‹ La Stérilité d'Origine BlennorragiqueChapitre 32 sur 62 · Stérile : qui ne porte point de fruit (Larousse · texte numérisé non relu

Stérile : qui ne porte point de fruit (Larousse

> Fusion de l'élément mâle à l'élément femelle, c’est-à-dire imprégnation ou fécondation ; |

3° Fixation et développement de l'œuf, c’est-à-dire grossesse. |

Par conséquent, lorsque l'un de ces faits vient à manquer, la génération est impossible : il y a donc stérilité, Dès lors ne pourrait-on pas, en adoptant un préfixe privatif (tel que a ou in), faire une classe à part de chacune de ces causes de stérilité ? L’on pourrait dire, par exemple, en se conformant à la division ci-dessus :

Stérilité. — 1° Par ingermie (1) ; 2° par infécondalion ; 3° par ingestation.

C'est précisément dans cette dernière classe que nous devrions ranger, en général, la stérilité par métrite du corps utérin. Sans doute, la fécondation elle-même peut-elle être entravée, soit que les spermalozoïdes, dans leur cheminement vers la trompe, se perdent au milieu des sécrétions utérines et soient entrainés avec elles, soit qu'ils périssent dans un milieu peut-être défavorable, soit, enfin, que la disparition des cils vibratils de l’épithélium utérin rende plus difficile leur ascension vers l’oviducte ; mais cette dernière cause de stérilité peut paraitre douteuse, puisque certains animaux cependant très repro-

r. Ce terme ne nous satisfait pas complètement, c’est à défaut d'un autre, plus exact, que nous nous décidons à l'émpleyer..… |

ducteurs (la lapine, le cobaye par exemple) ont une cavité utérine dépourvue de cils vibratils (Robin). Ces réserves énoncées, c’est, en général, en s’opposant à l’évolution de la grossesse que les métrites du corps entraînent la stérilité. Les lésions anatomo-pathologiques nous en expliqueront le mécanisme.

Sans entrer dans de long détails à ce sujel, nous signalerons simplement l'épaississement de la muqueuse, la multiplication et la déformation des glandes, la disparition, parfois très étendue, des cils vibratils et de l’épithélium cylindrique. Ces lésions nous permettent déjà d'affirmer que la paroi utérine est moins propice à la fixation et au développement de l'œuf, puisque l'intégrité anatomique de lutérus en est évidemment la condition la plus favorable.

1° Dans la métrite catarrhale,type le plus souvent réalisé par la blénnorragie chronique, l’hypersécrétion glandulaire peut balayer l’œuf, et l’on comprend qu’une muqueuse épaissie, boursouflée, molle, pulpeuse, se laissant facilement dilacérer el séparer de la musculeuse sous-jacente se prête bien mal à la nidation de l’ovule fécondé.Dars la forme fongueuse, très fréquente, l'épaisseur de la muqueuse atteignant parfois jusqu’à 15 millimètres peut constituer un obstacle à cette nidation.

20 Si l’endométrite exfoliative ou exfoliante de Pozzi oppose également à la conception une sérieuse entrave, elle prédispose encore à l’avortement d’une facon exceptionnelle. Cette forme est caractérisée surtout par une dysménorrhée membra-

neuse (1), constituée par l’exfoliation et l'élimination de la muqueuse utérine à chaque époque menstruelle. Cette expulsion, accompagnée d’un cortège assez bruyant de symptômes variés et pénibles, est parfois difficile à distinguer d'une fausse couche précoce. D'ailleurs cette fausse couche est extrêmement fréquente. Tous les auteurs sont d’accord sur ce point. Dans cette forme d’endométrite la conception est fréquemment entravée- « Un grand nombre de femmes qui en sont atteintes demeurent stériles » (Siredey). Faure, Delbet et Pozzi partagent aussi cette opinion. L'on comprend en effet que l'œuf greffé sur la muqueuse, soit, dans les circonstances décrites, expulsé avec elle.

. La dysménorrhée membraneuse s'accompagne le plus souvent d’irrégularités menstruelles. L'on observe des retards plus ou moins prolongés. Ainsi sans être absolument vouées à la stérilité les femmes qui présentent cette menstruation sont peu fécondes et prédisposées aux fausses couches. On voit donc combien la physionomie des règles comporte à cet égard d'enseignements précieux. En effet toute femme dont les règles, exactement périodiques, sont toujours égales à elles-mêmes en durée, en quantité et en qualité, sont éminemment fertilisables. Le professeur Pinard insiste avec raison sur ce fait. Dans l'endométrite exfoliante les règles sont bien loin de nous offrir ce tableau. Ilest vraique cette affection

. 4: Pozzi, loc cit., p. 274.

serait moins souvent due à l'infection puisqu'on observe souvent chez des vierges (1).

3 Dans l’endométrite hémorragique les particularités des lésions expliquent également la fréquence des avortements que l’on observe dans cette forme,

Ces lésions se caractérisent surtout par une abondante prolifération vasculaire. Les vaisseaux néoformés qui ne sont que des capillaires présentent sur les coupes un aspect très irrégulier et atteignent un calibre relativement considérable, Ces vaisseaux sont, en général, très superficielle-

ment situés, près de la surface libre de la muqueuse,

Leur grand nombre, leur dilatation, leur situation expliquent les hémorragies observées et ces hémor-ragies à leur tour constituent un véritable obstacle à la nidation de l'œuf. Elles le décollent fréquemment lorsqu'il a pu se greffer.

On comprend, dans ces circonstances, combien la physionomie des règles doit être modifiée et nous savons les présomptions que doit faire naïitre la constatation de leurs anomalies.

Ce qui précède explique que beaucoup d’auteurs, et Delbet (2) notamment,considèrent ces trois formes d’endométrite, Jongueuse, exfoliante, hémorragique,

comme des causes d’avortement particulièrement

redoutables.

1. Faure et Siredey, Traité de gynécologie, Paris, 19L1,p. 218. 2. Duplay et Reclus, Traité de chirurgie; art. Métrite (P.Delbet) t. VIII, p. 126, Paris, 1899.

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Et c’est là le danger, en général, de toutes les métrites.Le fait n’avait pas échappé à Hippocrate (1) même et Roubaud (2)insiste sur ces avortements au cours du premier mois, avortements si communs chez les filles publiques qu’elles ont baptisé du terme de bondons ces produits de conception si précocement expulsés. Faut-il, avec Roubaud, faire intervenir dans le mécanisme de cel avortement les excès sexuels auxquels ces filles sont soumises, l'influence d’une métrite balistique? Sans doute il faut en tenir compte ; toutefoisil est bon de faire remarquer que c’est surtout dans les dernier mois de la grossesse que le traumatisme sexuel joue un rôle tellement désastreux qu'on peut lui attribuer, avec certitude, un nombre très considérable d’accouchements prématurés. Enfin, devons-nous oublier que presque toutes les filles publiques ont contracté la blennorragie dès le début de leur vie galante ? (Verchère). Dès lors le traumatisme sexuel répété facilitant la diffusion du gonocoque par l'état de congestion qu'il entretient, il n’y a rien d'élonnant à ce que ces jeunes prostituées(dix-huit à vingt-quatre ans) (3) soient atteintes de métrite blennorragique, métrite déterminant à son tour ces fausses couches si fré- . quemment observées. Plus tard, l'invasion des trompes elles-mêmes, en créant un obstacle à la

1. Hippocrate, t. VIIT, paragraphe 63, p. 19-21 et 141; t VII, paragraphe 21, p. 341.

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