‹ La statue de J.-J. RousseauChapitre 26 sur 55 · VVEC GRIMM ET DIDEROT · texte numérisé non relu

VVEC GRIMM ET DIDEROT

de suffisance risible. Présenté chezM^^d'Épinaypar Rousseau, il plut à la dame, quoiqu'il se peignît le visage comme une vieille femme, devint notoirement son amant, et en profita pour desservir celui dont l'amitié lui avait ouvert les portes de la maison. Un exemple suffira pour donner une idée de la morgue et de la sottise de ce personnage. Un soir, à la Chevrette, M™* d'Épinay, indisposée, s'était fait monter à souper dans sa chambre, et elle avait prié Rousseau de lui tenir compagnie. Au moment où l'on allait se mettre à table survint Grimm, qui, sans façon, prit un fauteuil , s'assit au coin du feu , en face de M""^ d'Épinay, et se mit à manger, sans adresser la parole à Rousseau et sans faire plus attention à lui que s'il n'avait pas été là (1). M"'" d'Épinay, outrée et confuse, offrit sa propre place à Jean-Jacques. Comment celui-ci aurait-il pu considérer comme un ami véritable le cuistre qu'il avait rencontré jadis si humble et si bas chez le prince de Saxe-Gotha, et qui alors se tenait honoré d'un de ses regards ?

M""^ d'Épinay se trouvait enceinte des œuvres de Grimm; il s'agissait de dissimuler cette grossesse aux yeux de son mari : on lui persuada d'aller à Genève pour y faire ses couches, et d'emmener Jean-

(1 Comme tout ce que Rousseau a raconté dans ses Confessions, celle petite scène est très-vraie; elle a été alleslée par un témoin oculaire, le propre fils de >!'"*= d'Épinay. Voy. sa lellre dans les (Euvres inédiles, t. H, p. 391.

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