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par la lampe Westinghouse-Cooper-Hewitt (220 volts) à 20°», est environ de 1/5 de milligramme par litre. Or, l’eau oxygénée n’exerce une action stérilisante, sur une émulsion de b. coli, par exemple, qu'à une concentration 400 fois plus forte. Cette même émulsion additionnée de la même quantité d’eau oxygénée et soumise ensuite aux rayons ultra-violets, on n'observe pas d'accélération dans l'action microbicide. Il en résulte que, selon les auteurs, ce n'est pas l’eau oxygénée produite qui cause la destruction des germes. D'ailleurs, la formation d'ozone dans l'air ou d’eau oxygénée dans l'eau est peu rapide, tandis que la stérilisation est généralement obtenue en quelques minutes.

Les mêmes auteurs constatèrent, en outre, que les différents microbes n'offrent pas tous la même résistance, que la température ne joue aucun rôle, mais que la distance du milieu irradié à la lampe a beaucoup d'importance, l’action bactéricide des rayons décroissant plus vite que le carré de la distance.

Les rayons Les plus actifs sont ceux qui ont une longueur d'onde inférieure à 0,28, c'est-à-dire ceux précisément’ qui sont absorbés par les protoplasmes des cellules (1).

Ainsi l’on peut considérer comme démontré que ce n'est pas à l’eau oxygénée ou à l'ozone produits qu'il faut attribuer l’action microbicide des rayons ; mais quel est alors le mécanisme de cette action ?

Courmont et NoGier (2) avaient déjà signalé au Congrès de l'Association française (Clermont-Ferrand, 1908), qu'une ce/lule végétale cesse de vivre après être restée quelques instants exposée aux rayons ultra-violets. Elle n’assimile plus, elle perd de sa turgescence, et les organes floraux surtout semblentatteints.

Si les cellules microbiennes sont plus fragiles encore que les cellules des végétaux supérieurs, cela tient probablement à ce qu’elles sont plus petites, plus isolées et dépourvues de la chlorophylle qui constitue un écran protecteur. |

RaysauD (3), après avoir rappelé les expériences antérieures de Tarrenxer et Herrez sur la nocivité de certaines radiations, a exposé le résultat de ses recherches sur les champignons : Phycomyces nitens, Rhizopus nigricans, Sterygmatocystis

(1) On emploie souvent comme unité, au lieu du y ou millième partie du millimètre, l’unité Angstrôm ou millionième partie du millimètre.

(2) Arch. d’Elect. méd., Bordeaux, p. 605 ; 1908.

(3) C. R. Ac, Sc., CXLIX, p. 634; 1909. AR THAT

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nigra. Utilisant une lampe en quartz à vapeur de mercure (220 volts, 3 à 5 ampères), il constata, en projetant le spectre de la lumière uitra-violette sur les cultures, que les champignons y dessinaient un spectre biologique coïncidant sensiblement avec le spectre photographique. Il observa que l’action de nocivité semblait proportionnelle à l’action chimique sur le papier aux sels d'argent, la zone 0,3030 à 0,2480 étant la plus active. Il y avait cependant, en allant vers les extrémités du spectre, des différences dans les deux sortes d'action, et Ray- BAUD observa que les radiations de grande longueur d’onde (relativement), 0,3130 (ultra-violet) à 0,4350 (violet), ne sont plus nocives sur les champignons, mais impressionnent encore le papier-citrate.

Maquexxe et Demoussy (1), utilisant une lampe Yeraeus (110 volts, 3 ampères), ont étudié, à leur tour, l’action des rayons ultra-violets sur la végétation des plantes vertes, et ont observé la mort rapide des cellules végétales; toutefois cette action serait surtout superficielle et ne s’exercerait pas dans la profondeur des tissus; les feuilles par exemple noirciraient ou changeraient de pigmentation. Les tissus animaux eux-mêmes ne sont pas insensibles à la lumière ultra-violette, notre épiderme et nos yeux (2), en particulier, la supportent très mal (coup de soleil électrique, conjonctivites).

L'action des rayons semble donc s'exercer à la fois sur l’épithélium des végétaux supérieurs, l’épiderme des tissus animaux et les microorganismes ; le degré d'action, seul, varie par suite de la résistance opposée par ces différents tissus. Suivant RaysauD, Hertez le premier, a démontré que l’action nocive des rayons n’est pas due, comme on pourrait le croire, aux modifications chimiques apportées dans le milieu nutritif par l'irradiation.

(4) C, R. Ac. Sc., CXLIX, p. 756; 1909.

(2) MoxriLLarp a constaté (Société ophtalmologique, séance du 5 avril1910) que, même sous une épaisseur de 8 millimètres, une glace blanche laisse encore filtrer un certain nombre de rayons ultra-violets. Les verres bleus et les verres fumés, les verres jaunes peu teintés sont également d’insutfisants protecteurs pour les yeux. Il faut employer des verres jaunes de teinte 4 au minimum, ou des verres Euphos (à partir de la teinte 2), ou. encore de préférence les verres à l’Esculine. Ces derniers ont l'avantage d'être incolores, de permettre ainsi la perception des couleurs et de ne rien diminuer de l’acuité visuelle. En associant les verres à l’esculine au verre fumé, on peut d’ailleurs, si on le désire, atténuer l’ensemble des radiations visibles du spectre,

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J'ai rappelé plus haut que Dreyer et Haxssex, en 1907, avaient déjà observé l'effet coagulant des rayons de la lampe de Bang sur les albuminoïdes.

