‹ La statuaire polychrome en Espagne; illustré de quatre-vingts planches tirées hors texte et de trois planches en couleursChapitre 86 sur 171 · LE TOMBEAU DE CHRISTOPHE COLOMB · texte numérisé non relu

LE TOMBEAU DE CHRISTOPHE COLOMB

L'on ne saurait oublier à la fin de cette étude le tombeau vraiment royal où reposent les cendres de Christophe Colomb {phot. 504, 305). Élevé d’abord dans la cathédrale de la Havane, il a été remonté dans la branche du transept (côté de l’épître) de la cathédrale de Séville.

Cruelle destinée que celle du célèbre navigateur qui recommençant après le trépas le cours de ses pérégrinations, ballotté entre Valladolid, le monastère de las Cuevas, Saint-Domingue et Cuba, ne put dormir son dernier sommeil sur la terre qu'il avait découverte et où il eût souhaité reposer à jamais 1

Au moins, si les dernières volontés de Colomb n’ont pu s’accomplir, l’Espagne a-t-elle réclamé ses reliques aux États-Unis victorieux et, les ayant reprises, leur a-t-elle donné un abri digne d’elles.

L’auteur du tombeau, M. Melida, mort il y a quelques années, a conçu et exécuté une œuvre puissante, originale, où il a su associer la richesse et le prestige de la couleur à la majesté delà forme.

Quatre personnages héraldiques symbolisant les quatre provinces-royaumes de Castille, de Leon, d'Aragon et de Navarre s’avancent portant sur leurs épaules le cercueil du héros. A la place d’honneur marche Castille. 11 est vêtu d une aube d’argent et d’une chape de bronze clair sur laquelle se détachent les tours, armes parlantes du royaume. Une couronne murale lui ceint le front; à la main, il tient l’aviron. La robe de bronze traîne ses larges plis semés de couronnes royales, sur la base du monument.

A gauche, sur la même ligne que Castille, se tient Leon. Le costume est le même ; seuls les emblèmes héraldiques diffèrent. Le lion passant remplace les tours ; des chardons et des coquilles de pèlerin qui rappellent le sanctuaire de Saint-Jacques de Compostelle ont été substitués aux couronnes. Sur la tête, Leon porte un bandeau où les lionssont associés à des grenades en souvenir de la part que prit le vieux royaume à la ruine du dernier boulevard de l'Islam. Enfin, il tient haute, conquérante et fière, la croix qui guida les caravelles chrétiennes vers les terres inconnues.

En arrière, se présentent Aragon et Navarre ; les chemises de mailles, après les aubes, les guerriers, à la suite des lévites. Aragon se signale par son écu et des chauves-souris aux ailes éployées. On distingue Navarre à ses chaînes et à des fleurs de lys.

Un poêle couvre de ses plis rigides le reliquaire où sont enfermés les restes du grand navigateur. Brodé aux armes d’Isabelle et de Ferdinand, il porte aussi l’écu de leur Amiral sur la mer Océane et, en guise de bordure, la devise que la reine écrivitdesa main pour honorer le Vice-roi et gouverneur des îles découvertes dans la mer des Indes et en assurer la possession à ses descendants :

« A Ccislilla y Leon Niievo mnndo dià Colon »

'< A Castille et à Leon Colomb donna un nouveau monde ».

Le socle haut de i"',50 environ est en pierre blanche polie tandis que les personnages et le cercueil exécutés en bronze repoussé sont polychromés, c’està-dire que l’or, l’argent, le bronze chacun sous leurs différents aspects, s’y combinent en des associations voisines de la nature.

Au demeurant, l’œuvre de Melida est un exemple très beau et très majestueux des ressources immenses qu’offre la polychromie naturelle en même temps que le dernier et digne maillon de la chaîne dont les premiers anneaux furent forgés dans les Asturies au moment où les montagnards s’élancèrent à la reconquête de la patrie. A ce double titre, le tombeau de Colomb devait trouver sa place dans un ouvrage consacré à l’histoire de la sculpture polychrome en Espagne.

J’ai eu parfois à déplorer la funeste coutume qu’ont les confréries de couvrir d’habits somptueux les figures dont elles sont gardiennes. Cet usage inspiré par une dévotion mal entendue est fort ancien. Si dans ces derniers temps, la portion éclairée du clergé a obtenu quelques succès et dévêtu quelques saintes images, elle s’est heurtée en général à des habitudes trop profondément enracinées pour les pouvoir extirper.

D’une manière générale, les Vierges et notamment les Dolorosas semblent avoir été les premières statues que l’on couvrit de vêtements et que l'on para de bijoux On ne s’en tint pas là. Ce furent bientôt des cheveux naturels qu’on leur posa et puis des yeux de verre, quitte à massacrer le visage quand l’artiste ne les avait pas inscrustés lui-même. Plus tard, cet usage s’étendit; le Christ et les acteurs de la Passion eurent leur garde-robe et, dans les inventaires, on trouve

l.A STATUAIRE POLYCHROME l'V h'PAGNE.

Un poêle couvre de ses pli^ n^idcs le reliquaire où sont enfermés les restes du grand navigateur. Brod». • armes d’Isabelle et de Ferdinand, il porte aussi récu de leur Amiral nr . mer Oceane et, en guise de bordure, la devise que la reine ccrivitdes.i m . . (>>ur honorer le Vice-roi et gouverneur, des îles découvertes dans la mer i ndes et en assurer la possession à ses descendants :

Il A Castilla y Leon Niievo mundo dià Colon »

Il A Castille et à Leon Colomb donna un nouveau monde ».

ie >ociE haut de i"',50 environ est en pierre blanche polie tandis que les p, , :;<«nnages et le cercueil exécutés en bronze repoussé sont poljxhromés, c'està dire que l’or, l’argent, le bronze chacun sous leurs différents aspects, s’y combinent en des associations voisines de la nature.

Au demeurant, l’œuvre de Melida est un exemple très beau et très majestueux des ressources immenses qu’offre la polychromie naturelle en même temps que le dernier et digne maillon de la chaîne dont les premiers anneaux furent lorgé.s dans Us A.-tunes au niomoni ou les montagnards s'élancèrent à la reciinqiicté de la patrie A ce double titre, le tombeau de Colomb devait tr.>ii\er sa place dans un ouvrage ci.'usacré à i histoire de la sculpture polychrome en Espagne.

Jlai eu parfois à déplorer la funeste coutume qu’ont les confréries de couvrir d’habits somptueux les figures dont elles sont gardiennes. Cet usage inspiré par une dévotion mal entendue est fort ancien. Si dans ces derniers temps, la portion éclairée du clergé a obtenu quelques succès et dévêtu quelques saintes images, elle s’est heurtée en- général à des habitudes trop profondément enracinées pour les pouvoir extirper.

D’une manière générale, les Vierges et notamment les CLolorosas semblent avoir été les premières Statues que l’on couvrit de vêtements et que l’on para de bijoux On ne s’en tint pas là. Ce furent bientôt des cheveux naturels qu’on leur posa et puis des yeux de verre, quitte à massacrer le visage quand l’artiste ne les avait pas inserustés lui-même. Plus tard, cet usage s’étendit; le Christ et les acteurs de la Passion eurent leur garde-robe et, dans les inventaires, on trouve .aupiMoaàV 3thia2 — .XXXJ orionElff^^g^

.ollisl&S oDaionBiH sb siuJqltroS — .àiob l9 Inisq fïioS — .aioiuM i «ueàl ub deîtgH yvàJ .JorlH — .oIIhlES GioniB'I ab aiuJniaq

(jvpl

Page 1