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recours pour cela à la chaleur sèche, à l’eau bouillante ou à la vapeur d’eau, et, seulement si le médecin le demande, à l'addition d'antiseptiques. Quant aux substances décomposables par la chaleur, elles seront stérilisées au moyen des filtres.
La Pharmacopée autrichienne ne cite d'ailleurs aucun exemple et se borne à ces brèves généralités.
Les récentes Pharmacopées espagnole, belge, suisse, italienne, donnent sur la stérilisation des médicaments injectables et des diverses préparations pharmaceutiques des détails plus complets.
La Pharmacopée espagnole (1905) prescrit d'employer pour les préparations injectables de l'eau distillée stérilisée, celle-ci étant obtenue de la facon suivante:
Introduisez l’eau distillée dans des matras stériles que vous remplirez aux trois quarts, et chauffez 15 minutes à l'autoclave à 445-1200. Bouchez de suite avec du coton préalablement stérilisé par la chaleur. A défaut d’autoclave, remplissez un matras à la moitié de sa capacité, faites bouillir 20 minutes, et, au moment de le retirer du feu, bouchez avec du coton stérilisé. Si l’on ne doit utiliser qu’une petite quantité d’eau, on aura recours à la pipette de Pasteur stérilisée.
Les solutions mentionnées dans la Pharmacopée espagnole sont les suivantes:
Solution de bromhydrate neutre de quinine (à 1 p. 10).
- Faites dissoudre le bromhydrate dans l’eau sténilisée, filtrez au papier dans un flacon, bouchez celui-ci avec du coton stérilisé, placez au bainmarie bouillant pendant 15 minutes; bouchez hermétiquement après refroidissement.
Pour les solutions de caféine (caféine et benzoate de soude aa 2 p. 10) de chlorhydrate d'apomorphine (0,10 p. 10°), de chlorhydrate de cocaïne (0,10 p.10°%°), de cklorkydrate de quinine (0,10 p. 10 ‘”°),le mode opératoire est identique au précédent.
Il y a deux formules pour la solution d’ergotine.
1° : Ergotine 1°", glycérine 2%, eau distillée stérilisée q. s. p. 10 cm3. è
Délayez l’ergotine dans la cn ajoutez l’eau, filtrez et procédez à la stérilisation comme il à été dit plus haut.
2 : Ergotine 0,01, acide lactique 0,02, eau distillée stérilisée.q.s..p. #0.
Faites dissoudre l’ergotine dans quelques gouttes d’eau acidulée avec l'acide lactique, ajoutez le reste de l’eau, filtrez et stérilisez,
La Pharmacopée belge (1906) consacre un chapitre général CD
à la stérilisation: celle-ci s'obtient, dit-elle, par addition de substances antiseptiques (acide phénique, erésol, alcool, etc.), par filtration à la bougie, par la chaleur sèche (étuve à air, flambage, ete.) à 160-180°, ou la chaleur humide (autoclave à 120°, ébullition, tyndallisation à 60-80°).
L’addition des antiseptiques doit être évitée en principe, car on ne peut y avoir recours qu à très petite dose et dans ces conditions la stérilisation peut être imparfaite. La présence d’une substance bactéricide pourra du moins servir à la conservation des produits stérilisés; et dans tous les cas Le pharmacien sera tenu de mentionner sur l'étiquette la nature et la dose de l’antiseptique ajouté.
La Pharmacopée belge recommande exclusivement pour la stérilisation des pansements l'emploi de l’autoclave: une demiheure à 120°.
