‹ La Stérilité d'Origine BlennorragiqueChapitre 14 sur 62 · RO · texte numérisé non relu

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Les rétrécissements cicatriciels, dans l’immense majorité des cas consécutifs à des ruptures de l’urètre, sont évidemment beaucoup plus rares puisque l'accident causal est beaucoup moins fréquent. Encore cet accident peut-il survenir quelquefois au cours d’une urétrite blennorragique. C’est la rupture de la corde, rupture qui survient spontanément au niveau de l’urètre pénien pendant une érection violente ou qui est produite par le malade lui-même. Il est vrai que dans ce cas les conséquences ne sont pas toujours graves et que le plus souvent, après une douleur locale suivie de la formation d’un petit hématome et d’une hémorragie légère par le méat, tout rentre dans l’ordre au baut de quelques jours.

Ainsi donc, presque seules les ruptures de l’urètre spongieux et de l’urètre postérieur peuvent avoir -des suites redoutables, puisqu'elles aboutissent fataiementau rélrécissement cicatriciel. La fréquence de ces ruptures, heureusement, n’est pas considérable, | Quant aux rétrécissements syphililiques, ils sont très rares, peu connus et cèdent d’ailleurs au traitement spécifique lorsqu'ils sont dus à une lésion ‘syphilitique en pleine évolution (chancres indurés -du méat ou de la fosse naviculaire, ulsérations ou gommes tertiaires). « Exceptionnelles sont les véritables sténoses cicatricielles qui, survivant à la lésion causale, n’ont de syphilitique que leur origine » (Kendirdjy).

En résumé, les rétrécissements de l’urètre, facteurs de stérilité, sont dans l’immense majorité des cas d’origine blennorragique.

Mais lorsque après une durée déjà longue un ménage demeure stérile, ce n’est pas un rétrécissement de l’urètre chez l’époux qu’il faut incriminer, à moins que celui-ci ne soit déjà porteur d'une sténose urétrale au moment du mariage, ce qui n’est pas le fait habituel, puisque l'union est contractée le plus souvent avant l’évolution d’un rétrécissement qui ne se produit, en général. que bien longtemps après la première urétrite. C’est là un fait constaté par de nombreux observateurs : Guyon, en particulier, insistant sur l'évolution lente du processus pathologique, a démontré l'apparition ordinairement tardive des premiers symptômes de coarctation urétrale. Sa statistique est tout à fait concluante à cet égard. On sait qu’elle est ainsi répartie sur 142 cas de rétrécissements blennorragiques.

4 sont apparus moins de un an après la première urétrite ;

10 sont apparus de un an à deux ans après la première urétrite ;

20 sont apparus de deux à quatre ans après la première urétrite ;

19 sont apparus de quatre à six ans après la première urétrite ;

24 sont apparus de six à huit ans après la première

urétrite ;

= 4o == 16 sont apparus de huit à dix ans après la première urétrite ; 49 sont apparus de dix à vingt ans après la première urétrite ; 4 sont apparus plus de vingt ans après la première uré-

trite.

Cette survenance tardive des rétrécissements urétraux nous autorise donc à penser que la fécondation est possible avant son apparition. Il ne faut pas oublier cependant que la blennorragie causale doit faire interdire tout rapprochement sexuel à cause des dangers de contamination que le coït peut faire courir à la femme, la blennorragie se bornerait-elle à des symplômes légers.

Enfin le rétrécissement lui-même constitue une indication à la fécondation artificielle lorsque, bien entendu, il existe dans le liquide séminal des spermalozoïdes vivants et lorsqu'on ne constate pas, chez l’épouse même, une cause de stérilité. rendant manifestement inutile toule tentative de fertilisation.

Ces réserves faites, la fécondation artificielle peut être couronnée de succès et cette possibilité contribue à rendre moins sombre le pronostic génital des rétrécissements de l’urètre.

Nous avons vu enfin dans les développements qui précèdent, que si la stérilité est de règle dans les

atrésics prononcées, elles n’entrainent la stérilité,

d'une manière absolue, que dans les cas d’asperma-

tisme. Dans maintes circonstances, l’éjaculation bien que troublée est encore possible et les troubles ne sont pas toujours tels qu'ils interdisent, d’une façon complète, tout espoir de fécondation.

Disons en terminant que lies rétrécissements de l'urètre peuvent être une cause de neurasthénie génitale. Nous allons examiner cette question dans le chapitre suivant.

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