‹ La statue de J.-J. RousseauChapitre 41 sur 55 · ET M"'* DE POMPADOUR · texte numérisé non relu

ET M"'* DE POMPADOUR

C'était le temps où la puissance de M""*" de Pompadour était à son apogée. La favorite voyait à ses pieds, chose honteuse à dire, la plupart des gens de lettres. C'était pour elle que Voltaire troussait ses vers les plus galants :

Charme de tous les cœurs, trésor d"un seul mortel...

jyjme (jg Pompadour ne se contentait pas d'être la maîtresse et le premier ministre de Louis XV, elle maniait aussi le crayon. La Tour ayant dessiné son portrait au pastel, elle copia de ses jolis doigts sa propre image. Vite, dépouillant son manteau de philosophe et endossant la livrée du courtisan, Voltaire lui décoche le quatrain suivant :

Pompadour, ton crayon divin Devait dessiner ton visage, Jamais une plus belle main N'aura fait un plus bel ouvrage.

Mais ces flatteries mal rimées, ces louanges faciles et un peu trop facilement prodiguées aux puissants de la terre, n'avaient pas assez de saveur pour la courtisane titrée; combien elle eiît apprécié davantage un éloge venu, par exemple, de l'austère auteur du Discours sur Vinégalité. Oui, mais comment apprivoiser cet ours, ce sauvage, comme on disait à la cour? On tenta pourtant l'aventure. Un jour le che-

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