Elle mentionne également l’aseplisation de poudres pharmaceutiques :
« Les poudres d'oxyde de zinc, de tale, d'acide borique, etc., « introduites dans des poudriers bouchés par un tampon « d'ouate, peuvent être soumises à la chaleur sèche de 120° « pendant une demi-heure ; d’autres poudres peuvent être sté- « rilisées à l’aide de l'alcool, de l’éther... »
Les récipients devront être chauffés à see à 160° au minimum. La Pharmacopée belge ne donne aucune indication quant à la durée du chauffage ; ce renseignement est cependant indispensable puisque les spores des bactéries résistent, on le sait, à l’action de la chaleur sèche lorsqu'elle est insuffisamment prolongée, |
Le pharmacien, dit la Pharmacopée belge, devra toujours posséder une provision de récipients stérilisés. Ces récipients seront bouchés avec un tampon d’ouate, avec un bouchon de verre où même à larigueurun bouchon de liège préalablement conservé dans l'alcool.
L'eau sera stérilisée par filtration à la bougie, ou.par une ébullition d'un quart d'heure.
Quant aux préparations injectables il faudra distinguer deux cas: lorsqu'elles supporteront sans dommage l'action de la chaleur (sérum artificiel), on les chauffera à l’autoclave, et à défaut : à l'ébullition ou à la chaleur du bain-marie. Dans le cas contraire, on dissoudra la substance dans l’eau stérilisée, on filtrera la solution sur un filtre lavé ‘à l’eau stérilisée, on
recevra dans un flacon ou des ampoules stérilisées (méthode aseptique).
Les huiles et onguents se stériliseront aussi par la chaleur lorsqu'ils seront inaltérables dans ces conditions ; où dans le cas contraire, en mélangeant aseptiquement les substances et l'excipient préalablement stérilisés.
Malheureusement, la Pharmacopée belge n'indique ni les substances altérables ni celles qui ne le sont pas, et c'est le ‘pharmacien qui reste seul juge de la méthode applicable dans les différents cas.
La Pharmacopée suisse (1907) donne sur la stérilisation les renseignements généraux suivants :
1° Les objets en verre ou en métal seront stérilisés soit en les chauffant 2 heures à 160° dans le stérilisateur à air sec, soit en les laissant séjourner 15 minutes dans l’autoclave à 115, soit en les exposant pendant 30 minutes à la vapeur fluente, soit encore en les faisant bouillir pendant 15 minutes dans l’eau ou dans la solution de soude {1 p. 100).
2° Pour les solutions médicamenteuses, la Pharmacopée helvétique distingue deux cas:
Les solutions qui ne sont pas altérées par une exposition prolongée à la température de l’ébullition de l’eau, doivent être stérilisées au moyen de la vapeur fluente ou de la vapeur sous pression. On emploie dans ce but soit une marmite à vapeur construite ad hoc (vapeur fluente), soit un autoclave (vapeur sous pression).
Avec la vapeur fluente, Les objets peuvent être soumis à une ‘stérilisation unique de 30 minutes de durée, ou à trois stérilisations successives de 15 minutes chacune, à 24 heures de distance l’une de l’autre. La stérilisation à l'autoclave doit durer 45 minutes à une température de 115°, Les flacons bouchés à l’'émeri qui servent à l'opération doivent être préalablement nettoyés avec de l'acide chlorhydrique à 1 p. 100 et rincés ensuite avec de l’eau.
Pratiquement on opérera de la façon suivante :
La solution étant filtrée dans un flacon, celui-ci, bouché avec de la ouate non dégraissée (1), sera introduit dans l’appareil stérilisateur à côté de son bouchon de verre et d’un mor-
(1) On emploie de la ouate non dégraissée (ou non hydrophile) pour éviter que l’eau de condensation ne pénètre à l'intérieur des flacons et ne vienne
ainsi en diluer le contenu.
St
ceau de papier-parchemin qui devra servir à le recouvrir. La stérilisation terminée, en effet, on remplacera rapidement le bouchon d’ouate par le bouchon de verre stérilisé et on recouvrira du papier-parchemin stérilisé.
