‹ La statuaire polychrome en Espagne; illustré de quatre-vingts planches tirées hors texte et de trois planches en couleursChapitre 85 sur 171 · PEDRO ROLDAN · texte numérisé non relu

PEDRO ROLDAN

culte de la Renaissance italienne. Comme, en dépit du talent des artistes, il paraissait froid et solennel en son décor classique, quelques tentatives furent faites dans le Nord pour le simplifier. Gregorio Hernandez, Juan de Juni et plusieurs autres artistes de l’école de Valladplid composèrent de véritables tableaux en ronde-bosse et en bas-relief. J’ai cité et décrit les principaux d’entre eux. L’usage prévalut cependant contre ces hardiesses et l’exemple ne fut pas suivi. Montanes et Alonso Cano eux-mêmes, restèrent fidèles à la tradition. 11 était donné à Pedro Roldan de la briser et de reprendre en la développant la pensée de Gregorio Hernandez et de Juan de Juni. 11 est fâcheux que la surcharge des ornements de mode à cette époque fasse papilloter l’architecture et encore oublie-t-on de les regarder pour ne considérer que l’œuvre de Roldan colossale à tous égards.

La première en date de ces grandes compositions fut exécutée pour la confrérie des Basques [Vi\cainos) du couvent de Saint-François [phot. 275). Depuis, elle a été affectée au maître-autel de la paroisse annexée à la cathédrale de Séville. C’est un bas-relief aux figures plus grandes que nature représentant une descente de croix. La Vierge tient entre ses bras le corps de son fils, auprès d’elles se groupent la Madeleine, saint Jean, les saintes Femmes et quelques disciples. Le fond du tableau est occupé par les deux larrons qui se détachent sur le temple dont on aperçoit au loin les coupoles et les murailles. L’artiste a retracé sur le socle l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem et autour et au-dessus du tableau central, il a réparti des figures d’anges tenant à la main les instruments de la Passion.

Francisco de Ribas, l’un des deux fils du premier collaborateur d’Alonso Cano, était comme son père un sculpteur éminent; mais en outre, il passait pour le premier architecte charpentier de son temps. C’est lui en réalité qui avait entrepris le retable au commencement de 1669 et avait traité avec les représentants de la confrérie pour le prix de 88000 réaux de vêlions en acceptant la triple condition que les figures seraient toutes de la main de Roldan, qu’elles seraient taillées dans des blocs de cèdre ou de cytise et que le sculpteur recevrait une juste rémunération de son travail. On ignore dans quelle mesure cette dernière clause fut exécutée, mais on sait qu’à diverses reprises Francisco de Ribas se fit attribuer 22000 réaux de gratification qu’il garda pour lui. 11 n’y a pas lieu d en être surpris ; Roldan ne discutait jamais le prix des travaux que lui confiaient

les architectes ou les peintres. Aussi bien, abusait-on de son désintéressement.

Le maître reçut et exécuta en effet dans des conditions analogues la commande du retable placé dans la chapelle de la Charité (PL LXXVII) . Cette œuvre, où il a donné la pleine mesure de son talent, représente la mise au tombeau. Les figures placées autour du Christ sont traitées en ronde-bosse, celles des derniers plans se détachent à peine du fond, mais elles ont toutes été harmonisées avec un art parfait et concourent sans heurt à l’unité de la composition. 11 est juste d’ajouter que le bas-relief fut peint par Juan Valdes Leal et que Murillo aida le polychromiste de ses conseils, sinon de son pinceau.

L’entrepreneur général et architecte du retable, Bernardo Simon de Pineda, reçut 12500 ducats pour l’ensemble de l’œuvre. Sur cette somme, 1 1000 furent attribués à Juan Valdes. Que revint-il à Pedro Roldan? Bien peu, assurent ses contemporains; du moins la jalousie ou l’avarice de l’architecte ne purent diminuer sa part de gloire

Ce dédain bien rare des justes avantages que procure le talent est un trait caractéristique du caractère de Roldan. Le maître vivait en philosophe, dans une maison de campagne éloignée de Séville où il jouissait des beautés de la nature et fuyait les visites et les obligations mondaines qui dérobent un temps précieux aux artistes. 11 avait en tout des goûts simples et quand il allait à la ville, c’était sur un petit âne et en modelant une boule de terre glaise ou de cire qu’il portait toujours avec lui’’.

