‹ La statue de J.-J. RousseauChapitre 27 sur 55 · RUPTURE DE JEAN-JACQUES · texte numérisé non relu

RUPTURE DE JEAN-JACQUES

Jacques avec elle. Seulement on avait compté sans ce dernier, qui refusa net, en alléguant des motifs de santé. La vérité est qu'il ne voulait pas jouer un rôle dans une pitoyable comédie. On lui avait bien caché le but du voyage, mais c'était le secret de Polichinelle, et il lui répugnait d'entrer dans une sorte d'intrigue qui froissait la délicatesse de ses sentiments. On mil en campagne, pour le décider, le tiers et le quart. Appelé à la rescousse, Diderot, il faut le dire, tint dans cette circonstance la conduite d'un homme peu sérieux, peu grave, et surtout peu soucieux du repos d'un ami.

Il lui écrivit un billet très-pressant où, lui parlant de la reconnaissance à laquelle il était tenu, lui, Rousseau, envers M""* d'Épinay, il lui enjoignait de la suivre, parce que cette dame allait avoir besoin d'amusement et de distraction. Voyez-vous l'immortel philosophe considéré comme un bouffon ? Quoi! parce qu'il avait accepté de M'"'' d'Épinay, à force d'instances, l'hospitalité dans une maisonnette dont il payait largement le loyer en soins, en égards et en petits services de toute sorte, il lui fallait, sous peine d'ingratitude, quitter, au cœur de l'hiver, le coin de son feu, ses travaux, pour servir d'amusement et de distraction à une personne qui psrrtait avec une suite nombreuse et toutes les commodités qu'autorise la fortune ! Rousseau était malade et souffrant, une grave indisposition lui rendait la voiture

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