Rayeaun (1) renouvela ces expériences, mais cette fois avec la lumière de mercure, sur les albumines de pois, de haricot, sur la gélatine et le blanc d'œuf. Il constata que les radiations de longueur d’onde inférieure à 0,3030 surtout, provoquaient cette coagulation, qui ressemble d’ailleurs à la coagulation ou fixation produite par la chaleur.

Quand on fait agir ces deux agents : chaleur ou lumière ultra-violette, sur des champignons par exemple, on observe une contraction du protoplasme, qui devient granuleux; mais dans le cas des rayons ultra-violets, le retrait est si prononcé que la membrane albuminoïde interne se sépare de la membrane cellulosique externe, et qu’il se forme ainsi une sorte de cordon plasmique rempli de noyaux, entouré d'un manchon de liquide hyalin et inactif.

Toutetois, même dans ces conditions, le champignon peut encore continuer à se développer.

Il est impossible d’arriver à un résultat tout à fait semblable avec la chaleur, car sans doute dans ce cas, certaines réactions chimiques indispensables à la vie de la cellule, sont arrêtées avant que l’on ait atteint la température où se produit cette différenciation. Dans tous les cas, l'effet général des rayons, comme de la chaleur, consiste en une fixation des albuminoïdes correspondant à la mort du protoplasme.

La membrane albuminoïde de la cellule; “étant très vite coagulée par la lumière ultra-violette, arrête les communications biologiques que les parties les plus internes du végétal, restées encore momentanément vivantes, avaient avec le dehors, et cela explique l'absence de plasmolyse observée par Maquexxe et Demoussy chez les plantes irradiées.

V. Henri et M'* Cerxovopeanu (2) ont étudié aussi en détail l’action microbicide des rayons ultra-violets. Leurs expériences ont porté sur des émulsions aqueuses de microorganismes et aussi sur des préparations desséchées sur lames, en comparaison avec des préparations du même genre fixées par l'alcool ou par la chaleur. La moitié seulement de la lame était irra-

(1) De l'influence des radiations ultra-violettes sur le protoplasme. €, R. Soc. Biol., LXVIIL, p. 381 ; 1910.

(2) C. R, Ac. Se., CL, p. 729, 1910.

CUS diée, l’autre moitié était recouverte avec un carton noir ou um écran de verre. Les auteurs observèrent ainsi à l'ultra-microscope que le protoplasme devenait brillant et granuleux, et que ces changements correspondaient à un début de coagulation analogue à celui de l’albumine de l'œuf ou de l'albumine du plasma sanguin.

Les microbes (bacille typhique, coli, staphylocoque, b. dm charbon, du tétanos, b.de Koch, spirilles, amibes, trypanosomes, levures, infusoires, globules blancs ou rouges, etc.), sont fixés sous l'influence assez prolongée des rayons ultra-violets (4).

Les microbes qui ont été exposés aux rayons prennent mal les colorants ; et même, si l’action a été prolongée, ne se colorent plus du tout. En revanche, certains éléments (spores) qui, normalement, ne se coloraient pas sans mordançage préalable, prennent les colorants directement après avoir été irradiés. De même, les bacilles qui prenaient le Gram ne le prennent plus après avoir subi l’action des rayons. En résumé, comme on le voit, ces derniers produisent dans le protoplasma des transformations chimiques et physiques importantes qui modifient complètement les réactions de coloration ; or, la chaleur, l’eau oxygénée et les fixateurs ordinaires ne produisent pas de modifications semblables (2).

V. Henri et M''° Cernovopganu (3), ont démontré que l’action abiotique des rayons est surtout marquée à partir des radiations 0,2800 et 0,2900; les rayons de longueur d'onde inférieure à cette limite sont donc nettement incompatibles avec la vie; or, j'ai dit plus haut que la terre ne recevait pas ces radiations; il est à présumer que la vie, telle que nous la concevons du moins, serait impossible s’il en était autrement.

La lampe à vapeur de mercure ne constitue pas, nous l’avons dit, la seule source de rayons ultra-violets : l'arc électrique à charbons (utilisé dans les appareils médicaux :

(1) Il est à remarquer que les rayons n’influencent pas également tous les microorganismes : amibes, infusoires, bactéries ; aussi pourrait-on les employer à des séparations microbiennes; d’antre part l’action sur les ferments est moins rapide que sur les germes : d’où la possibilité de détruire ceux-ci sans atteindre ceux-là.

(2) Bornier et Horann (C. R. Ac. Sc., CL, p. 634, 886; 1910) ont constaté également la suppression des mouvements chez les trvpanosomes, et la granulation de leur protoplasme qui devient transparent et hyalin après l'irradiation. :

(3) C. R. Ac. Sc., CL, p. 549; 1910.

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Fixsen, LORTAT-GENOUD, Mare, etc.), fournit une lumière assez voisine de la lumière solaire; l’are électrique à électrodes de fer (appareils de BaxG, Broca-Cnamix) est plus riche en ultraviolet, l’effluve électrique préconisé par Lenuc également.

Récemment, En. UrpBaix, Scaz et Feice (1) ont réalisé un arc très riche en radiations comprises entre 0,1860 et 0,2900 en employant comme mèche des charbons : un mélange de charbon et d’alumine.

