‹ La Stérilité d'Origine BlennorragiqueChapitre 12 sur 62 · ART · texte numérisé non relu

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notable de stérilité. Cependant une diminution aussi considérable peut parfaitement se produire et constituer alors, comme le pense Kehrer, une raison appréciable de stérilité relative.

Orchite. — Nous n’avons envisagé jusqu'ici que la stérilité par épididymite et par déférentite blennorragiques.ÆElle peut résulter égalernent de l'atteinte du testicule lui-même. En effet, le testicule participe à l’épididymo-vaginalite blennorragique une fois sur vingt environ; il est tout à fait exceptionnellement envahi en dehors de l’épididyme. |

Lorsque l’orchite est un peu grave, il faut craindre sérieusement la sclérose et l’atrophie de la glande.

C'est que le testicule est composé, en eftet, d'une pulpe molle et demi-fluide constituée de canaux très fins, ce sont les canalicules séminifères où naissent exclusivement les spermatozoïdes par bourgeonnement de l’épithélium. Les tubes séminifères sont entourés par du tissu cellulaire qui leur sert en quelque sorte de soutien. Or, c’est précisément ce tissu cellulaire qui prolifère au cours des orchites et par son développement exagéré arrive à étouffer le tissu noble ;

la spermatogénèse est alors complètentent supprimée.

L’atrophie qui résulte de cette condensation scléreuse peut être très rapide,en six semaines,la glande peut être réduite au volume d’un haricot ; la thérapeutique est alors illusoire. L’azoospermie est de règle.

Cependant, parmi les différentes causes de stéri-

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lité l’on ne saurait attribuer à l’orchite blennorragique une très grande importance. C’est qu'en effet, l'orchite n’accompagne l’épididymite qu'une fois sur vingt environ et que l’inflammation testiculaire se termine en général par la résolution. L’atrophie constitue donc une exception véritable. Elle ne se produirait d'après Ricord que dans les cas ou la substance même du testicule a été atteinte par l'inflammation. La littérature médicale ne nous en offre, en effet, que quelques rares exemples (Hunter, Velpeau,Curling,Cullerier). Augagneur (1)en cite un cas particulièrement net. L’épididymite flexueuse composait les trois quarts de l’organe et entourait le testicule gros comme une dragée, absolument indolent. L’eunuchisme consécutif a été observé par Rollet. | Enfin les atrophies de la glande ne seraient pas

définitives.

En considérant cet ensemble de faits, l'épididymite et l’orchite blennorragiques devraient nous faire porter un pronostic génital particulièrement optimiste. Mais la stérilité consécutive à ces affections testiculaires est-elle en vérité aussi exceptionnelle que le font supposer les constatations qui précèdent ? Le doute est permis sur ce point. La fonction de spermatogénèse ne serait-elle pas altérée par une inflammation testiculaire n’entrainant pas cependant

1. Augagneur et Carle, Précis des maladies vénériennes. Paris.

l’atrophie de l'organe ? Nous avons vu à propos du malade de Luys, opéré par le professeur Delbet, les supposilions fâcheuses qu’éveillait cette grave question. Les constatations de De Sinéty (Société de Biologie, 1896) nous obligent encore à de prudentes réserves. Cet auteur observe, en effet, que le sperme de jeunes gens ‘atteints, longlemps auparavant, d'orchile unilatérale, contenail un trés petit nombre de spermatozoïdes et que ceux-ci perdaient. leurs mouvements deux ou trois heures après l'éjaculation, ce qui est bien loin d’être normal puisque les, zoospermes peuvent subsister jusqu’à dix ou douze heures dans la cavité vaginale qui n’est cependant pas très propice à la conservation de leur vitalité.Ils peuvent vivre plusieur jours dans ia cavité utérine.

L'arrêt des mouvements des zoospermes est facilement appréciable : on constate au microscope que Icur queue se replie et s’enroule par son extrémité terminale le long de sa portion initiale, à peu près comme la corde d’un fouet enroulée autour du manche (M.Duval). Cette moindre vitalité des spermatozoïdes expliquerait, selon De Sinety, nombre de cas de stérilité conjugale.

C'est qu’en effet, il faut au spermatozoïde toute sa vitalité pour gagner le tiers externe de la trompe où se produit l’imprégnation de l’ovule. Ne peut-il rencontrer sur sa route des obstacles à vaincre; des dangers de mort dont il doit triompher ? Enfin, s’il meurt trop tôt, pourra-t-il attendre la ponte de l’ovule au cas où il aurait pénétré dans les voies

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génitales supérieures dans l'intervalle des pontes : Nous savons en effet que le spermatozoïde normal peut subsister dans l’utérus jusqu’à dix, quinze jours, peut-être même davantage et l’on comprend très bien, dans ces circonstances, qu’un coït pratiqué avant la ponte de l’'ovule puisse néanmoins être fécondant. La diminution de vitalité des zoospermes diminue donc, par corollaire, les chances de fécondation.

En terminant ces considérations sur le pronostic génital des orchi-épididymites blennorragiques nous devons faire une nouvelle réserve. Il ne faut pas oublier, en effet, que la lésion gonococcique primitive détermine au niveau de l’épididyme un locus minoris resistentiæ, où la tuberculose peut venir se greffer. Or le pronostic génital de la tuberculose épiaidymaire est particulièrement grave: « Tout épididyme touché par la tuberculose, même s'il guérit de son infection tuberculeuse, reste un épididyme cicatriciel, impropre à l’excrétion testiculaire ; comme les lésions sont souvent bilatérales, la stérilité en est la conséquence (1). »

1. Maurice Chevassu, Pratique médico-chirur gicale. Art. Tuberculose du testicule, t. VE, p. 409. Paris, 1907.

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