‹ La Stérilisation des Liquides InjectablesChapitre 14 sur 49 · EE EE · texte numérisé non relu

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à 160°, il faut, nous l'avons dit, dépasser cette température et la maintenir assez longtemps pour quela répartition dela chaleur se fasse en tous les points.

Cette action prolongée de la chaleur a pour effet d'attaquer, de décomposer certaines substances chimiques.

Ainsi : mauvais réglage, mauvaise pénétration, altération des produits, grande dépense de combustible : tels sont les multiples inconvénients des étuves sèches, inconvénients qui sont d’ailleurs plus sensibles quand il s’agit de produits ou de matériel de pansement, que lorsqu'il s'agit de solutions, où les germes se trouvent mouillés et par suite plus vulnérables.

On à perfectionné les étuves à air chaud par l'adoption de doubles parois entre lesquelles circule la vapeur d’un liquide bouillant à hautetempérature (xylène, camphène, paraffine, etc.). Ces étuves donnent une chaleur plus égale, mais elles ont d’ailleurs tous les autres défauts des étuves sèches.

En résumé, la stérilisation par la chaleur sèche, au moyen des étuves (même munies de régulateurs) me paraît constituer un procédé assez peu pratique et par suite insuffisamment rigoureux (1).

2° Ébullition. — Bain-marie bouillant.

Il y à une vingtaine d’années, de nombreux auteurs admettaient que l’ébullition était le meilleur moyen de réaliser asepsie.

Une ébullition pendant deux minutes suffit à tuer les « spores si résistantes du charbon. Si donc l'on fait bouillir « l’eau pendant cinq minutes, elle peut être considérée comme « suffisamment stérilisée pour les nécessités de la chirurgie », dit Scammmecsusen (2). Le nombre de germes qui se retrouvent dans l’eau portée à 400° est très restreint. D'après Miouur,, sur 1.000 bactéries, 99,5 p. 100 y sont détruites rapidement L'eau du Rhône, qui contient 33.000 germes par litre, en perd par ébullition 97 p. 100, le chiffre tombe à 941, d’après les recherches de Dor et Vixay (3). =

(1) GÉRARD (ouvrage cité, p. 8), a conseillé de contrôler la température des étuves, en introduisant dans de petits verres de montre un peu d'acide tartrique pulvé érisé qui fond à 170-180° en donnant une masse spongieuse.

(2) Ouvrage cité, p. 443.

(3) D’après SCHIMMELBUSCH, ouvrage cité, p. 144,

Du

On sait cependant que les recherches de Mique et LarrRAYE ont démontré qu'il ne fallait pas moins de cinq heures pour stériliser complètement un milieu de culture à 100°. Terrier et Morax ont constaté que l’eau déjà passée au filtre Chamberland devait être chauffée encore pendant une heure à l’ébullition, pour être complètement stérile (1).

Ces résultats et ceux déjà cités de GLomG, ne sont d’ailleurs pas en contradiction avec ceux qu'avait signalés Scnimuerusen. La seule différence est dans l'interprétation qui s'attache à ces résultats.

Pour certains auteurs, une stérilisation complète doit être exigée ; pour les autres, elle n’est pas absolument nécessaire, car les germes qui pourraient subsister ne sont pas pathogènes pour l’homme.

Ajoutons que l’ébullition prolongée d’un liquide à l'air peut avoir deux inconvénients : 1° celui de concentrer le liquide (il est vrai qu'on peut remédier à cet inconvénient en remplaçant par de l’eau stérile celle qui a été évaporée); 2° celui d'altérer dans certains cas la substance ainsi chauffée. |

Au lieu de chauffer le liquide lui-même, on peut utiliser indirectement la chaleur de l’eau bouillante, en ayant recours au bain-marie.

La stérilisation des solutions hypodermiques de l’ancien Codex se faisait au bain-marie bouillant.

