‹ La statue de J.-J. RousseauChapitre 32 sur 55 · LES AMITIÉS DE JEAN-JACQUES · texte numérisé non relu

LES AMITIÉS DE JEAN-JACQUES

de Jean-Jacques vieilli et malade, il n'avait pas le droit de jeter le ridicule sur une mémoire illustre et justement respectée. Il raconte, sur la foi d'un ami qu'il ne nomme pas, qu'à la mort de Louis XV Rousseau s'écria en gémissant : « Il y avait en France deux hommes également détestés, moi et le roi; il n'en reste plus qu'un. » Le grand crime! et qu'est-ce que cela signifie ? Mais le même homme lui disait, tout en copiant de la musique à six sous le rôle : « Il faut gagner sa vie, ce n'est qu'à ce prix que l'on est libre, dans quelque gouvernement que ce soit. » Et comme Dusaulx s'étonnait de son obstination à refuser les services de tant de personnes empressées à venir à son aide : « Jean-Jacques vit de peu, répliquait le philosophe, il a le bonheur de vous connaître; que monsieur Dusaulx se rassure, Jean-Jacques ne manquera jamais de rien. » Il eût mieux valu pour lui ne jamais connaître M. Dusaulx. Voilà bien du reste l'homme simple et bon qui écrivait au comte de Saint-Germain : « M'a-t-on vu souvent aux toilettes des femmes ou dans les antichambres des grands? Ce sont pourtant là les portes de la fortune. J'ai refusé beaucoup de places, et n'en recherchai jamais... Et de quoi me servirait l'opulence? Je déteste le luxe, j'aime la retraite, je n'ai que les goûts de la simplicité... Je ne voudrais être riche que pour faire du bien, et l'on ne cherche pas à satisfaire un pareil goût par des crimes. » Et

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