‹ La statue de J.-J. RousseauChapitre 33 sur 55 · LES AMITIÉS DE JEAN-JACQUES 20S · texte numérisé non relu

LES AMITIÉS DE JEAN-JACQUES 20S

maintenant, railleurs, moquez-vous h votre aise du bonhomme.

Admirez d'ailleurs les contradictions de Dusaulx. Après avoir parlé de certaines boutades du philosophe, dirigées principalement contre ceux qui venaient lui brûler de Tencens sous le nez, il ajoute : « S'il châtiait d'une main, il caressait de l'autre, et tout le monde, à la fin, était plein de vénération pour lui. » A quoi bon alors avoir pris tant de peine pour nous le montrer sous ses côtés défectueux, si en fin de compte tout le monde était plein de vénération pour lui? Et notez qu'en racontant sa rupture avec l'homme illustre qui l'avait accueilli, jeune et inconnu, avec tant de bienveillance, rupture venue à la suite de la plus insignifiante des choses, il est en quelque sorte contraint d' avouer que les torts furent en partie de son côté. «J'ai longtemps, dit-il, éprouvé des regrets qui ressemblaient à des remords. Pourquoi ai-je tenu tête à cet infortuné ? pourquoi l'ai-je pris au mot, lui qui n'avait pas tout à fait rompu avec moi ? Le sort en était jeté. » Son livre équivalait donc à une mauvaise action.

Il le sentit bien, du reste, aux murmures d'improbationqui éclatèrent à l'apparition da l'ouvrage, et il se crut obligé de faire amende honorable, pour ainsi dire. Son intention, prétendit-il, avait été d'expliquer Rousseau et non de l'inculper. N'avait-il pas solen-

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