‹ La Stérilisation alimentaireChapitre 22 sur 38 · lahrhuch fur Kinderheilkunde, XXX, p · texte numérisé non relu

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déjà cités par nous, sont, à coup sûr, plus démonstratifs.

6. La stérilisation du lait a peut-être des inconvénients moraux, dont nous avons le droit de nous occuper parce que l’hygiène est destinée à en supporter le contre-coup.

Chacun a le droit de se défendre, quand les lois et l’organisation administrative ne le protègent pas. La surveillance de la production et de la vente du lait ne nous mettant pas suffisamment à l’abri des maladies qui peuvent venir de cette source, le moins est que l’on ne nous empêche pas de prendre nous-mêmes des garanties. Cependant, cette foule de procédés de stérilisation et ces usines qui se multiplient ne sont-ils pas un encouragement aux administrations à s’abstenir ?

On ne saurait méconnaître les services rendus à l’hygiène par la science et par les constructeurs, et il n’est pas de gain plus légitime que celui qui s’acquiert à fournir au public des choses salubres. Il serait même déplorable que les ingénieurs sanitaires y missent de leur argent. Mais est-il heureux que le public, comme les gouvernants, se désintéresse des conditions dans lesquelles le lait est originairement produit et récolté, sous prétexte que la stérilisation remédiera à tout ce qui pourrait ressortir de fâcheux de la négligence des fermiers et des marchands? La force des choses a voulu que les machines à stérilisation ne pussent admettre que du lait propre et encore assez frais; il jaunirait, sans cela, et même se coagulerait dans l’étuve. Néanmoins, il est des responsabilités dont il n’est pas bon de débarrasser les familles. Le professeur Hoffmann (de Leipzig) est partisan de la stérilisation,mais non de celle qui se fait dans les usines, aux hautes températures. Il n’approuverait pas qu’une station centrale stérilisât gratuitement du lait pour les pauvres gens; mieux vaut entretenir chez eux le sentiment des devoirs qu’ils ont envers leurs enfants. Or, les pauvres, dont le

temps n’est pas très précieux, peuvent perdre aisément un quart d’heure ou une demi-heure à stériliser eux-mêmes leur lait par les moyens ordinaires.

Dans le même ordre d’idées, la vulgarisation de la stérilisation et les éloges qu’on en fait tendent manifestement à encourager l’allaitement artificiel. 11 ne saurait être douteux un seul instant, que les enfants d’une mère dont la mamelle est aride et qui, pour raison d’indigence, de syphilis, de hec-de-lièvre, etc., né peuvent prendre le sein d’une nourrice, n’aient droit au secours de l’allaitement artificiel; pour ceux-là, le lait pur est un bienfait: c'est même le salut. Mais combien l’écueil est près du port et combien l’abus est voisin de l’usage légitime ! Les médecins s’abstiendront de parler de lait stérilisé, quand la mère pourra nourrir; ils en prescriront la suppression quand le lait sera revenu au sein maternel. Mais les familles de toute classe sauront bientôt qu’il est possible de se dispenser de cette longue et laborieuse opération de l’allaitement au sein, et que les médecins ont déclaré excellent l’allaitement au biberon rempli de lait stérilisé. On serait bien bon de se refuser cet élevage si commode. Pour peu que la stérilisation centrale du lait s’implante dans les villes et qu’on arrive à la stérilisation obligatoire de tout le lait mis en vente, comme le demandent plus ou moins formellement Hermann, Scholl, W. Hesse et C. Fraenkel, l’allaitement au sein ne tardera pas à devenir l’infime exception. Et, peu à peu, sans doute, on verra se réaliser cette pratique, qui a dû être rêvée par les saint-simoniens, les phalanstériens, les Icariens et autres communistes de tous les temps : les enfants réunis, dès leur naissance, dans quelque établissement que les ingénieurs auront doté- d’un outillage merveilleux,, et où ils seront nourris au lait stérilisé, suivant des procédés que l’on pourra déclarer le dernier mot de la mécanique hygiénique et industrielle.

