‹ La statue de J.-J. RousseauChapitre 25 sur 55 · RUPTURE DE JEAN-JACQUES · texte numérisé non relu

RUPTURE DE JEAN-JACQUES

ximes, n'était pas tempérée par une extrême tolérance, ne pouvaient lui pardonner sa largeur de vues, et ils lui gardaient rancune de n'avoir pas consenti à s'enrôler dans leurs rangs. De là des froissements qui devaient finir par une rupture complète. On abusait un peu de la bonhomie, de la simplicité apparente de Jean-Jacques pour le tourner en ridicule; lui, laissa dire et laissa faire jusqu'au jour où il se sentit blessé au cœur. D'abord ce furent, de la pari de Grimmet de Diderot surtout, de continuelles tracasseries au sujet de ses goûts, de sa manière de vivre, de la prétendue séquestration où il tenait Thérèse et sa mère, l'aigre M"'^ Levasseur. Aimant tendrement Diderot et l'estimant sincèrement, Rousseau commença par se plaindre avec douceur; mais autant ses lettres étaient attendries, jusqu'à être mouillées de larmes, autant les réponses de l'ami étaient empreintes de sécheresse et même de dureté. Au fond de tout cela, du reste, il n'y avait rien de bien grave, quand un petit événement, dont il est indispensable de parler, acheva de gâter les choses.

Nous avons dit un mot déjà de la liaison de Jean Jacques avec Grimm, ce vaniteux Allemand à qui certaines brochures de circonstances, écrites avec assez d'élégance pour un étranger, avaient valu quelques protections. A peine Grimm se vit-il reçu chez les grands, qu'il prit avec ses inférieurs un air d'insolence et de protection, et avec ses amis un ton

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