Bizcox-DaGuerRe (2) prétend avoir de son côté obtenu une source de rayons de très courte longueur d'onde. Suivant l’auteur, la région du spectre comprise entre 0,1030 et 0,1100 comprend des radiations dont l’action chimique est 25 fois supérieure à celle des rayons ultra-violets de la lampe à mercure. On sait que certains gaz (CO, CO*, SO*, H°S) donnent des spectres riches en bandes dans la région comprise entre 0,2000 et 0,1000, c'est-à-dire riches en radiations puissamment photochimiques. En illuminant dans des tubes de quartz (au moyen d’un courant induit par exemple) certains de ces gaz raréfiés, on obtiendrait, suivant l'auteur, un rendement très supérieur à celui des lampes à vapeur de mercure. L’auteur a donc utilisé comme gaz l’Aydrogène, et comme courant induit celui d’une bobine de Rhumkorff reliée au secteur, ou à une série de trois accumulateurs.

La supériorité de cette source de rayons ultra-violets sur la lampe à mercure tiendrait à ce que, dans cette dernière, 20 p.100 seulement de l'énergie électrique sont utilisés pour fournir de l’ultra-violet; le reste produit inutilement des rayons visibles non abiotiques.

Au contraire, la presque totalité de l'énergie dans la lampe Biccon-DaGuErRE servirait à la production de rayons invisibles de très courte longueur d'onde et puissamment bactéricides.

Malheureusement, ScHumanx a constaté que l’eau, sur un centimètre d'épaisseur, et le quartz lui-même, ne laissent pas passer de radiations inférieures à 0,1820. Il en résulterait donc qu'il est inutile de chercher à obtenir des radiations de longueur d'onde inférieure à 0,1850 (3).

SCHUMANN à calculé également la perméabilité de l’air : un millimètre d’air absorbe toutes les radiations au-dessous de

(1) C. R. Ac. Sc., CL, p. 548; 1910.

(2) C.R. Ac. Se. CXLIX, P. 7810: 1909; et CL, p. 79; 1910. (3) D’après Urbain, Scal, Feige tartiele 'eité).

0,1650 ; 20 centimètres absorbent en partie les radiations inférieures à 0,1930, — cela explique la nécessité de faire agir la lampe à une faible distance du milieu à stériliser.

Une autre précaution à prendre sera de vérifier la qualité des lampes qu'on emploie (1)

La conclusion générale que l’on peut tirer de l'ensemble de ces travaux est que les rayons ultra-violets constituent une source précieuse d'énergie applicable, et d’ailleurs appliquée déjà, en médecine ; d'autre part, elle est sans doute appelée par ses propriétés abiotiques à être utilisée à la destruction des germes. Pour l’eau des villes en particulier, Pemploi des rayons ultra-violets semble présenter de réels avantages sur le procédé de filtration actuellement en usage. V. Henri a pu récemment, avecses collaborateurs, réaliser la stérilisation de grandes quantités d’eau (2). Dansles ménages également, la lampe à mercure semble devoir constituer un appareil commode, pas trop coûteux et d’une grande efficacité.

Quant aux autres applications; elles ne paraissent pas devoir sortir du laboratoire, du moins à l'heure actuelle.

Action des rayons ultra-violets sur les solutions pharmaceutiques.

J'ai voulu expérimenter l’action des rayons ultra-violets sur un certain nombre de solutions assez fréquemment employées en pharmacie (3). J'ai eu pour cela recours à la lampe Cooper- Hewitt (société Westinghouse), (3 ampères, 4110 volts, fabriquée à Paris.

Je me suis proposé de répondre aux deux questions suivantes:

4° Les rayons ultra-violets pénètrent-ils dans les liquides examinés aussi bien que dans l’eau ; ou mieux: quelest le degré de perméabilité de ces diverses solutions?

- 2° Le passage des rayons au travers de ces liquides produit-il une altération quelconque des substances en solution?

(4) Bornier (Bull. et Mém. Soc. de Radiol., p. 47, février 1910) a proposé d'évaluer la quantité de rayons ultra-violets par le poids d'argent réduit dans une solution décinormale d'azotate d’argent; en pratiquant ces évaluations, il a observé que les lampes en quartz à vapeur de mercure ne sont pas inusables; elles laissent, au bout d’un certain temps, passer les rayons en moins grande quantité.

(2) C.R. Ac. Sc., CL, p. 932; 1910.

(3) Ces résultats ont été communiqués à la Société dè Pharmacie, dans la séance du 4 mai 1910.

a) Pour une-durée faible d'action lumineuse (1 à 5 minutes).

b} Pour une durée prolongée (15 à 30 minutes) (1).

Ces altérations sont possibles à priori, soit qu'on les attribue à l'action chimique propre aux rayons, soit qu'on admetie la formation secondaire, aux dépens de l'air et de l’eau, de traces d'ozone, d’eau oxygénée ou d'hydrogène (Kernbaum).

4° Pénétration. — Nous avons effectué la comparaison, au point de vue des rayons, entre l'eau distillée et les divers liquides, au moyen de deux petits récipients de même capacité et constitués tous deux par un anneau de verre collé sur une lame de quartz. Ces petits récipients sont disposés côte à côte sur une feuille de papier sensible au citrate d'argent (mat). On introduit l’eau distillée dans l’un, le liquide à essayer dans Fautre, et on expose aux rayons pendant un temps déterminé; la teinte prise par le papier sert à l'évaluation colorimétrique de la perméabilité.