Pedro Roldan ne se distingua pas seulement dans l’exécution des grands retables. La cathédrale de Jaen possède de lui des bas-reliefs en marbre représentant la fuite en Égypte, les noces de Cana, la discussion avec les docteurs de la loi, tous les trois incrustés au-dessus de l’une des portes intérieures et les statues des Évangélistes, des Docteurs et de saint Ferdinand placées à l’extérieur de l’édifice. Les uns et les autres sont justement admirés. Puis, il tailla des statues assez belles pour qu’on ait pu les attribuer à Montanes. Tel est V Ecce-Homo de l’hôpital de la Caritad (PL LXXVIIl et phot. 274, 275) qui rivalise avec les chefs-d’œuvre de Murillo et de Valdes admirés dans le célèbre hôpital. Enfin il faut citer les groupes ou pasos commandés par les confréries de pénitents où Jésus est représenté dans les phases de sa vie douloureuse et notamment le Christ de la Oracibn del Hiierto (la prière du jardin des Oliviers) remarquable entre tous*“ {phot. 276).

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Pedro Roldan ne se distingua pas seulement dan,- i exécution des grands retables La cathédrale de Jaen possède de lui des bas-reliefs en marbre représentant la : iite en Egypte, les noces de Cana, la discussion avec les docteurs de la .loi, lou,- les trois incrustés au-de,ssus de l une des portes intérieures et les statues des Evangélistes, des Docteurs et de saint Ferdinand placées à l’extérieur del’édi- !ice. Les uns et les autres sont ju.sicmeni admirés. Puis, il tailla des statues assez, belles pour qu’on ait pu les attribuer à Montanes. Tel est l' Ecce-Homo de l'hôpital de la Caritad (PI. LXXVIll et phnt. 274, 2751 qui rivalise avec les chefs-d 'œuvre de Murillo et de Valdes adminJa» dans le célèbre hôpital. Enfin il faut citer les gi oupes ou pasos commandés par lès confréries de pénitents où Jésus est représenté dan.v les phases de sa vie douloureuse et notamment le Christ de la Oracibn dd Hiurto (l-i^f^rière dujarv^t^^^^ tous-' Iphol. 276).

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LA ROLDANA.

Pedro Roldan avait épousé une parente et peut-être même une sœur du célèbre sculpteur grenadin Pedro de Mena, nommée dona Teresa de Mena y Villavicencio. En 1656, il en avait eu une fille, Dona Luisa, plus connue sous le nom de la Roldana qui eût fait mentir le sang d’artiste qu’elle tenait de ses ascendants, si elle n’eût été à son tour un sculpteur de mérite”. Une statue de saint Ferdinand commandée à son père ayant été refusée, elle la fit reporter, diton, dans l’atelier, la retoucha, lui donna plus de mouvement et la retourna aux chanoines qui l’acceptèrent cette fois sans la reconnaître”. La légende a peut-être embelli la vérité.

Dona Luisa, qui avait épousé un chambellan de Charles 11, se fixa par la suite à Madrid, où ses œuvres et sa personne excitèrent une égale admiration. Le 2 1 juin 1695 elle fut nommée sculpteur de la Chambre et mourut fort jeune en 1704, quatre ans après son père. Séville, Cadix, l’Escurial, Madrid se partagèrent ses œuvres. On y retrouve les qualités de Pedro Roldan avec moins de puissance et peut-être plus de grâce. Aussi bien, excella-t-elle surtout dans les images de la 'Vierge, de l’enfant Jésus, des archanges et des séraphins.