« La stérilisation par l’eau bouillante, dit Gérarp (2), est « utilisable pour les appareils de verrerie, de porcelaine, et « pour les divers instruments; mais il est nécessaire que « l’ébullition soit maintenue une demi-heure et quelquefois « plus. Même dans ces conditions on ne réalise jamais une « asepsie absolue. » L'insuffisance de l’eau bouillante comme moyen de stérilisation provient de son degré de température relativement peu élevé ; mais elle dépend surtout de ce qu'on peut appeler La valeur de sa puissance calorifique ; toute puissance calorifique, ainsi que l'ont rappelé Rorerr et Leseurre, étant en proportion, pour une même température (100° par exemple), de la chaleur spécifique duliquide considéré (3), etde

(4) F. Terrier. De l'asepsie en chirurgie; Revue de chirurgie, t. XIV, p. 845.

(2) Ouvrage cité, p. 11.

(3) Quantité de chaleur nécessaire pour élever la température de 1°.

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la chaleur latente de vaporisation (1). L'importance de celle-ci est essentielle: il est bien évident que la quantité de chaleur totale nécessaire pour porter l'eau à 100° est inférieure à celle qui est nécessaire pour la porter à la mème température, mais à l’état de vapeur ; par conséquent la quantité de calorique restituée lors du refoidissement est plus grande dans le deuxième cas que dans le premier, ou, ce qui revient au même, l'eau bouillante «a une puissance calorifique et par conséquent un pouvoir stérilisant moins considérable que sa vapeur.

Nous avons vu pour quelles raisons la chaleur humide devait être préférée à la chaleur sèche en tant qu'agent stérilisant ; nous venons de voir comment et pourquoi l'eau bouillante a un pouvoir stérilisant inférieur à la vapeur.

En résumé, l'ébullition directe et le chauffage au bain-marie bouillant, pour être complètement efficaces, devront être prolongés au moins une heure ou deux (ce qui est long et coûteux), et, même dans ces conditions, n'assureront pas toujours une asepsie rigoureuse, dans le sens bactériologique du mot.

Est-ce à dire que l'ébullition doive être rejetée comme moyen insuffisant de stérilisation ? Certainement non. En dehors des cas où l’autoclave est absolument de rigueur (matériel et pansements pour la grande chirurgie, sérums artificiels à dose massive, injections intra-veineuses, solutions hypodermiques en ampoules destinées à une longue conservation), l'ébullition peut rendre de grands services; et d’ailleurs, n'estce pas le bain-marie bouillant pendant un quart d'heure, qu'indique le Codex de 1908, pour stériliser les solutions hypodermiques de caféine, morphine, cocaïne, etc.…, à défaut d'autoclave.

3° Vapeur.

A. — Vapeur à la pression ordinaire.

La vapeur d’eau à la pression ordinaire présente déjà, nous l'avons vu, un grand avantage sur le bain-marie bouillant ou l'ébullition. On peut utiliser les stérilisateurs de Kocn ou de BuppexserG- WiessxeG, où mieux encore l’autoclave ordinaire en laissant ouvert le robinet de l'appareil. On obtient ainsi

(1) Chaleur nécessaire pour transformer le liquide en vapeur, la température restant invariable.

AIT: Uri

rapidement (en une demi-heure), au moyen de la vapeur d'eau à 100°, une stérilisation suffisante dans la plupart des cas. Nous verrons ultérieurement que Taomanx a préconisé ce mode de stérilisation à l'exclusion des autres.

Pour réaliser cependant une asepsie parfaite on sera obligé de répéter au moins trois fois le chauffage; et encore, lorsqu'il s'agira d'objets de pansement, on ne sera pas absolument sûr du résultat. |

Avec la vapeur sans pression (à 100°) et les appareils du type LaurexscarGEer, la température ne pouvant dépasser 100°, est insuffisante, ainsi que l’ont démontré les expériences de Ter- RIER sur la ouate poussiéreuse (1). |

B. — Vapeur surchauffée, air chauffé.

La stérilisation par la vapeur surchauffée n’est guère applicable en pharmacie.

La vapeur d’eau surchauffée, on le sait, est de la vapeur chauffée & l’abri de son liquide générateur au delà de satempérature normale; elle ne doit donc pas être confondue avec la vapeur saturée sous pression, laquelle est en contact en vase clos avec son liquide générateur. L'action de la vapeur surchauffée est sensiblement identique à celle de l'air chaud, c'est-à-dire qu’elle est très inférieure à celle de la chaleur humide, et d'autant plus qu’elle est plus sèche.

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