Lorsque la teinte obtenue après 15 secondes n’est pas semblable de deux côtés, si elle est par exemple plus foncée sous le récipient d’eau distillée que sous celui du liquide essayé, on peut en conclure que les rayons photochimiques de la lampe de quartz traversent beaucoup mieux l’eau distillée que l’autre liquide. En recouvrant d'un carton noir le récipient d’eau distillée, et en continuant à laisser agir les rayons sur l’autre récipient Jusqu'à ce que la teinte du papier devienne comparable à celle qu'il avait prise sous l’eau distillée en 15 secondes, on obtient une évaluation colorimétrique assez précise de la perméabilité.

Si le temps nécessaire est de 30 secondes, on peut en déduire que la perméabilité est deux fois inférieure à celle de l'eau, etc.

Si le papier reste blanc, c'est-à-dire n’est pas impressionné du tout, nien 15 secondes, ni même en un temps plus long, cela signifie que le liquide est imperméable et arrête complètement les rayonsau passage.

H n’y à pas, à la vérité, de proportionnalité absolue entre l’action photochimique et l'action bactéricide. Les tracés gra-

(1) Nous n'avons pas, dans cette série d'expériences, prolongé davantage la durée de lirradiation, parce que la stérilisation, quand elle est pratiquement possible, est assurée en un temps très court, et que la décompo-

sition, pour un temps trop long, pourrait être attribuée à d’autres facteurs que la lumière,

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phiques représentant ces deux sortes d'action sont de même sens, mais ils ont une courbure différente.

Sans vouloir exprimer cette double action avec une rigueur mathématique, on peut cependant se l’imaginer grossièrement de la facon suivante.

Si l'on porte en abcisse les longueurs d'onde des diverses radiations (comprises entre 4000 et 2000 unités Angstrôm) —et en ordonnée : l'intensité d'action photochimique ou l'intensité d'action bactéricide (1), on obtient deux courbes présentant à peu près l’aspectsuivant.

Comme on le voit, la courbe d'action bactéricide s'élève très rapidement au-dessous de 3000 unités A {vers 2800),tandis qu'elle reste presque horizontale jusqu’à cette limite; au contraire, la courbe d’action photochimique croît assez régulièrement dès la radia- 4° 300 28 0 tion 4000. Il en résulte Fig. 4.

que certains rayons, | (vers 3000), peuvent avoir une action photochimique suffisamment nelte, tout en ne possédant qu'un pouvoir bactéricide excessivement faible; et que par contre, les rayons ultraviolets de courte longueur d'onde (au-dessous de 2800) peuvent exercer une action bactéricide très intense, sans que

(1) On peut séparer les diverses radiations ultra-violettes au moyen d'écrans; c’est ainsi que V. Henri (C. R. Ac. Sc. 1910, 28 février, p. 549), s’est servi d’un écran de viscose pour ne laisser passer que les radiations comprises entre 4.000 et 2.534, d’un écran d’acétate de cellulose pour laisser agir les radiations entre 4 000 et 2.804, d’un écran en verre blanc de 4mm pour celles comprises entre 4.000 et 3.022, et en verre euphos pour celles comprises entre 4.000 et 3.908.

L’intensité photochimique peut s’évaluer de différentes manières, par exemple : d’après la quantité d’argent réduite dans une solution de nitrate d'argent en un temps déterminé, pour une surface et une épaisseur déterminées; ou bien encore d’après une échelle chromométrique réalisée au moyen de papier au ferrocyanure de potassium ou au citrate d’argent.

L'intensité bactéricide peut s’évaluer approximativement d’après l'action produite en un temps donné sur un liquide-type contenant un nombre déterminé de bactéries semblables.

leur pouvoir photochimique soit très notablement accru (1).

Il résulte de ces données, qu'en présence d'une action photochimique accentuée, on peut conclure à une action bactéricide certaine, mais que pour une action photochimique modérée, l’action bactéricide est le plus souvent peu sensible. On verra plus loin que mes expériences personnelles sont tout à fait d'accord avec cette manière de voir :

Je vais indiquer maintenant les résultats que j'ai obtenus au point de vue de la perméabilité des divers liquides examinés.

Je classerai ceux-ci en quatre groupes principaux : (2)

1° Les solutions de cacodylate de sodium (3), de sublimé, de nitrate d'argent, de glycérophosphate de calcium, d'aucubine, de chlorkydrate de pilocarpine, de benzoate de mercure, et les sérums Chéron et Huchard, sont pénétrés par les rayons à peu près aussi bien que l'eau distillée elle-même.

2 Les solutions de cklorhydrate de cocaïne, de chlorhydrate de morphine, et de cacodylate de gaïacol sont environ trois fois, et les solutions d'arbutine et de méthylarbutine environ cinq fois moins perméables que l'eau distillée.

3° Les solutions d'adrénaline, de gentiopicrine, d'atoxyl, de salicylate.d'ésérine et de chlorhydrate d'apomorphine (toutes incolores), celles de caféine (légèrement. colorées), ainsi que l’Auile d'olive (lavée à l'alcool ou non) sont de cinq à dix fois moins perméables que l'eau distillée.

Les rayons ultra-violets sont donc en partie arrètés par les substances des groupes ? et 3%; nous verrons plus loin qu'il y a, en outre, pour certaines, une altération chimique correspondante.