3° Les solutions des substances décomposables par ce procédé (chlorhydrate de cocaïne, salicylate d’éserine, etc.), peuvent être, dit la Pharmacopée suisse, approximativement stérilisées de la manière suivante :
Tous les ustensiles nécessaires à la pesée (balances, spatules, etc.), sont nettoyés immédiatement avant l'emploi avec du coton stérilisé et de l’alcool, puis avec de l’éther. On dissout ensuite la substance dans un flacon bouché à l’émeri et stérilisé, contenant la quantité nécessaire d'eau stérilisée. S'il est nécessaire de filtrer le liquide, on se servira d’un entonnoir et d’un filtre stérilisés d’après le procédé indiqué au premier paragraphe (instruments en verre et en métal), et l’on filtrera dans un second flacon bouché à l’émeri et stérilisé.
La solution peut être aussi filtrée au moyen de la pompe à eau sur une bougie CHAMBERLAND où BerkErELD», dont on aura préalablement vérifié l’imperméabilité aux bactéries (faire cette épreuve en recevant quelques centimètres cubes du filtrat dans des bouillons de culture (gélatine ou bouillon).
Les ampoules pleines doivent ensuite être soumises à trois chauffages à 60-70°, répétés à vingt-quatre heures de distance l’un de l’autre.
4° On peut stériliser approximativement une émulsion à la glycérine ou à l'huile, en procédant de la façon suivante :
Chauffez le véhicule, soit dans la marmite à vapeur (glycé- - rine), soit dans le stérilisateur à air sec (huile); dans ce dernier cas le chauffage doit être prolongé pendant deux heures à 120°; puis introduisez dans le véhicule, après refroidissement, la substance à émulsionner.
On peut aussi triturer celle-ci dans le véhicule stérilisé, en employant un mortier stérilisé par lavage à l’alcool et à l’éther, puis on verse l’émulsion dans un flacon bouché à l’'émeri et stérilisé. e
Les préparations stérilisées d’après les méthodes 3 et 4 ne doivent être considérées que comme approximativement stérilisées.
5° Les objets de pansement peuvent être chauffés à l’autoclave à deux reprises (à vingt-quatre heures d'intervalle),
15 minutes à 115°. On peut ‘aussi les exposer 30 minutes à l’action de la vapeur fluente.
L'empaquetage des objets doit être disposé de façon à permettre à la vapeur d'y pénétrer pendant la stérilisation, et à empêcher la pénétration des germes une fois la stérilisation terminée.
Comme on le voit, la Pharmacopée suisse n’a pas compris, et avec raison, parmi les méthodes de stérilisation l'addition des antiseptiques; elle recommande de chauffer les flacons bouchés à la ouate non dégraissée, les bouchons de verre (1) stérilisés à part dans ltroelires air d'éviter le scellement du bouchon au goulot pendant le refroidissement ; le procédé qui consiste à Interposer une ficelle ou un morceau de papier n'étant pas toujours suffisant pour éviter la pénétration d’eau de condensation à l’intérieur des flacons.
Le traitement des récipients par l'acide chlorhydrique dilué et le rinçage à l’eau ont pour but de neutraliser et d'éliminer autant que possible l'alcali libre du verre, qui, ainsi que nous le verrons plus loin, peut exercer son action décomposante sur certaines substances stérilisables (morphine, cocaïne, strychnine, sels de mercure, etc.).
Je démontrerai plus loin qu'avec des récipients non alcalins la décomposition du chlorhydrate de cocaïne à 100°, et même au delà, ne se produit pas, et que, par suite, la Pharmacopée helvétique ne devrait pas ranger cet alcaloïde parmi les substances altérables par la chaleur.
D'ailleurs, je ferai remarquer que la Pharmacopée suisse ne cite que deux noms de substances altérables ; le pharmacien reste donc encore le seul juge de la méthode à employer dans les nombreux cas de stérilisation qui peuvent se présenter dans la pratique.
J'indiquerai plus loin le procédé spécial adopté par cette der-
nière Pharmacopée pour la stérilisation des solutions de gélatine. vs, Pharmacopée italienne (1909). — Comme la Pharmacopée autrichienne, la Pharmacopée italienne recommande de roujours stériliser les solutions aqueuses destinées à l'usage hypodermique ou intraveineux, mème quand cela ne ie pas spécifié dans la prescription médicale. |
(1) La Pharmacopée suisse n’admet pas les bouchons de liège.
