‹ La statue de J.-J. RousseauChapitre 14 sur 55 · THÉRÈSE LEVASSE UR · texte numérisé non relu

THÉRÈSE LEVASSE UR

Peu après son retour il alla se loger, pour être plus isolé, dans ce petit hôtel Saint-Quentin , situé rue des Cordiers, dans les environs du Luxembourg, et oi^i déjà, sur l'indication de son ami Bordes, il était descendu en arrivant à Paris. Ce fut là qu'il contracta l'union fâcheuse qui ne devait finir qu'avec sa vie. Jamais toutefois, il faut le reconnaître, une plainte n'est tombée de sa plume sur cette Thérèse Levasseur qu'il associa à sa destinée. Si plus tard elle oublia qu'elle avait eu l'honneur d'être la compagne de Jean-Jacques Rousseau, elle ne lui donna pas, ouvertement, de sérieux sujets de griet tant qu'elle vécut avec lui.

On sait comment se forma cette liaison. Thérèse avait alors vingt-deux ans. Quand Rousseau la vit pour la première fois, chez son hôtesse, oii elle travaillait comme ouvrière en linge, il fut tout d'abord frappé de son regard vif et d'une incomparable douceur. A la différence des autres habitués de l'hôtel, qui étaient avec elle grossiers et indécents, il se montra doux et prévenant à son égard, plus d'une fois il prit sa défense, et tout de suite une mystérieuse sympathie s'établit entre eux. De là à une intimité complète la distance n'était pas grande.

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