Quand il s’agit de ces solutions peu perméables, on peut obtenir une action photochimique suffisante en augmentant la durée de l'irradiation, mais il n’est pas démontré, ainsi que je l'ai expliqué plus haut, que l'effet bactéricide obtenu soit suffisant, et l’on court le risque, dans ces conditions, d’accentuer la décomposition chimique. |

IL est préférable de diminuer l'épaisseur de la couche irra-

(1) Aucun ouvrage n'ayant encore paru sur cette question d'actualité, je me contente d'indiquer les grandes lignes du phénomène, sans viser à aucune précision d'ordre mathématique. Ces indications m'ont été aimablement fournies par V. HENRI.

(2) Par suite de la hauteur des récipients : mes essais de pénétration n'ont pu être faits que sur une épaisseur de {4em,

(3) Le titre de chacune de ces solutions sera indiqué plus loin au paragraphe : Altération.

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diée; avec l'huile d'olive par exemple : la pénétration des rayons s'effectue assez bien pour une épaisseur de deux ou trois millimètres.

On n'a pas oublié d’ailleurs que V. Hexrr et Sroner, ne sont parvenus à stériliser le lait qu'en opérant sur des nappes excessivement minces.

On peut aussi obvier à la faible perméabilité de certains liquides à l'égard des rayons en les diluant (1). C'est ainsi que Courmoxr et No&ier, faisant agir la lampe de Kromaver sur de la toxine tétanique, même pendant un temps prolongé, n'avaient pas observé d’atténuation notable, tandis que V. Hexn et M''° CerNovopeanu, diluant cette même toxine avecune solution de chlorure de sodium à 8 p. 1000, obtinrent aisément sa destruction. À

Toutefois, il est bien entendu que le liquide servant à la dilution possède une influence capitale, il faut qu'il soit lui-même très perméable, ce qui est le cas de l’eau ou de la solution chlorurée; si la toxine au contraire était diluée avec du bouillon, milieu peu perméable, l'action des rayons demeurerait à peu près nulle.

4° Les solutions de bisulfate et de bichlorhydrate de quinine, de biiodure de mercure et de méthylarsinate de fer (très colorée), sont à peu près imperméables. L’absorption:.des rayons est presque totale. à

2° Altération. — Pour me rendre compte des altérations causées par les rayons ultra-violets, J'ai introduit dans des petits cristallisoirs non couverts, de 5 ou 6°" de diamètre, les solutions à essayer. La source lumineuse était à 13°" de distance environ, et l'épaisseur de la couche exposée variait de un demi centimètre à deux centimètres et demi. Il est à noter que l’action de la lampe n’élève pas sensiblement la température des liquides; au bout de 30 minutes celle-ci atteint seulement 35 à 40°.

Ajoutons qu’il est possible de maintenir la température à 15° environ, en immergeant les récipients exposés aux rayons dans de l’eau courante froide pendanttoute la durée de l'irradiation.

4° Solution de chlorhydrate de cocaine (à 2 p. 100) (2): — 3 essais : 4’, 45’, 30’. Epaisseur de la couche irradiée : 2°.

(1) Avec l’huile il va sans dire que le procédé est inapplicable. (2) Le titre indiqué pour chacune de nos solutions n’est qu'un titre

approché; les pesées ayant été faites au simple trébuchet.

Le témoin consiste én üne autre partie de la même solution, non soumise à l’action lumineuse,

Les trois échantillons irradiés, examinés comparativement au témoin, ne présentaient aucune altération appréciable : ni odeur, ni coloration, ni précipité.

Au polarimètre, la déviation était de — 2°54 pour les quatre échantillons (I — 22cm),

20 Solution de chlorhydrate de morphine (à 2 p. 100). — 3 essais : 1”, 45’,

|. Epaisseur de la couche irradiée : 2em,

ne 4°: pas de coloration appréciable; après 45° : coloration jaunâtre à peine sensible ; après 30° : très légère coloration jaune.

Au polarimètre, pour les 3 essais et le témoin : la déviation était identique (— 3°46').

3° Solution de chlorhydrate d'adrénaline (à 1 p. 1000). — 2 essais : 1, 30’. Epaisseur : un 1/2 centimètre.

Après 4° : rien d’appréciable ; après 30° : coloration nette.

J'ai effectué l’irradiation des solutions de chlorhydrate de morphine et d’adrénaline en présence d’un excès d’acide. Celui-ci n’a produit qu'un léger retard dans altération.

4° Solution de chlorhydrate d'apomorphine (à 0,5 p. 100). — 3 essais : 4’, 3", 45’. Epaisseur : un 1/2 centimètre.

En 1°: pas de coloration appréciable; en 3°: teinte verte très légère; en 15°: coloration verte assez prononcée.

50 Solution de salicylate d'ésérine (à 0,5 p. 100). — 3 essais : 4’, 3", 15”. Epaisseur : un 1/2 centimètre.

En 1°: pas de coloration appréciable, en 3’ : teinte rose très légère, en 15": teinte rose nette.

Je ferai remarquer d’ailleurs que deux échantillons de ces solutions (ésérine, apomorphine), avaient été abandonnés à l'air, mais à l'obscurité, dans des petits cristallisoirs; or, au bout de 30° : aucune coloration ne s'était manifestée dans chacun de ces deux liquides. Deux échantillons identiques ne s'étaient pas colorés non plus en une 1/2 heure à la lumière diffuse.