On comprend que Soxhlet lui-même, inventeur d un procédé de stérilisation du lait, insiste particulièrement pour que son appareil ne sorte pas de la famille et ne prépare que l’aliment de vingt-quatre heures. Cen étaitpas assez. En terminant son rapport à la Réunion des hygiénistes allemands, à Leipzig, en 1891, le consciencieux savant se montre hostile à la stérilisation du lait, sauf pour le nourrisson. Encore ne dissimule-t-il pas que le lait stérilisé, en dehors de la destruction des germes, n’a acquis aucune supériorité hygiénique. C’est le contraire ; « il se comporte comme tout lait qui a cuit longtemps et présente, plutôt plus que moins, toutes les propriétés peu désirables du lait cuit. »

Nous nous rangeons à cet avis. Toléi’ons la stérilisation du lait actuellement et ■provisoirement, en la maintenant sous la forme la plus simple possible. Mais ne cherchons pas à en faire une institution sociale, et poursuivons plutôt et toujours l’instauration des moyens d’assurer la santé des animaux et la propreté du lait.

Nous n’avons pas le courage de soutenir ici que, le lait stérilisé fût-il parfait (ce qui n’est pas), il équivaudrait, pour l’enfant, à l’allaitement au sein, j’allais dire à l'allaitement maternel.

7. On devine aisément que si la question nous était posée, de savoir à quelle méthode ou à quel appareil de stérilisation nous donnons la préférence, nous inclinerions vers la méthode la plus simple, celle qui torture le moins le lait, et vers l’appareil qui comporte le moins de mécanisme.

Nous conservons un faible pour la stérilisation à la casserole, qu’il est si facile de rendre efficace contre les germes pathogènes et même contre les saprophytes, sans compromettre sensiblement le lait. Si la formation de la pellicule de matière protéique, qui fait monter le lait, semble gênante, rien n’est plus simple que d’adopter le

vase « à large panse et à col étroit », recommandé par Uffelmann. Peut-être faudra-t-il placer dans un bain-marie ce vase que l’auteur estime devoir être en verre. Nous

y soyons aucun inconvénient, s’il s’agit d’un nourrisson ; et, même, nous apprécions beaucoup la préparation du biberon au bain-marie, telle que l’entend Vallin. L appareil [Milchkocher) de Soltmann se caractérise par un dispositif qui ramène dans la marmile le lait montant.

G est dire que nous ne repoussons en aucune façon le procédé Soxhlet ni le procédé Budin. C’est le minimum du mécanisme et si, comme c’est dans les intentions des auteurs, l’appareil ne prépare que la provision de la journée, il n’y a pas lieu de concevoir d’autres soucis.

La pasteurisation, qui ne va pas au delà -du degré auquel le lait est en imminence de prendre le goût de cuit, serait préférable encore. Pourquoi n’existe-t-il,daps ce système, que des appareils destinés à fonctionner chez le vendeur et point chez le consommateur? Il semble très possible d’inventer un petit récipient de chauffe, se réglant automaliquement à 70 degrés, accompagné d’un petit refroidisseur à eau, le tout dans les proportions nécessaires à une famille. Legay (de Lille) a présenté au Congrès de la tuberculose (1893) un vase à long goulot, muni de deux index, qui prétend remplir la première partie de ce programme. L’index inférieur marque la hauteur à laquelle il faut remplir le vase de lait froid; l’index supérieur la hauteur à laquelle le lait monte lorsqu’il a atteint la chaleur de pasteurisation, c’est-à-dire environ 80 degrés. Nous ne pensons pas qu’il suffise d'indiquer la température; c’est la régler qu’il faudrait et d’une façon indépendante de l’intervention de la personne chargée de chauffer le lait. L’appareil de Legay ne réalise donc pas encore le desideratum exprimé plus haut.-

STÉRILISATION RÉPARATRICE. Ui

Quant aux fabriques de conserves de lait, nous ne les tolérerions que pour l’usage des voyageurs, des marins ou colons des pays d’outre-mer, et des soldats en expédition. ^

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