‹ La Stérilisation des Liquides InjectablesChapitre 28 sur 49 · AAA · texte numérisé non relu

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tion, dit-il, dans des récipients stériles, il en sera de même pour l'huile camphrée qui sera obtenue par dissolution du camphre dans l'huile stérilisée et conservée dans des flacons également stérilisés.

Pour les Auiles et la glycerine, Tnomanx recommande de les introduire dans des flacons bien bouthés, recouverts d’ouate non dégraissée et de papier parchemin, et de les stériliser toujours dans la vapeur fluente.

L'auteur dit aussi quelques mots au sujet de la stérilisation des poudres et des pommades.

Il fait remarquer que les poudres contenant des substances hygroscopiques, volatiles, ou de nature amidonnée ne peuvent être soumises à une température élevée, sèche ou humide, parce qu'elles se liquéfieraient, se décomposeraient, se volatiliseraient, ou se prendraient en masse.

L'auteur a fait quelques expériences sur le xéroforme, le dermatol, etc., : ces substancés peuvent se stériliser sans inconvénient par la vapeur fluente pendant 20 minutes, en récipients fermés par de la ouate non dégraissée. Quant aux pommades, du moment qu’eiles ne contiendront pas de médicaments volatiles ou décomposables, elles pourront être chauffées une heure ou deux à 120° dans l’étuve, dans des vases fermés à la ouate, et agitées pendant le refroidissement,

Souvent on devra se contenter de stériliser à part la matière grasse et d'y mêler le plus aseptiquement possible les substances médicamenteuses Los ou, si c’est possible, stérilisées.

Pour finir, THomaxx s'occupe de la préparation des ampoules. Il conseille d’abord d'utiliser du verre d'Iéna, ou de vérifier la qualité du verre qu’on emploie (1), en y chauffant 30 minutes à la vapeur fluente des solutions de chlorhydrate de morphine, de nitrate de strychnine, de sublimé et de phtaléine du phénol. Les trois premières laissent déposer un précipité et la dernière rougit quand le verre est défectueux.

Ce procédé est sensiblement identique à celui déjà indiqué par Baroni, sur lequel nous reviendrons ultérieurement.

Pour le nettoyage des ampoules, Taomanx indique celui qui nous avons déjà relaté (page 28); mais l’auteur conseille de les remplir au moyen d'une seringue de Pravaz ou par un tuyau

(4) J'étais arrivé personnellement aux mêmes conclusions à la suite de mon travail sur la stérilisation des solutions de chlorhydrate de cocaïne,

de caoutchouc relié à une burette graduée dans laquelle se meut un piston.

Le procédé me paraît un peu long et compliqué, et à vrai dire superflu. Il est préférable, à mon avis, d'adopter une capacité moyenne un peu supérieure à la capacité nécessaire (4% un tiers par exemple pour 1‘%), et de remplir les ampoules, le médecin réglant la dose d’après la graduation de sa seringue (1).

Taomaxx signale pour les substances altérables par la chaleur l'appareil de Grôüssede qui remplit et stérilise à la fois les ampoules (par 15 ou 20 à la fois).

Il va sans dire que lorsqu'on fait usage de bougies pour stériliser des substances toxiques, on devra autant que possible réserver toujours la même bougie pour le même médicament.

Enfin Taomaxx termine en indiquant le mode opératoire suivant applicable aux ampoules d’éfher camphré : Faites dissoudre le camphre dans l’éther dans un récipient stérilisé; introduisez cette solution dans des ampoules stérilisées au moyen d’un dispositif stérilisé; scellez l'ampoule au moyen d'une très petite flamme pointue obtenue en faisant passer le gaz par un tube capillaire.

Tuomaxx parle aussi dans son mémoire des divergences qui règnent au sujet de la stérilisation de certaines substances ; c'est ainsi qu'il rappelle que le Manuel de technique pharmaceutique de Hacer range les solutions de morphine parmi celles qui ne supportent pas la chaleur, tandis que Firsas, Gruser, et Wuzrr sont d'un avis contraire ; que la Pharmacopée suisse et le dernier Supplément du Hager’'s Handbuch considèrent le chlorhydrate de cocaïne comme altérable à l’autoclave et même à 100°, tandis que d’autres auteurs sont d'un avis contraire, et Tnomanx cite à ce sujet mes expériences personnelles qu’il considère comme concluantes et dont Je parlerai plus loin.