6° Solution de chlorhydrate de pilocarpine (à 1 p. 100). —2 essais: 1', 30. Epaisseur 2cm.

Aucun changement dans la déviation polarimétrique : + 1°56 (tube de 22:%); aucune altération appréciable à l'œil.

7° ét 80 Solutions de bisulfate et de bichlorhydrate de quinine (5 p. 100). — Ces deux solutions étaient très légèrement colorées.

2 essais : 1’, 5’, Epaisseur : 1cm,

Aucun changement notable dans la coloration. Pour les essais polarimétriques, j’ai utilisé les solutions à 1 p. 100 (à peu près incolores).

8° bis Solution de bichlorhydrate de quinine (à 1 p. 100). — 2 essais : 45’ 30. -— Epaisseur : 2c, Aucun changement appréciable au polarimètre (— 3°56').

9° Solution d'arbutine (à 1 p. 100). — 3 essais : 4”, 15/, 30°. Epaisseur : s 2e. La solution, incolore avant Lirradiation, a légèrement j jauni au bout de 45

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mais la déviation observée au polarimètre est restée sensiblement identique à celle du témoin : — 1916,

9° bis. Solution de méthylarbutine (à 1 p. 100). — 3 essais : 1’, 15’, 30. Epaisseur : 2cu,

La solution, incolore avant l’irradiation, a pris au bout d’une 1/2 heure une teinte jaunâtre à peine sensible,

10° Solution d'aucubine.{à 1 p. 100). — 4 essais : 5’, 15’, 30/, 40’. Epaisseur : 20m, :

La solution ne s’est pas colorée, même après 40’; et la déviation polarimétrique n’a pas été sensiblement modifiée (— 3°26/).

11° Solution de gentiopicrine (à 1 p. 100). — 4 essais : 5’, 15’, 30° 40°. Epaisseur : 2m,

La solution ne s’est pas colorée, même après 40’, et la déviation polarimétrique est restée identique à celle du témoin (— 3°38/).

120 Solution d'atoxyl (à 10 p. 100). — 3 essais : 1/, 5’, 15". Epaisseur : 2°m, Après 1’ : pas de coloration, après 5° : coloration jaune légère, après 15°: coloration jaune nette.

13° Solution de cacodylate de sodium (à 5 p.100). — 2 essais : 1', 30’. Epaisseur : 20m.

Aucune modification ne s’est produite, et l'essai indiqué au Codex de 1908, a donné des résultats identiques pour les deux échantillons et le témoin.

140 Solution de cacodylate de gaïacol (à 1 p. 100). — 4 essais : 1°, 5", 15’ 30". Epaisseur : 1° 1/2. $

Pour les deux premiers échantillons : pas d’altération appréciable; pour les deux derniers : légère coloration.

45° Solution de méthylarsinate de fer (à 5 p.100). — 2 essais : 1”, 30°. Epaisseur : 1cv.

La solution, très netement colorée en rouge, le devient davantage encore. après 30’.

- 16° Solution de caféine (25 p. 100), et benzoate de soude (35 p. 100), — 2 essais : 1’, 5’. Epaisseur : 2en.

Je n’ai pas observé d’accentuation sensible de ia coloration.

170 Solution de biiodure de mercure et d'iodure de sodium (aa 2 p. 100). — Mêmes observations que pour la solution de caféine.

18° Solution de benzoate de mercure (2 p. 100) et de chlorure de sodium (2,5-p- 100). — 3 essais: 1°, 5’,15”. Epaisseur :2cm, Ni coloration, ni précipité : aucune altération appréciable.

190 Solution de bichlorure de mercure (à 4 p. 100). — 3 essais : 1’, 15", 30° Epaisseur : 2cm 1/2. } Ni coloration, ui précipité, ni changement dans le dosage.

20° Solution de glycérophosphate de calcium (à 100). — 2 essais : 1”, 5°. Epaisseur : 2cm,

cn O A Le

Ni dissocialion, ni changement de réaction; les solutions irradiées répondent toujours aux essais de pureté du Codex.

210 Solution. d'azotate d'argent (à 1 p. 100). — 2 essais : 1’, 5. Epais- SOUL CES ;

Après 4’: pas d’altération; après 5’ : réduction appréciable (coloration brune).

220 Sérum de Huchard (1). — 2 essais : 1°, 30’. Epaisseur : 2°®. Aucun précipité, aucune différence dans le dosage des chlorures, phosphates, sulfates.

230 Sérum de Chéron. — Mêmes observations que pour le sérum de Huchard.

24° Huile d'olive lavée à l'alcool. — 2 essais : 1’, 30’. Epaisseur : 1/2°®.

En 1° : aucune altération appréciable, en 30° : décoloration de l'huile très prononcée. J'ai effectué la recherche des indices dans l'huile irradiée pendant 30° et dans l’huile témoin (non exposée aux rayons) :

HUILE TÉMOIN HUILE IRRADIÉE RATE LA Re D TOR DO CE OS . 054,83 84,58 Indice d'acidité (en ac. oléique)........... 0,90 p. 100 0,93 p. 100 Tidicé de saponification 57,0. 193,67 195,65

Comme on le voit, les écarts sont très faibles et pourraient presque rentrer dans la limite des erreurs d’expérience, si l'indice d’acidité, étant donné la précision de ce dosage, n’était pas cependant en légère augmentation après une irradiation prolongée.

