CHAPITRE IV
STÉRILITÉ PAR IMPUISSANCE ET NEURASTHÉNIE GÉNITALES D’ORIGINE BLENNORRAGIQUE
Il est une forme de neurasthénie, la neurasthénie génitale, qui reconnaît pour cause la plus habituelle une affection des organes génitaux, surtout la blennorragie chronique. C’est là un fait constaté par de nombreux auteurs. Or, la neurasthénie génitale entraine presque toujours l’impuissance sexuelle et c’esten quoi elle nous intéresse particulièrement.
Jullien dans son excellent ouvrage la Blennorragie et le mariage, insistesur ce point : Q A la prostatite,dit cet auteur, est très souvent liée l'impuissance, redoutable lorsqu'il s’agit de mariage. La présence d’éléments inflammatoires dans les parties profondes du canal accompagne et provoquele syndrome de la débilité génitale. » Dans ces cas,le D' Jullien nous conseille d'examiner soigneusement les urines et, neuf fois sur dix on y trouvera des filaments avec ou sans gonocoque. La guérison rétablit en général la fonction sexuelle, ce qui prouve que l'impuissance est bien sous la dépendance de l'affection génitale. Jullien cite 2 malades chez lesquels la guérison d’une gonorrhée
te
choronique détermina la guérison d’une neurasthénie génitale rebelle jusqu'alors. L’un de ces malades atteint de blennorragie à l’âge de vingt ans et guérit huit ans après par Le D: Jullien, accusait le médecin qui le traitait antérieurement de lui avoir fait perdre les plus belles années de sa vie en méconnaissant Porigine de son impuissance, alors que quelques instillations avaient suffi pour le guérir. Instruit par une longue expérience, Jullien nous recommande de toujours faire uriner le malade qui se plaint d’impuissance : l’on trouvera le plus souvent, dans le premier verre, des filaments ou des flocons témoins d’une gonorrhée postérieure. De même pour le D' Bouveret (1), le catarrhe prostatique existe dansla plupart des cas et l’on observe des filaments dans la pre-. mière partie de l’urine éliminée. L’urétroscopie permet de mettre en évidence les lésions urétrales : la muqueuse est congestionnée, tuméfite et peut présenter même quelques érosions.
Ainsi le rôle important que joue l'infection gonococcique dans la pathogénie de l'impuissance est parfaitement reconnu. Mais par quels phénomènes se traduit cette impuissance, par quel mécanisme entraine-t-elle la stérilité ? C’est ce point qu’il convient de fixer.
L’insuffisance, la trop courte durée, ou l'impossibilité de l’érection que l'on observe dans l’'impuissance rend le rapport sexuel particulièrement