Mais elle distingue trois cas :
1° Pour les solutions non décomposables par la chaleur, on devra avoir recours, soit à la chaleur sèche (étuve : 30 minutes à 160°) (1), soit de préférence à l’autoclave à 145°°
Dans ce cas on stérilisera en même temps les solutions et les récipients parfaitement fermés.
2° Pour les solutions aqueuses de médicaments qui s'altèrent à une température supérieure a 100° (Ch de cocaïne, morphine, sel d’atropine, de quinine, sulfate d’éserine, strychnine, aconiline, cacodylates, stovaïne), elles se préparent avec de l’eau déjà stérilisée, en employant un matériel (mortiers, entonnoirs, filtres) aseptique, puis on les immerge pendant 45 à 20 minutes dans un bain-marie bouillant, en faisant en sorte que le niveau de l’eau du bain-marie soit à la hauteur de celui de la solution dans le récipient.
3° Pour les solutions de médicaments qui s’altèrent aussi à 100° (sérums, oxydases, préparations opothérapiques), on emploie le chauffage discontinu (tyndallisation), c’est-à-dire qu'on chauffe à l’étuve à 58-60° pendant une heure et qu'on répèle l’opèration -pendant au moins quatre jours de suite. On opère de même pour les solutions d’'ergotine et de glycérophosphates. ; |
La Pharmacopée italienne ajoute ensuite que les solutions antiseptiques destinées au lavage des plaies devrontelles-mêmes être préparées avec de l’eau stérilisée et conservées dans des récipients stérilisés, fermés à la lampe, ou bouchés hermétiquement avec des bouchons de verre stérilisés et paraffinés.
Les solutions ou émulsions hypodermiques faites avec l'huile d'amande, l'huile d'olive ou la vaseline, doivent également être stérilisées, l'huile étant traitée au préalable par l’alcool à 95° pour en éliminer l'acide oléique.
Les préparations huileuses de calomel, d'oxyde jaune de mercure, l'huile camphrée et l'huile lécithinée se préparent avec des substances stérilisées et sont portées ensuite pendant 10 minutes à une température de 400° au bain-marie bouillant.
Les solutions de gélatine dans le sérum physiologique sont stérilisées dans une étuve à sec dont l'atmosphère « est conservée humide au moyen d’une capsule contenant de l’eau ».
Enfin la Pharmacopée italienne prescrit, pour éprouver le
(1) Nous avons dit pourquoi ce procédé était défectueux.
ER INTS
verre des récipients, de chauffer ceux-ci une demi-heure à 112° à l’autoclave après les avoir remplis d’une solution de chlorure mercurique. On ne doit observer aucun trouble ou précipité brun.
Quand j'étudierai la stérilisation des diverses substances injectables, j'aurai l'occasion de démontrer que certaines au moins des substances considérées comme altérables aux températures supérieures à 100° par la Pharmacopée italienne, subissent l’action de la chaleur dans ces conditions sans aucune décomposition appréciable (cacodylates,sels de quinine, de strychnine, etc...
La précaution indiquée par cette même Pharmacopée de préparer les solutions antiseptiques destinées au lavage des plaies avec de l’eau stérilisée vient à l'appui de ce que j'ai dit précédemment au sujet de l’inefficacité des antiseptiques quand il s’agit d'assurer une asepsie rigoureuse. J'ajouterai enfin que la Pharmacopée italienne est la seule à recommander l'essai des verres destinés à renfermer les solutés injectables ; il serait souhaitable, à mon avis, que cette mesure fût appliquée dans tous les pays.
Pharmacopée française. — Le Codex de 1884.ne mentionnait qu’une seule solution injectable : celle de chlorhydrate de morphine, et, je l'ai dit précédemment, se contentait de prescrire: « faites dissoudre le sel dans l’eau distillée et filtrez », sans indiquer un procédé quelconque de stérilisation.