Cadix se glorifie de posséder une 'Vierge de la Roldana connue sous le nom de Nuestra Senora de las Angustias très savamment composée et autour de qui sont placés des anges délicieux. Le Christ est excellent, la "Vierge lui est inférieure. Le groupe n’en reste pas moins une œuvre remarquable par la nouveauté de la composition — le Christ repose entre les genoux de la "Vierge au lieu d’être placé en travers — et par l’habileté avec laquelle sont disposés les anges qui soutiennent les bras du divin crucifié et jusqu’aux attributs de la Passion.

Je goûte moins la danseuse qui, sous l’armure et les habits romains du siècle de Louis XIV, figure le saint Michel de l’Escurial”. On le montre avec complaisance aux visiteurs. Faute de pouvoir descendre jusqu’à Cadix, il vaudrait mieux juger la Roldana, d’après ses anges, fussent-ils habillés comme c’est le cas trop souvent (phot. 277).

En même temps que Pedro Roldan, vivaient à Séville, Francisco Ruiz et Juan Antonio Gixon’^ qui furent tous deux élèves d’Alfonso Martinez. Juan Gixon fut professeur, puis directeur de l’Académie de Séville de 1668 à 1672 ; je ne connais aucune de ses œuvres. Qiiant à son frère Francisco, il eut l’immense mérite de refaire après Montanes un Christ mourant que l’on voit à Séville dans une petite

chapelle du faubourg de Triana et qui soutient la comparaison avec le Crucifix des Calices. Le Christ de la Espiracion (PL LXXIX) est lui aussi une perle de l’art chrétien, un chef-d’œuvre de l'art sévillan. Je ne sais même pas si la peinture n’est pas plus saisissante que celle dont Pacheco, le collaborateur de Montanes, revêtit le corps du divin supplicié. Sans exagération, sans heurt, sans violence, la carnation fut étudiée avec une délicatesse extrême. Le sang, les plaies des genoux, les meurtrissures, les chairs dénudées pour être rendues sans recherches ni intentions dramatiques n’en sont que plus éloquentes. Après avoir vu en grand nombre les Christs vraiment très beaux offerts par l'Espagne à la piété des fidèles, le Dieu expirant de Gixon réveille l’attention et appelle une admiration inlassable. Il était pourtant à la sculpture espagnole ce que la 'Victoire de Samothrace est à la sculpture grecque : le testament d’un art qui allait s’éteindre.

Les dernières années du xvii' siècle virent en effet la mort des derniers grands sculpteurs de l’école de Séville et aussi la mort de l’école elle-même. Il y eut encore des praticiens de talent, il n’y eut plus d'artistes. La corruption du goût devenait générale, la peinture déclinait, la décadence de l’architecture s’accusait à chaque heure. Une profusion de feuillages, de fleurs, de fruits, de coquilles contournées, de têtes d'anges, de rinceaux touffus sous lesquels la ligne comme les formes disparaissaient s'étalaient sur tous les motifs. Churriguera, dont le nom caractérise le nouveau style, ne fut pas le seul coupable. Il faut accuser beaucoup ses contemporains et peut-être le désir de corriger la froideur de l'architecture et de chercher dans une surcharge de mauvais goût une couleur et une richesse comparables à celles des retables dont la tradition s'était perdue vers le milieu du xvi' siècle.

