‹ La statue de J.-J. RousseauChapitre 13 sur 55 · J.-J. ROUSSEAU SECRETAIRE D AMBASSADE · texte numérisé non relu

J.-J. ROUSSEAU SECRETAIRE D AMBASSADE

Fauteur du Dictionnaire philosophique en fut pour ses frais de dénonciation.

Quant à Rousseau, il se défendit, suivant sa coutume, avec une force et une modération remarquables. « Il est vrai, dit-il, que j'ai été domestique de M. de MontaigLi, ambassadeur, comme ses gentilshommes étaient ses domestiques, avec cette différence que j'avais partout le pas sur ses gentilshommes, que j'allais au sénat, que j'assistais aux conférences, et que j'allais en visite chez les ambassadeurs et ministres étrangers : ce qu'assurément les gentilshommes de M. de Montaigu n'eussent osé faire. Mais bien qu'eux et moi fussions ses domestiques, il ne s'ensuit point que nous fussions ses valets (1). » Et à ce raisonnement il ajouta des preuves auxquelles il n'y avait pas de réplique possible, mettant ainsi au service d'une bonne cause une extrême aménité de langage, et donnant à son adversaire l'exemple des convenances et des égards que deux grands esprits se devaient entre eux. C'est, du reste, un fait acquis que sous ce rapport il se montra toujours supérieur à Voltaire.

^1) LcUre en date du 5 janvier 17G7.

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