Le Supplément de 1895 mentionna deux solutions de caféine, l’une avec du benzoate, l’autre avec du salicylate de soude; des solutions de chlorhydrate et de nitrate de cocaïne, une solution de chlorhydrate de quinine basique additionnée d’analgésine et une solution de chlorhydrate neutre de quinine.
La stérilisation de ces solutions fut indiquée de la façon suivante :
Interposez un fil entre le goulot et le bouchon pour prévenir l’'adhérence et permettre la sortie de l'air, placez le flacon dans l’eau froide jusqu’à la naissance du col, puis portez à l'ébullition que vous maintiendrez pendant un quart d'heure, et fermez ensuite exactement le flacon.
Le Codex de 1908, qui ne consacre pas encore d'article général à la stérilisation, mentionne en revanche un plus grand nombre de préparations injectables.
Citons d’abord les deux formules de solutions de caféine, les
solutions de chlorhydrate basique de quinine (avec antipyrine), de chlorhydrate de cocaïne, de chlorhydrate de morphine, de chlorure de sodium, de chlorure de sodium additionné de sulfaite, de gélatine ; l'huile d'olive, la graisse de laine, l'huile de vaseline, l'huile grise, l'huile au biiodure de mercure; mais le Codex ne mentionne pas l'huile camphrée injectable, ni la solution de cacodylate de sodium pourtant si souvent employée.
Pour les alcaloïdes et la caféine, les solutions étant faites à froid et filtrées, peuvent être stérilisées soit par le procédé du bain-marie, comme dans l’ancien Codex, soit de préférence à l’autoclave, 10 minutes à 110°, en prenant les mêmes précautions pour la sortie de l’air (fil interposé entre goulot et bouchon).
Pour la solution de chlorure de sodium et celle de chlorure additionnée de sulfate, le Codex dit simplement : dissoudre à froid, filtrer, stériliser.
Pour la solution de gélatine, en revanche, le Codex indique un procédé détaillé sur lequel je reviendrai ultérieurement.
Je ne m'arrèêterai pas non plus sur le procédé de stérilisation de l'huile d'olive, de la graisse de laine, de l'huile de vaseline, de l’huile grise et de l'huile au biiodure de mercure, dont je parlerai à propos de la stérilisation des corps gras.
Il'existe, en dehors des ouvrages officiels, un certain nombre de mémoires ou travaux concernant la stérilisation des médicaments injectables.
J. Tnomanx, dans un article général qu'a reproduit le Journal de Pharmacie d'Anvers (31 mars 1909), a signalé les divergences d'opinion qui régnaient sur ce sujet et donné en même temps le résultat de ses recherches personnelles (1).
Pour les récipients stérilisés, dit-il, le pharmacien devra autant que possible en posséder d'avance une certaine provision ; la stérilisation se fera de préférence par la chaleur sèche à 160° pendant une heure et demie à deux heures; l'auteur fait remarquer que les fioles étant ainsi complètement sèches peuvent être mises de côté sans qu'on ait à craindre une nouvelle infection comme c’est le cas avec des fioles humides ; en effet, les germes contenus dans les r'oussières de V’air s'attachent plus facilement sur les bouchons d’ouate
(1) Article cité. “
humide, s’y développent aisément et pénètrent assez rapidement à l’intérieur des vases à travers la ouate humide. Ilest évident, ajoute Tnowanx, que la poussière peut également pénétrer dans les fioles sèches, mais cela ne se produira qu'au bout d'un temps beaucoup plus long.
Les fioles étant stérilisées d'avance, on recouvrira les tampons d'ouate ou les bouchons de verre avec du papier parchemin stérilisé, ou au moyen.d’un capuchon en caoutchouc également stérilisé par l’eau bouillante ou la vapeur; et on placera le tout dans une boîte en fer-blanc bien sèche et fermant hermétiquement.
Avant l'emploi de ces fioles, ilfaudra flamber les bords des goulots dans la flamme d’une lampe à alcool ou d'un bec Bunsen.
