‹ La statue de J.-J. RousseauChapitre 28 sur 55 · AVEC GRIMM ET DIDEROT · texte numérisé non relu

AVEC GRIMM ET DIDEROT

à peu près insupportable; qu'importe! il n'avait qu'à prendre un bâton et à suivre à pied. Ainsi raisonnait le philosophe Diderot « dans son cabinet, au coin d'un bon feu, dans une bonne robe de chambre bien fourrée ». Pourquoi donc Diderot, et surtout pourquoi donc Grimm, qui avait quelque intérêt dans l'affaire, ne s'offraient-ils pas à accompagner la dame ? Voilà ce qu'avec raison se demandait Rousseau. Il tint bon, et laissa partir M"'" d'Épinay. De là des récriminations sans nombre et une sorte de persécution sourde que s'exagéra encore l'imagination de notre philosophe.

Il ne faudrait pas croire cependant que ses plaintes fussent dénuées de fondement, comme on l'a quelquefois prétendu. Il y eut contre lui une véritable conspiration de la calomnie : je n'en veux pour preuve que les invectives lancées contre sa mémoire par les hommes peu généreux avec lesquels il crut devoir rompre. Or, son crime, son crime unique était d'avoir refusé d'accompagner à Genève la maîtresse de Grimm. La rupture avec celui-ci fut violente et immédiate ; Rousseau , qui tardivement avait démêlé la fausseté et l'hypocrisie de ce personnage, brisa sans peine une amitié indigne de lui.

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