C. R. Ac. Se., CXLVIIL, p
Journ. de Pharm. et de Chim., [6], XXX, 444; 1909.
MA; Ver
Les liquides plus ou moins colorés, les liquides troubles, ou imparfaitement limpides, contenant des substances en suspension, ete., ne sont pas stérilisables parce que les rayons n’y pénètrent pas. Une émulsion comme le lait, je l'ai dit plus haut, est peu perméable ; un milieu liquide, même limpide comme le bouillon, mais renfermant des substances colloïdes est peu perméable également. Au lieu d'atteindre 0,30 et plus, la pénétration des rayons n’y dépasse pas quelques fractions de millimètre (1). Il faut opérer sur des dilutions, ainsi que V. Hexni l’a fait pour la toxine tétanique ; ou, comme le même auteur l'a réalisé pour le lait, sur des couches extrêmement minces.
La lenteur et la difficulté de l’opération rendent ainsi la stérilisation onéreuse et peu pratique. Il en est de même pour La bière (2), le cidre (3), le vir (4).
En résumé, c’est surtout avec un liquide incolore et limpide, comme l’eau, que la pénétration des rayons est facile et la stérilisation complète pratiquement réalisable.
La question qui se posa d’abord fut de savoir si Fon ne devait pas attribuer l’action stérilisante des rayons aux produits antiseptiques formés par la décomposition du liquide irradié.
Tout d'abord se formait-1l des substances antiseptiques, et quelles étaient ces substances ?
Van AUEz, qui à étudié spécialement cette question, en a fait un court exposé bibliographique (5). C'est Lénarp qui, le premier, en 1900, avait observé la production d'ozone aux dépens de l'oxygène dans un tube de quartz sous l'influence de la lumière ultra-violette (6). Le fait fut confirmé par Gorps- TEN (1903), Recexer (1904), Franz Fiscner et Brœunmer (1906). ReGexEr montra même que la lumière ultra-violette n’agit pas seulement sur l'oxygène pour l’ozoniser, mais désozonise aussi l'ozone formé, de sorte qu'il se produit une sorte d’équilibre entre l'oxygène et l'ozone formé.
Mais un premier mémoire de Bornier et NoGier (7), et un
(4) Courmonr et NoGr. C. R. Ac. Sc., CXLIX, p. 364; 1909.
(2) CourMonr et NOGIER. Soc. méd. des hôpitaux de Lyon, 2 mars 1909.
(3) MauRAIN et WARCOLLIER. C. R. Ac. Sc., CXLIX, p. 155, 1909.
(4) V. HENRI et SCHNITZLER, C. R. Ac. Se. CXLIX. P. 312; 1909. MAURAIN et WaARCOLLIER, C. R. Ac. Sc., CL, p. 343; 1910.
(3) C. R. Ac. Se., CXLIX, p. 9833 4909.
(6) EpEr. Photochemie. 3e édition, p: 110, 1906.
(7) C.R. Ac. Sc., CXLVIL, p. 354; 1908.
second de Couruoxr, Noir et Rocraix (1), vinrent mettre en doute la formation d'ozone dans l'air irradié.
Fraxz Fiscuer (1909) (2), critiqua les expériences de ces auteurs ; et KerNsaum à son tour (3), constata la formation d'eau oxygénée dans l’eau irradiée, selon la formule suivante, probablement : 2 H?0—H?0? + H?.
E. Van Aus (4) fit observer que l'ozone ne se dissout pas dans l’eau, mais agit sur ce liquide pour donner de l’eau oxygénée, et il constata la formation d’ozone dans l'air irradié. Il employait une lampe munie d’un globe protecteur, dans l’intérieur duquel il plaçait une capsule contenant de l'huile d'olive (bon dissolvant de l’ozone). Il constata, après 2 heures 15, la décoloration de l'huile et la présence d’ozone. Dans de l’eau irradiée pendant 14 heures, Vax AuBeL constata la présence d'eau oxygénée.
Enfin, selon Lowsarp (5), il y aurait réduction des nitrates avec formation de nitrites sous l'influence de l'hydrogène (fourni par la réaction KerxsAUM), ce qui est en contradiction avec des conclusions antérieures de Courmonr, NoctEr et Rocaix (6) qui prétendent que les rayons sont sans action sur les nitrates de l’eau. Ces trois derniers auteurs n'ont pas trouvé non plus de différences notables quant aux dosages des matières organiques, de l'ammontaque et des nüitriles, entre l’eau irradiée et l’eau non irradiée (7). Toutefois ces expériences ne paraissent pas encore tout à fait concluantes.
Pour l'ozone en particulier, Kerxsaum a fait observer (8) que si Courmonr, Noter et Rocuaix n’en avaient pas trouvé dans leurs essais, cela tenait à ce qu’ils n'avaient pas assez prolongé l'exposition à la lumière, et que la quantité d’eau oxygénée ainsi formée avait été trop faible.
V. Henri et M'° Cernovopeanu ont essayé dans une série d'expériences de tirer la question au clair (9). [ls ont constaté que la quantité d’eau oxygénée formée dans l’eau en 30 minutes
) C, R. Ac. Sc., CXLIX, p. 160; 1909.
D'après Van AuBEL. OC. R. Ac, Sc., article cité.