‹ La Stérilisation des Liquides InjectablesChapitre 5 sur 49 · ET · texte numérisé non relu

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dermie peuvent être stérilisées à l'autoclave, vers 110 — 120°, sans subir d'altération appréciable.

Cependant, s’il faut en croire certains auteurs, la chaleur fournie par la vapeur d’eau sous pression au-delà de 100° ne devrait être utilisée que pour quelques rares solutions tout à fait inaltérables, tandis que le procédé de stérilisation applicable à la majeure partie des cas consisterait alors dans l’emploi de la vapeur fluente ou du bain-marie à la température de 100°. Mais, pour assurer par ce procédé une asepsie rigoureuse, trois chauffages de trente minutes au moins, pendant trois jours consécutifs, sont nécessaires; le procédé constitue alors une sorte de tyndallisation à température élevée.

Je ne pense pas que cette dernière méthode présente un avantage quelconque sur celle qui consiste à utiliser la vapeur d’eau sous pression, d’abord parce que, à mon avis, les décompositions qui se produisent à l'autoclave à 110 —— 120°, ne sont pas sensiblement plus accentuées que celles qu’on est susceptible de provoquer en prolongeant comme il a été dit l’action de la chaleur à 100°; et d'autre part, parce que le système de tyndallisation a l'inconvénient d’être fort long. Si, pour abréger l'opération, on se contente d’un seul chauffage, on ne réalise plus qu'une asepsie relative.

Evidemment celle-ci pourra paraître en bien des cas suffisante.

Dans la pratique journalière, un grand nombre de pharmaciens ne stérilisent les liquides injectables que par une courte exposition au bain-marie à 100°, suivant en cela, d’ailleurs, les

prescriptions de notre ancienne Pharmacopée.

Cependant ilest hors de doute que la stérilisation absolue, réalisée par exemple à l’autoclave à 110°-120°, constitue le meilleur procédé, elle détruit sûrement el rapidement toutes les spores; elle assure une conservation à peu près indéfinie (1); c’est d’ailleurs à elle qu'on aura recours pour les sérums artificiels et pour les solutions de gélatine pour lesquels une

‘asepsie rigoureuse est exigée.

Sans vouloir imposer: l'emploi de l’autoclave, j'ai eu seulement pour but de faire le partage entre les différents facteurs qui peuvent rendre inapplicable cette stérilisation à la fois rapide, pratique et rigoureuse, et de vérifier dans quels cas,

(4) A l'abri du contact de Pair, c’est-à- dire en récipient scellé Coge du

moins Le bouché. \

SR d'ailleurs assez rares, ce procédé d’aseptisation devient réellement impossible.

J'ai étudié de nombreuses substances utilisées en hypodermie, et il résulte des essais que j'ai effectués que le plus souvent l’altération observée après le passage à l’autoclave, n’est pas imputable à l’action de la chaleur à 110°-120°, mais à l'influence du verre des récipients, laquelle peut d'ailleurs s'exercer différemment suivant les cas.

Le rôle de l’alcali cédé par le verre des récipients, dans la décomposition de certains sels d’alcaloïdes (chlorhydrate de morphine, sulfate de strychnine, sulfate de spartéine, etc...), ou de certains sels minéraux (chlorure ou iodure de mercure, etc...), décomposition qui se traduit par le déplacement de la base ou de l’oxyde correspondant, avait été déjà signalé. Je me suis efforcé de préciser cerlains points restés obscurs ; c'est ainsi que de nombreux auteurs persistant à considérer comme altérables par la chaleur plusieurs des substances citées plus haut, j'ai établi qu'avec certains récipients aucune altération n'était à redouter pendant le chauffage à l’autoclave:

Dans le même ordre d'idées, je me suis préoccupé du rôle joué par lackaux contenue dans les verres. Ce rôle avait été déjà mis en lumière antérieurement; J'ai essayé, au moyen d’une série de dosages, de caractériser la nature des précipités formés ; j'ai voulu suivre dans ses détails le mécanisme des réactions produites afin d'en déduire les meilleurs remèdes applicables. |

En dehors de ces altérations, le verre, ainsi que je l'ai définitivement établi, est la cause unique des décompositions que l’on observe parfois lorsqu'on stérikise à l’autoclave les solutions de chlorhydrate de cocaïne. En utilisant des récipients inaltérables, en quartz ou en silice. fondue, je n'ai jamais observé la plus légère hydrolyse. Dans le cas des solutions de chiorhydrate de morphine Jai établi que: l'alcali du verre pouvait intervenir de deux facons : soit en précipitant la base, soit indirectement, en favorisant l'oxydation de l’alcaloïde ; de telle sorte que la stérilisation à l’autoclave de ces solutions devient possible si l’on utilise des récipients inaltérable&et si

l'on prend soin de les priver totalement d'air, ainsi que les.

liquides qu'ils contiennent. È Ces recherches m'ont conduit à définir les différentes espèces de verre, à étudier le rôle particulier des éléments qui le con-

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situent, et les observalions qui m'ont été ainsi suggérées se trouvent réunies dans un chapitre d'ensemble qui termine ce travail.