Mêmes contradictions au sujet des solutions d’atoxyl et d'adrénaline (voir ces paragraphes plus loin), et pour un grand nombre d'alcaloïdes (atropine, strychnine), et de glucosides.

GérArD (2) indique que lorsqu'il s’agit de solutions non altérables par la chaleur, on pourra chauffer à 120° à l’autoclave,

(4) Sauf, bien entendu, dans le cas des ampoules auto-injectables. (2) Ouvrage cité, p. 61.

mais il conseille seulement le bain-marie à 100° pendant 10 minutes pour les alcaloïdes et leurs sels (morphine, cocaïne, strychnine, quinine, atropine) et pour les solutions d’adrénaline; la tyndallisation au-dessous de 100° pour celles de glycérophosphate de chaux et d'ergotine.

Le même auteur trouve défectueux le procédé de filtration à la bougie.

Pour l'huile au bi-iodure de mercure, il conseille d’autoclaver 20 minutes à 120°; et pour les mélanges mercuriels (huile au calomel, huile grise, huile à l’oxyde de mercure) ainsi que pour les huiles camphrées et lécithinées, il prescrit d'opérer aseptiquement la préparation, puis de la rendre stérile en la chauffant seulement 10 minutes au bain-marie bouillant ou à l’étuve à 400.

Cette dernière stérilisation ne paraît pas parfaite, et nous verrons que ces préparations, sauf peut-être l'huile grise, peuvent sans danger être stérilisées d’une façon plus rigoureuse.

Moreau (1) juge également lautoclave nuisible parfois, superflu souvent. Îl indique pour la stérilisation de l’eau distillée : la filtration à la bougie ou l’ébullition prolongée pendant un quart d'heure.

Les solutions médicamenteuses seront stérilisées, suivant l’auteur, au bain-marie bouillant pendant 30 minutes (en flacon fermé au coton hydrophile ou au moyen d’un bouchdhn solidement ficelé). On devra dans le premier cas remplacer la quantité d’eau évaporée pendant le chauffage par de l’eau stérilisée. C'est à ce procédé qu'on devra recourir pour les solutions d’alcaloïdes, de caféine, de cacodylate ou d’arrhénal, de sels de magnésie ou de sels minéraux divers.

L'auteur ne fait guère exception que pour les sérums artificiels pour lesquels, dit-il, la stérilisation se fera de préférence à l’autoclave. Quant aux substances altérables, ajoute Moreau (chlorhydrate de cocaïne, sulfate d’ésérine) on ne devra les faire bouillir que pendantun temps très court pour éviter leur altération. Pour les substances décomposables par la chaleur : les solutions de ferments solubles, d’oxydases, etde médicaments opothérapiques, elles seront préparées le plus aseptiquement possible, et dans certains cas, tyndallisées à 48°.

Quant aux ampoules, Moreau indique de les chautler à l’au-

(1) Article cité.

toclave, mais prescrit cependant, pour éviter toute altération, le bain-marie bouillant, ou dans le cas des substances trop sensibles à l’action de la chaleur, la tyndallisation (bain-marie à 60° pendant une heure par jour, quatre jours de suite).

L’exposé que je viens de faire, et les indications bibliographiques que je donnerai à propos de certaines substances que j'étudierai plus loin, expliquent l'embarras où la plupart des pharmaciens peuvent se trouver quand ils ont à effectuer une stérilisation.

Doit-on préparer une solution imparfaitement aseptique au dire des bactériologistes et des chirurgiens, c'est-à-dire se contenter de délivrer une solution filtrée à la bougie, ou simplement bouillie, ou encore chauffée 15 à 30 minutes à 100° au bain-marie ?

Doit-on au contraire, dans le but d'obtenir une asepsie rigoureuse et une conservation prolongée, risquer une décomposition partielle de la substance en solution?

Doit-on avoir nécessairement recours à la pratique fort longue, et impraticable dans les cas urgents, de la tyndallisation ?

Telles sont les différentes questions que je vais m'’efforcer de résoudre, en me plaçant surtout au point de vue pratique.

Je me propose d'indiquer pour chacune des substances employées en hyÿpodermie le procédé de stérilisation correspondant, en donnant, chaque fois que cela sera possible, la préférence à la vapeur d'eau sous pression à 110-115?

. Avant étudié personnellement la stérilisation de certaines substances, je consacrerai à ces dernières de plus longs développements, me bornant pour les autres à une simple nomenclature, qui sera d’ailleurs rappelée sous forme de table alpha bétique à la fin de ce travail.

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