25° Huile d'olive non lavée. — 2 essais : 1’, 30’. Epaisseur : 1/2cm.

En 1": rien d’appréciable; en 30’ : décoloration assez notable. Les indices n'ont pas été calculés.

Au sujet de l’huile lavée, je ferai remarquer qu’elle présente encore une

acidité appréciable; le lavage à l'alcool n’avait donc pas été tout à fait assez prolongé.

- En résumé: {1° Il y a altération pour l'azotate d'argent, le salicylate d'ésérine, le chlorhydrate d'apomorphine, l'adrénaline, l'atoxyl, qui se colorent pour moins de 5 minutes d’irradiation.

Des essais témoins, nonirradiés, maintenus à l’air, à l'obscurité et même à la lumière diffuse, pendant le même temps, ne subissent aucune altération.

2° Pour les solutions de chlorhydrate de morphine, d'arbutine, de cacodylate de gaïacol, l’altération se traduit, pour une durée d’exposition un peu plus prolongée (15 à 30’), par une très légère coloration (sans modification au polarimètre pour les

(1) Pour les formules des sérums, voir au paragraphe des sérums artificiels. .

NU

deux premières substances). Pour 1 ou 2’ d'irradiation : les solutions restent incolores.

3° Avec les solutions de chlorhydrate de cocaïne, benzoate et bichlorure de mercure, cacodylate de sodium, glycérophosphate de calcium, bichlorhydrate de quinine (à 1 p. 100) chlorhydrate de pilocarpine, et les sérums Chéron et Huchard, 1 n’y a aucune altération appréciable après 30’ d’irradiation, ainsi que l'établissent, suivant les cas, l'examen polarimétrique, les réactions ou dosages, l'absence de coloraton ou de précipité.

4° L'huile d'olive se décolore notablement après 30’ d’irradiaton, mais les écarts trouvés pour les indices d’acidité, d'iode et de saponification sont très minimes, et l’altération demeure presque infinitésimale (acidification très légère).

5° Avec nos solutions de glucosides: aucubine et gentioptcrine, après 30° d'irradiation, je n'ai observé aucune modificaüon ni de la teinte ni de la déviation polarimétrique (1).

Conclusions.

Nous avons vu que les travaux de ces dix dernières années avaient définitivement établi l’action nocive des rayons ultraviolets sur les microorganismes, bactéries, trypanosomes, champignons ou moisissures, plantes vertes, etc..…., et d’une façon générale sur tous les protoplasmes vivants.

Nous avons vu que l’action de ces rayons, que DASTRE à nommés abiotiques, avait été observée sur les bouillons de culture, les toxines, les ferments, et qu'après avoir constaté leur effet coagulant sur certaines matières albuminoïdes, on avait rattaché à cet effet le mode d’action des rayons sur les protoplasmes. Le procédé, nous l'avons vu, n'est guère applicable à l'heure actuelle à la stérilisation des solutions employées en pharmacie, mais il était intéressant de savoir dans quels cas et dans quelles conditions il pourrait le devenir.

Je me propose, d’ailleurs, de répondre ultérieurement à cette troisième question : L'action des rayons ultra-violets, suffisamment prolongée, peut-elle servir efficacement à une stérilisation

(1) DREYER et HANSseN (C. R. Ac. Sc. CXLV, p. 56#; 1907), opérant avec la lampe de Bang à électrodes de fer, ont observé pour un éclairage très prolongé un dédoublement de la saponine et de la cyclamine. Je dirai un peu plus loin les résultats que j’ai obtenus après une irradiation prolongée de l’aucubine et de la gentiopicrine.

mm.

intégrale aussi rigoureuse que celle qu'on obtient à l’autoclave, des liquides pharmaceutiques, et notamment des solutés injectables ?

IL est permis de le supposer, tout au moins pour une durée d'irradiation suffisante, et pour les liquides dont la perméabilité aux rayons est analogue à celle de l'eau.

Le grand inconvénient du procédé, à l'heure actuelle, consiste dans l'impossibilité de stériliser les solutions en vases clos (par exemple en ampoules scellées), le verre absorbant les rayons ultra-violets de courte longueur d'onde, c'est-à-dire précisément les rayons les plus actifs.

On peut bien imaginer un dispositif spécial permettant le remplissage des ampoules par le vide au sein de la solution stérilisée, ou encore le {ransvasement aseptique des liquides dans les flacons appropriés, mais il faudra opérer au préalable la stérilisation des récipients à l'autoclave.

Sans préjuger de la valeur d’une stérilisation ainsi pratiquée, on voit, d'après ce qui précède, que l’action bactéricide des rayons ultra-violets, qui se produit sans élévation de température, serait susceptible de rendre d’utiles services pour la stérilisation des substances dissociables par la chaleur (glycérophosphates) ou très oxydables,surtout à chaud (morphine, adrénaline), ou hydrolysables à l’autoclave sous l'influence de l’alcalinité des récipients (cocaïne, atropine, etc.), ou précipitables par le plomb (chlorures), la chaux (phosphates), ou encore l’alcali (sels de mercure, sels d’alcaloïdes), abandonnés par les verres aux températures élevées.

Il en serait de même pour la stérilisation des eaux minérales, puisque les rayons respectent les carbonates et Les bicarbonates.