Un élève de Roldan, Don Pedro Duque Cornejo est le dernier sculpteur de l'école de Séville qui mérite d'être signalé. Encore ses œuvres sont-elles affectées, alourdies par des ornements inutiles et aussi violentes qu'excessives dans l’expression et l’attitude. Il faut croire cependant qu’elles plurent à ses contemporains puisqu'il remporta des succès que n'eurent jamais ses prédécesseurs. On en vint à exiger qu’il sculptât, dorât et peignît sous les yeux de gardiens préposés à sa surveillance. C’est du moins ainsi que, logé, nourri, fourni de bois, de clous, d’or battu et de couleurs, il exécuta divers travaux pour la Chartreuse del Paular’^. Quand il mourut, en 1757, il était depuis plus de vingt-cinq ans sculpteur de la

l.A STA'fU.MRr. POLYCHROME EN lîSPAGXE.

chapelle du faubourg de Triana et qui souueni la comparaison avec le Crucifix des Calices. Le Christ de la Expiraci'-”} I’!. LXXIX) est lui aussi une perle de l'art chrétien, un chc!-d œuvre de ! .m sevillan., Je ne sais même pas si la peinture n'est pas plus .sa!si.-.s.Hi’e <juc celle dont Pacheco, le collaborateur de Montanes, revêtit le corp^ du .Lmii supplicié. Sans exagération, sans heurt, sans violence, la carnation fut étu.héc avec une délicatesse extrême. Le sang, les plaies des genoux, Es meiu iri.s.sures, les chairs dénudées pour être rendues sans recherches ni inienil<ins dramatiques n'en sont que plus éloquentes. Après avoir \ U en grand numh! c les Christs vraiment très beaux offerts par l’Espagne à la piété des fidèles, le Dieu expirant de Gixon réveille l’attention et appelle une admiration inla.ssabic. Il était pourtant à la sculpture espagnole ce que la 'Victoire de Samothraceestâla sculpture grecque ; le testament d'un art qui allait s’éteindre.

Les dernières années du xvip siècle virent en effet la mort des derniers grands sculpteurs de l’école de Séville et aussi la mort de l’école elle-même. Il y eut encore des praticiens de talent, il n’y eut plus d’artistes. La corruption du goût d'.' enait générale, la peinture déclinait, la décadence de l’architecture s’accusait à chaque heure. Une profusion de feuillages, de (leurs, de fruits, de coquilles contournées, de têtes d’anges, de rinceaux touffus sotis lesquels la ligne comme les formes disparaissaient s’étalaient sur tous e. •tils i’>.erriguera, dont le nom c.ir.actérisc le nouveau style, ne fut pas le o u cibW. 11 faut accuser beaucoup scs contemporains et peut-être le désn de c* rnc.ii la froideur de l’architecture et de chercher dans une surcharge de mauvais goût une couleur et une richesse comparables à celles des retables dont la tradition s’était perdue vers le milieu du xvi' siècle.

Un élève de Roldan, Don Pedro Duque Cornejo t si le dernier sculpteur de l’école de Séville qui mérite d’être .signalé. Encore .si-s œuvres sont-elles affectées, alourdies par des ornements inutiles et au.ssi violentes qu’excessives dans l’expression et l’attitude. Il faut croire cependant qu’elles plurent à ses contemporains puisqu’il remporta des succès que n’eurent jamais ses prédécesseurs. On en vint à exiger qu’il sculptât, dorât et peignît sous les yeux de gardiens préposés à sa surveillance. C’est du moins ainsi que, logé, nourri, fourni de bois, de clous, d'or battu et de couleurs, il exécuta divers travaux pour la Chartreuse del Paular". Quand il mourut, en 1757, il était depuis plus de vingt-cinq ans sculpteur de la .aj.iaoA,H reiauD — .III’/XXJ orioncj,^)

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DON FRANCISCO SALZILI.O.

Chambre de la reine. Duque Cornejo fut inhumé dans le chœur de la cathédrale de Cordoue pour laquelle il venait de terminer des stalles en acajou massif’*. Ses obsèques furent princières.

