STÉRILITÉ PAR RÉTRÉCISSEMENT DE L'URÈTRE D'ORIGINE BLENNORRAGIQUE
Au sens absolu du mot, la stérilité chez l'homme résulte d’un défaut de sécrétion de spermatozoïdes, défaut de sécrétion qui peut être congénital ou qui peut être acquis et dans ceite dernière catégorie mous n'avons envisagé que l’azoospermie d’origine blennorragique ainsi que le comportait le sujet de ce travail. Mais si l’azoospermie rend évidemment impossible toute fécondation, celle-ci peut trouver, en outre, une entrave absolue ou relative dans l’imperméabilité absolue ou relative des voies génitales de l’homme. En effet,pour que pendant le coîït l’éjaculation se produise dans les conditions les plus favorables à la fécondation, il faut que le sperme soit projeté avec force dans la cavité vaginale. Bien mieux, grâce à cette force de projection, une partie du liquide spermatique peut être injecté directement dans la cavité utérine lorsque le méat urétral et l’orifice du col se répondent centre pour centre(Pajot)(1).
1. Pajot, des Obstacles à la fécondation dans l'espèce humaine (Annales de Gynécologie, avril 1886).
Mais ceite condition n’est pas indispensable à la fécondation : les constquences désastreuses de l’injection vaginale pratiquée après le coït prouvent qu’il suffit très souvent, pour permettre la conception,que le liquide fécondant ait pénétré dans le vagin. Une grossesse peut même survenir alors que le sperme n’a été déposé qu’à la vulve. L’on trouve dans la littérature obstétricale un certain nombre d’observations de ce genre (Paul Amand, Mauriceau, Baudelocque, Rossi, Scanzoni, M. Sims, Zinsstag). Ce sont là, néanmoins, de véritables exceptions.
Les conditions idéales sont donc celles exposées par Pajot: orifice de l’urètre et orifice du col placés sur le même axe, injection d’une partie de la liqueur séminale dans la cavité utérine. Nous avons vu qu'il suffisait cependant pour permettre la fécondation, d’une projection du sperme dans la cavité vaginale, au voisinage de l’orifice utérin. {1 faut donc pour réaliser cette condition, ie plus souvent indispensable, une force suffisante de l'éjaculation. Or, cette force fait défaut dans certains rétrécissements de l’urètre.
En effet, loin de s'échapper en un véritable jet, le sperme sort en bavant au moment de l’éjaculation ou même reflue dans la vessie pendant la contraction des muscles éjaculateurs, si bien quele coït peut rester sec dans les rétrécissements très serrés. Alors il n’y a pas seulement dyspermatisme, mais aspermatisme absolu par atrésie de l’urètre. Cet aspermatisme résulte, dans ces circonstances, de la turgescence urétrale qui pendant l'orgasme vénérien
complète momentanément l'oblitération du canal. Au bout de quelques instants, l’éréthisme tombe, l’urètre devient perméable et le sperme s'écoule lentement ou s'échappe avec la miction (d'après Siredey et Danlos) (1).
Outre l’étroitesse du canal, les brides inflammatoires rendant le canal irrégulier el tortueux contribuent au dyspermatisme ; l'émission du sperme est longuc, douloureuse et bavée.
Ces anomalies de l’éjaculation expliquent la stérilité que l'on observe d'ordinaire dans les cas de rétrécissement de l’urètre Suffisamment prononcés.
Mais puisque la stérilité d’origine blennorragique est la seule qui nous intéresse, nous devons fixer, dans l’ensemble des rétrécissements urétraux, la proportion des atrésies d’origine gonococecique. Or, la blennorragic domine à tel point l'étiologie des rétrécissements que l’on peut, sans grande exagération, les rattacher presque lous à celte affection vénérienne.
Les rétrécissements inflammaloïres ne rcconnaissent guère d'autre cause. « L'agent principal, on pourrait même dire le seul au point de vue pratique, cest l’urétrite blennorragique chronique, tellement que rétrécissement blennorragique est devenu synonyme de rétrécissement inflammatoire » (Ken-
dirdjy) (2).