Pour le bouchage, l’auteur recommande le bouchon de verre ou le tampon d’ouate ; à la rigueur, en cas de nécessité, il admet le bouchon de liège, mais à la condition qu'il ait été stérilisé en même temps que la solution (30 minutes, par exemple, dans la vapeur fluente), et non par simple ébullition dans l’eau ; d’après les recherches de Reurry, ajoute Taomaxx, la teneur en germes (bactéries ou moisissures) des bouchons neufs de bonne qualité est très minime.
Pour la stérilisation des solutions D ble THomaNx recommande l'emploi de la {vapeur fluente à la pression ordinaire et à la température de 90 à 100°.
« Les solutions de gélatine, chlorure de sodium, caféine, sa- « licylate et benzoate de caféine et de soude, arséniate de soude, « quinine, strychnine, stovaine, alypine, novocaïne, cacody- « late de soude, cocaïne, morphine et adrénaline, se laissent « ainsi très bien stériliser. »
Suivant l’auteur, de toutes les méthodes de stérilisation usitées, l'emploi de la vapeur fluente dans un appareil approprié (de Kocn, de Hauser ou d’autres) ou simplement dans le chapiteau d'un appareil distillatoire constitue la méthode la plus recommandable.
Avec cette méthode, et en observant bien les prescriptions de la Pharmacopée helvétique (lavage préalable des récipients avec de l’eau acidulée et rinçage à l’eau distillée), on obtiendrait des solutions stériles avec suffisamment de sûreté; l'emploi des appareils nécessaires serait simple et sans aucun danger, tandis que l'emploi des appareils coûteux où la stérilisation se fait par la vapeur sous pression nécessite des manipu-
lations plus compliquées et plus dangereuses ; de plus, ajoute toujours le même auteur, plusieurs des solutions citées plus haut ne supportent pas impunément la stérilisation sous pression et à une température dépassant 100°.
Il est bien évident que la stérilisation dans la vapeur fluente pendant 30 minutes, ainsi que la recommande Tromanx, est souvent suffisante en pratique; toutefois la chaleur sous pression, pendant 10 ou 15 minutes et au-dessus de 100°, est manifestement supérieure et offre plus de garanties; c’est d’ailleurs ce dernier procédé qui a été adopté par l’Académie de médecine pour les solutions de gélatine qui nécessitent une asepsie rigoureuse, et c'est également celui auquel notre nouveau Codex donne la préférence pour les différentes formules de solutions injectables. Il est injuste, à mon avis, de considérer l’'autoclave comme un appareil trop coûteux, d'un maniement trop difficile ou trop dangereux, ou de le rejeter comme un instrument superflu: J’estime au contraire que tout pharmacien, à notre époque, devrait posséder un autoclave dans son laboratoire, à côté de sa balance de précision, de son polarimètre et de son microscope. D'ailleurs l’autoclave. son robinet étant maintenu ouvert, pourra lui-même servir à la stérilisation par la vapeur fluente dans le cas des substances qu'altérerait une température supérieure à 100°.
Taomaxx passe ensuite aux substances décomposables par la chaleur ; il indique l'emploi de la méthode aseptique : dissolution des substances avec toutes les précautions nécessaires dans de l’eau stérilisée par la vapeur, et dans des récipients également stériles.
Il cite également l'emploi des filtres poreux, mais insiste sur la nécessité de leur entretien etde leur vérification (voir le procédé de la Pharmacopée suisse); toutefois à ces deux procédés il préfère la tyndallisation (30 minutes de chauffage à 60-70° et trois jours consécutifs).
Les substances qui, suivant Tnowaxx, ne supportent pas la température de 100°, sont l'ésérine, éd om la scopolamine, la duboisine, HUE l’'ergotine et l'atoryl.
L'auteur examine ensuite Les corps gras; les solutions, émulsions et mélanges non aqueux. Il juge inutile de stériliser l'éther camphré (1); on préparera et on conservera cette solu-
(4) I est d’ailleurs impossible de stériliser l’éther.