J'ai dit que la Première partie de ma thèse traitait, en général, des divers moyens d'assurer l’asepsie.

La Seconde partie est consacrée aux liquides injectables et a leur stérilisation. Elle comporte elle-mêmé deux subdivisions principales.

Dans le premier chapitre j'ai groupé d'abord les diverses substances dont la stérilisation à l’autoclave, sous pression, au delà de 00°, est possible sans difficulté, puis celles qui ne peuvent être ainsi chauffées qu’en prenant certaines précautions (solutions de chlorhydrates de cocaïne, de morphine, sérums artificiels, par exemple).

Dans le second chapitre j'ai réuni les substances plus sensibles à l’action de la chaleur, celles d'abord qui supportent la chaleur du bain-marie à 100° (solutions de sels de scopolamine et d’hyoscyamine, d'alypine, etc.}, celles ensuite qui doivent être seulement £yndallisées, vers 70°, (solutions d'atoxyl, de glycérophosphate de soude, etc...), celles qu’une température, même modérée, décompose et qu'on stérilisera par filtration (eaux minérales, eau de mer, produits opothérapiques, etc...), celles enfin qui seront préparées aseptiquement sans subir de stérilisation proprement dite (huile grise, etc...).

Parmi ces quatre procédés, le dernier ne peut assurer qu'une asepsie relative. Si l’on se place au point de vue pratique, on peuten dire autant du troisième (1).— Quant aux deuxpremiers procédés, ils ne pourront réaliser une asepsie absolue qu'à la condition d'augmenter suffisamment le nombre ou la durée des chauffages.

Mon but dans la Deuxième partie de cette thèse a été surtout d'établir une nomenclature raisonnée, comprenant les divers liquides injectables et la facon de les stériliser ; et pour que la consultation en soit plus aisée, j'ai ajouté un /ndex alpha-

(1) Nous développerons plus loin, dans un chapitre spécial, les raisons pour lesquelles la filtration ne saurait réaliser dans la pratique qu’une asepsie relative, Disons seulement dès maintenant que ce procédé de stéri lisation exige, pour être rigoureux, une technique délicate et de minutieuses précautions, lesquelles nous paraissent possibles à la rigueur dans un laboratoire de recherches, mais difficilement réalisables dans l'officine du

pharmacien. . \

PATES bétique de toutes les matières traitées au cours de ce travail.

Il est bien évident qu’un tel travail, où il est question de plus de deux cents substances chimiques, ne saurait constituer une œuvre exclusivement originale. — J'ai dû, pour être complet, sacrifier beaucoup à la partie bibliographique, j'espère que l’on voudra bien ne pas trop m'en tenir rigueur, d'autant plus que l’ensemble de ces recherches n’existant dans aucun ouvrage, il m'a fallu réunir un certain nombre de documents épars, concernant, par exemple, la stérilisation par l'ozone, la nature et l’action bactéricide des rayons ultra-violets, la stérilisation des eaux minérales, de l'eau de mer, des glycérophosphates, des sels de mercure, des préparations colloïdales et de certains médicaments introduits récemment dans la thérapeutique.

En dehors des articles didactiques & Taomanx (1), de Moreau (2), et des diverses Pharmacopées étrangères, j ai mis à contribution, entre autres ouvrages, ceux de ScHrMMELguscH (3), de Roserr et LEsEuRRE (4), de Gérarp (5), ainsi que la thèse de Durrour (6).

Quant à mes ni ches personnelles, elles peuvent, si l'on ne s’attarde pas à de nombreux points de détail également originaux, se résumer ainsi qu'il suit :

Action des rayons ultra-violets sur les divers liquides injectables.

Stérilisation à l'autoclave des solutions aqueuses de Chlorhydrate de cocaïne, de sulfate d’atropine, de bromhydrate et de chlorhydrate d’arécoline, de stovaïne.

Stérilisation à l’autoclave des solutions aqueuses de chlorhydrate de morphine, d'adrénaline, de sulfate et de salicylate d'ésérine, de chlorhydrate d'apomorphine, de résorcine et de pyrogallol.

(1) THomann. Article original dans Schw. Wschr., reproduit dans Le Journ. de Pharm. d'Anvers, 65° année, p. 243; 31 mars 1909.

(2) B. Moreau. De la stérilisation dans ses applications pharmaceutiques. Bull. Sc. Pharm., VIII, 49, 1903.

(3) SCHIMMELBUSCH. L'asepsie en chirurgie; traduction Debersaques. Paris, 1893.

(4) RoserT et LeseurRE. De l’asepsie dans la pratique chirurgicale. Paris, (8) E. GÉraARD. Technique de stérilisation. Paris, 4906.

(6) P. Durrour. Etude sur la stérilisation et l'emploi des solutions hypodermiques. Thèse Doct. Univ. (Pharm.), Toulouse, 1905.

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