’un, Allonso Martinez, était de Séville, l'autre, Alonso de Mena, vivait à Grenade, le troisième, Luis Ortiz, était originaire de Malaga et les derniers, les abbés Juan Gomez et Solis, sont traités comme Alfonso Martinez d’habitants de Séville bien que Solis fût originaire deJaen.

Martinez fit avec Francisco de Ribas, architecte et maître charpentier, le retable de la chapelle San Pablo ou de la Concepcion Grande située derrière le chœur de la cathédrale de Séville, à droite de la chapelle royale' (PL LXXl).

Alonso de Mena', qui fut sans doute le père de Pedro de Mena, dont il sera longuement parlé, dota de ses œuvres les églises des Alpujaras et fit à Séville pour la chapelle des Rois deux grands buffets dont les vantaux sont ornés de huit médaillons princiers : Philippe le Beau et Jeanne la Folle, Charles Quint et Isabelle de Portugal, Philippe 11 et Maria de Portugal, Don Juan Francisco et sa femme (phot. 259 à 262).

L’abbé Juan Gomez, un des premiers élèves de Montanes, s’appropria si bien la manière de son maître que l’on a fait parfois des confusions. Ainsi, le Jésus de

Nazareth du couvent de Saint-Augustin de Puerto Santa Maria, aujourd’hui au prieuré, a été mis par Cean Bermudez au nombre des œuvres originales de Montanes alors que les archives montrent le contraire. Parmi les œuvres très nombreuses de Juan Gomez, je citerai de préférence un crucifix de grandeur naturelle exécuté en i6i6 pour la ville de La Campana. 11 est une copie fidèle de ceux de Montanes et comme eux, extrêmement beau. Il est fâcheux seulement qu’il ait subi des restaurations maladroites. « Payé cent dix ducats et transporté à dos d'homme, la nuit et le jour, depuis l’atelier de l’artiste jusqu’à l’ermitage de San Sébastian, il fut transféré quelques jours plus tard en procession solennelle et placé dans l’église principale de la ville’ ».

Juan Solis était prêtre lui aussi et, comme Juan Gomez, compta également au nombre des premiers élèves qui travaillèrent à côté de Montanes. On se souvient que de 1617 à 1620, il aida son maître dans l’exécution de plusieurs statues destinées à la Chartreuse de Santa Maria de las CuevasL Je lui ai attribué le saint Bruno, la "Vierge et le saint Jean-Baptiste qui étaient placés sur deux retables du chœur des laïques et dont le musée de Séville a hérité depuis la désaffectation du couvent. S’il n’en est pas l’auteur, il y travailla du moins et les modela d'après des maquettes de Montanes, tandis que la Justice (PI. LXXII) et les quatre Vertus provenant de la même chartreuse et exposées aussi dans le musée de Séville sont ses œuvres personnelles.

Malaga doit enfin à Luis Ortiz les stalles de la cathédrale qu’il exécuta en i6jo en collaboration avec Josef Micael et que termina trente-deux ans plus tard Pedro de Mena et le retable de la chapelle royale de Nuestra Seiiora de lus Reyes qu’il finit en 1647 L Ortiz laissa de nombreux élèves. Le plus connu, Bernardo Simon de Pineda projeta et construisit à titre d’architecte et de maître charpentier le fameux retable de l’hôpital de la Caritad‘‘ (PL LXXVIl). Son nom reviendra souvent associé à celui de Roldan.

Mais j’ai hâte d’arriver au véritable successeur de Montanes et de qui l’école de Séville reçut un lustre nouveau.

Alonso Cano naquit à Grenade le 17 mars 1601 . 11 était fils d'un architecte de retables, Miguel Cano, originaire d’Almodovar, et de Dona Maria de Almansa. De bonne heure, il vint à Séville, où il étudia la peinture dans l’atelier de Pacheco et la sculpture dans celui de Montanes. Il travailla beaucoup aussi d’après les

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Planche LXXl. — Conception.

Cathédrale de Séville. — Bois peint et doré. — Sculpture d'Alonzo Martinez. Phot. Lacoste. Madrid.

(Pa.çe 177)

LA STATi' ^il'h i’f .i.y(.HKOME EN ESPAGNE

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Juan > >ii était prêtre lui aussi et, comme Juan Gomez, compta également au nontbr-j de.' premiers élèves qui travaillèrent à côté de Montanes. On se souvient qu'.- ji ;■ i 7 à 1620, il aida son maître dans l'exécution de plusieurs statues d-e'ttinées à la Chartreuse de Santa Maria de las CuevasE Je lui ai attribué le saint liruno, la Vierge et le saint Jean-Baptiste qui étaient placés sur deux ! lu chœur di s iaïi'ueb et d-mt le mu.sée de Séville ahéritédepuisladésaf-

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de maître charpentier le fameuv rejaî je de I hôpital de la Carilad'’ {y\. LXXVII).

. Son nom reviendra souvent .T s.w.’ié à celui de Holdan.

Mais j’ai hâte d’arriver au ■é-ruable succe.sseur de Montanes et de qui l’école de Séville reçut un lustre nouveau.

Alonso Cauo naquit à < le 17 mar= 1601 . 11 était fils d'un architecte de

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