Pour les autres substances, facilement stérilisables à l’autoclave, le procédé présénterait moins d'intérêt; toutefois il aurait encore l'avantage d’être très rapide, si l'on s’en rapporte aux résultats déjà obtenus avec l’eau (1).

Il existe malheureusement certaines substances dont la sté rilisation par l’ultra-violet semble impraticable, soit qu’elles arrêtent les rayons, soit qu’elles soient, par eux, trop rapidement décomposées; ce sont par exemple : les solutions de sels de quinine, de biodure de mercure, d’atoxyl, d'éserine, d’apo-

(1) On se rappelle qu’une épaisseur d’eau de 30cm est stérilisée complètement en 1’,

Ke

morphine, de gentiopicrine, les solutions opaques et plus ou moins colorées, les préparations insolubles (huile grise, huile au calomel) et même les so/utions colloïdales. Toutefois, nous l'avons vu, V. Hexri et Sroper ont pu stériliser le Zaër en opérant sur des nappes excessivement minces, et nous savons que BariLié (1) à préconisé également ce mode de stérilisation qui présenterait au moins, entre autres avantages, celui de ne pas précipiter les carbonophosphates contenus dans le lait.

J'ajouterai que l’on peut aisément se rendre compte dans certains cas de la non perméabilité d’une solution: lorsque la zone liquide superficielle présente sous les rayons une fluorescence assez marquée, on peut être assuré qu'il y a dans cette zone absorption des rayons.

Au point de vue de la stérilisation, j'ai pu, quant à moi, réaliser l'expérience suivante: J’ai ensemencé largement une solution d’aucubine à 1 p. 100, qui est aussi perméable que l’eau, avec du coli bacille. J'en ai prélevé de suite une petite quantité, qui a été introduite dans deux tubes de bouillon témoins. Le reste a été exposé aux rayons pendant des temps variables: 30, 60,120, 300 secondes; j'ai prélevé chaque fois, pour la répartir dans deux tubes de bouillon, une petite quantité de solution.

Le tout a été exposé à l’étuve à 37°, les deux tubes témoins seuls ont cultivé; la stérilisation a donc été obtenue en 30 secondes (2).

La même expérience a été faite en même temps avec la solution, peu perméable aux rayons, de gentiopicrine (à 1 p. 100); les durées d'irradiation étaient de 60, 120, 300, 600, 1800 se- - condes; les douze tubes ont cultivé, ce qui prouve que la stérilisation n’était pas complète, même après une demi-heure.

Cette expérience vient à l'appui de ce que j'ai dit plus haut concernant l'action bactéricide et l’action photochimique comparées.

Il est évident qu'il n’entre pas dans mon esprit de substituer à la stérilisation à l’autoclave, procédé depuis longtemps éprouvé, la stérilisation par lultra-violet, qui n'en est encore qu’à sa période de début, et dont l'exécution présente, à l'heure actuelle, de grandes difficultés pratiques. Toutefois, l’action. bactéricide de ces rayons n’en constitue pas moins un chapitre

(1) Article cité.

(2) Epaisseur du liquide : 2e; distance de la lampe : 13cm.

Rire

intéressant à ajouter à l’histoire générale de la stérilisation pharmaceutique.

Action prolongée des rayons ultra-violets.

J'ai pensé qu'il pourrait être intéressant de pousser plus loin l’action des rayons, afin, en exagérant ainsi les phénomènes, de mieux observer la nature des décompositions possibles.

Voici les résultats que j'ai obtenus sur quelques corps gras, glucosides, alcaloïdes et phénols (1).

Après une irradiation d’une heure, j'ai trouvé pour l’Aurle d'olive une augmentation de 0, 05 p. 100 de l'indice d'acidité.

Après une irradiation de trois heures et demie, la solution de chlorhydrate de cocaïne à 2 p. 100 n’a pas subi de décomposition appréciable au polarimètre (2); il en est de même pour la solution de cklorhydrate de pilocarpine (1 p. 100) ; toutefois cette dernière s’est colorée très légèrement, ce qui semble indiquer une altération minime.

Les solutions d’aucubine et de gentiopicrine (à 1 p. 100), irradiées pendant trois heures, sont altérées (il y a formation de produits réducteurs).

J'ai constaté précédemment une légère décomposition de Parbutine (en solution à 1 p. 100) après quelques minutes seulement d'irradiation. On sait que ce glucoside donne par hydrolyse du glucose et de l’hydroquinone; or, en prolongeant lirradiation pendant trois heures, la solution se colore de plus en plus, et l’on peut alors constater nettement la formation de produits réducteurs (d'hydroquinone en particulier). Il est done vraisemblable que l'irradiation a pour effet :

4° de produire l'hydrolyse du glucoside ; 2° d’oxyder en partie l'un des produits de cette hydrolyse. L’hydroquinone est si facilement oxydable que l’altération devient appréciable immédiatement, même à l'état de traces, grâce à la coloration produite, et bien qu'il soit alors impossible d'observer une différence au polarimètre.

I n'en est plus de même avec la méthylarbutine, qui donne

(1) Epaisseur de la couche liquide exposée aux rayons : 2°m, sauf pour Yhuile : Ocm,5.

(2) Lorsqu'on n'opère pas l’immersion dans un courant d’eau froide, la température du liquide atteint environ 40°; il faut alors compenser la perte de liquide évaporé par addition d’eau distillée, une fois l’irradiation terminée.

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