Si l'on quitte l’Andalousie et si l’on se transporte à 'Valence où depuis longtemps fleurissait une école qui avait donné à l’Espagne des peintres célèbres et des sculpteurs renommés, l’on y trouve encore à la même époque un artiste de talent, Felipe del Coral. 11 est vrai qu’il vécut à Madrid et que nombre de ses œuvres se trouvent dans le Nord. Je citerai notamment Niiestra Sehora de los Dolores que possède à Salamanque la chapelle de la ’Vera Cruz ” (piwt. 278) . 11 ne faut pas comparer cette statue à la Virgen de los Cuckillos de Juan de Juni (PI. XLlll et phot. 15)), ni à la Dolorosa de Hernandez (PL XLIX et L) desquelles elle est certainement inspirée ; elle n’en présente pas moins des qualités sérieuses. En revanche, une 'Vierge du type appelé rosario en Espagne et que l’on vous mène volontiers voir à Séville offre des côtés simplement aimables (phot. 279). Je ne sais d’ailleurs sur quels documents on s’appuie pour l’attribuer à Felipe del Coral.

Depuis quelques années l’attention des artistes a été ramenée sur un autre sculpteur du xviii' siècle. Don Francisco Salzillo y Alcaraz dont le renom, bien que mérité, dépasse aussi la valeur ■'°. Son père, Nicolas Salzillo était originaire de Capoue. 11 s’était établi à Murcie vers la fin du xvii‘ siècle et y exerçait la profession de sculpteur sur bois. S’étant marié avec Dona Isabel Alcaraz il avait entre autres enfants Francisco, qui lui était né le 12 mai 1707.

Nicolas Salzillo mourut en 1727. Outre sa femme, il laissait six enfants que le jeune Francisco demeuré chef de famille dut prendre à sa charge. 11 avait reçu les leçons de son père, un artiste fort médiocre, semble-t-il, et comptait aller en Italie pour s’y perfectionner ne trouvant à Murcie ni maîtres, ni modèles. Mais tout projet de voyage fut abandonné et il se mit au travail avec une résolution et un courage qui lui attirèrent de suite de nombreuses sympathies. 11 se peut que Salzillo né à une autre époque, placé dans des conditions et dans un milieu favorables fût devenu un très grand artiste car, parmi ses œuvres innombrables — près de dix-huit cents statues ou statuettes sont cataloguées à son nom " — il en est qui présentent des qualités éminentes. On ne saurait néanmoins comparer leur auteur à aucun des maîtres qui, à côté des peintres, des architectes et des littérateurs, donnèrent au Siècle d’or un lustre que le temps

ne ternira jamais. Certes l’isolement de Salzillo lui fut défavorable ; il le servit aussi dans une certaine mesure. S'il eût voyagé, le style désordonné et prétentieux des artistes contemporains eût déteint sur lui, tandis que les événements l’ayant garanti de la contagion, il ne suivit que son inspiration et n’étudia que la nature.

Une vie ou même plusieurs vies d'hommes n’eussent pas suffi à exécuter les travaux sortis de l’atelier de Salzillo; il ne .semble pas cependant qu’il ait jamais lait appel à de nombreux élèves étrangers^’. 11 avait formé une école dans sa propre famille. Sa sœur, Dona Inès, dessinait, modelait et posait, semble-t-il, pour les figures des saintes et des anges, sa femme remplissait aussi ce dernier office l’un de ses frères, Don Josef, lui servait de praticien et dégrossissait les billes de noyer ou de cyprès, un second, l’abbé Patricio, peignait et damassait.

M. Antonio Alix, le dernier historien de Salzillo cite parmi les statues isolées de l’artiste, un saint Jérôme qu'il égale à celui de Torrigiano, une sainte Véronique, un saint Jean et la Dolorosa et, parmi les figures qui composent les pasos conservés à Murcie dans l’église du Jésus, les Christ de la Oracibn del Huerto (Jardin des Oliviers), del Prendimiento (de l’Arrestation) et de la Caida (de la chute). On a aussi vanté un saint François, une bonne statue en effet mais copiée sur un original de Montanes, puis saint Antonin, saint Pascal, saint Antoine, sainte Anne, sainte Cécile, sainte Barbe, la Purisima Concepcwip el Angel de Guarda (l’Ange Gardien), saint Raphaël, le Dulce Nombre, un enlant Jésus endormi et enfin deux groupes : la Cène et les Aïotes (les Coups) [phot. 280 à joj). Je ne saurais partager cet enthousiasme. A part la sainte Véronique (PL LXXX) et l’ange de la Oracibn del Huerto, qui sont de froides et bonnes statues, puis le saint Jérôme et la Conception, les autres figures sont parfois guindées dans leur attitude. Les draperies étudiées d’une manière insuffisante présentent des maigreurs; les extrémités manquent de dessin.

Lorsqu’il étudiait la Dolorosa, Salzillo ne craignit pas, raconte-t-on, d’annoncer à sa femme la mort de leur fils très malade à cette époque pour surprendre sur ses traits une expression de vive douleur. Si le fiiit est vrai, il est d’autant plus regrettable que l’artiste infligea cette torture et que lui-même commit cette action cruelle en pure perte. La Vierge est belle, mais son affliction n'émeut pas parce qu'on la sent conventionnelle ■'L

Planche LXXIX. — Christ expirant.

Chapelle du faubourg de Triana. — Séville. — Bois peint. — Sculpture de Francisco Ruiz Gixon .

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ne ternira jamais. Certes l’isolement de Salzillo lui fut défavorable ; iJ le servit aussi dans une certaine mesure. S'il eût voyagé, le style désordonné et prétentieux des artistes contemporains eût déteint sur lui, tandis que les événements l'avant garanti de la contagion, il ne suivit que son in.spiration et n’étudia que la nature.

Une vie ou même plusieurs vies d’hommes n'eussent pas suffi à exécuter les travaux sortis de l'atelier de Salzillo ; il ne semble pas cependant qu’il ait jamais fait appel à de nombreux élèves étrangers^’. 11 avait formé une école dans sa propre famille. Sa sœur, Dofta Inès, dessinait, modelait et posait, semble-t-il, pour les figures des saintes et des anges, sa femme remplissait aussi ce dernier office^’; l'un de ses frères, Don Josef, lui servait de praticien et dégrossissait les billes de noyer ou de cyprès, un second, l'abbé Patricio, peignait et damassait.

M. Antonio Alix, le dernier historien de Salzillo^% cite parmi les statues isolées de l’artiste, un saint Jérôme qu'il égale à celui de Torrigiano, une sainte Véronique, un saint Jean et la Dolorosa et, parmi les figures qui composent les pasos conservés à Murcie dans l’église du Jésus, les Christ de la Oraciôn del tluerto fJardin des Oliviers), del Prendimiento ” (de l'Arrestation) et de la Caida (de la chute). On a aussi vanté un saint François, une Ixvnne statue en clfet mais copiée .sur un original de Montafies, puis saint Antonin, saint Pascal, saint Antoine, sainte Anne, sainte Cécile, sainte Barbe, la Ptr iuma Concepeion, el Angel de Quarda (l'Ange ûardien), saint Raphaël, le Dulce 'Nombre, un enfant Jésus endormi et enfin deux groupes : la Cène et les Azotes (les Coups) (phot. 280 à joj). Je ne saurais partager cet enthousiasme. A part la sainte Véronique (PL LXXX) et l’ange de la Oracion del Huerto, qui sont de froides et bonnes statues, puis le .saint Jérôme et la Conception, les autres figures sont parfois guindées dans leur altitude. Les draperies étudiées d 'une manière insuffisante présentent des maigreurs ; les extrémités manquent de dessin.

Lorsqu’il étudiait la Dolorosa, Salzillo ne craignit pas, raconte-t-on, d’an- . noncer à sa femme la mort de leur fils très malade à cette époque pour surprendre sur ses traits une expression de vive douleur. Si le fait est vrai, il est d’autant plus regrettable que l’artiste infligea cette torture et que lui-même commit cette action cruelle en pure perte. La Vierge est belle, mais son affliction n'émeut cYtfwClaTcniX.I(iîXJi«d5>«slle

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