Witte, Bakter. Untersüch. bei Pathol
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faut qu’il soit apporté sur la vaste plaïe que forme la surface utérine après l'accouchement, pour qu'il détermine des accidents puerpéraux.
La gonocoque introduit dans le canal génital rencontre-t-il les mêmes obstacles à son libre développêèment ? Certes non ; et c’est ici qu’apparaît toute la différence entre les conditions de développement du gonocoque et celles du streptocoque. Et tout d’abord tandis que le streptocoque ne se rencuntre dans la cavité vaginale que tout à fait exceptionnellement et pendant peu de temps, les moyens de défense de la muqueuse vulvo-vaginale paraissent sans action sur le diplococcus de Neisser qui résiste à toutes les | influences chimiques ou phagocytaires. Le nombre presqueincalculable desfemmesblennoragiques vient confirmer ce fait et la ténacité de l'infection prouve le peu d'action des moyens de défense. Et non seulement le gonotoque peut subsister aisément dans la cavité vaginale, mais il paraît encore, comme l'aflirment Menge et Wertheim être le seul organisme qui ait le pouvoir de végéter sur la muqueuse utérine saine.
Mais le gonocoque qui jouit ainsi d’une immunité spéciale ne favoriserait-il pas l'infection streptococcique elle-même ? N'’agirait-il pas en protégeant le streptocoque contre les dangers qui le menacent ? La chose paraît fort vraisemblable et certains auteurs soutiennent la réalité de ce fait. Le gonocoque agirait alors en préparant le terrain par les lésions anatomiques qu'il est capable de créer ? en rendant moins
efficace,peut-être, l’action bactéricides des sécrétions cervicales normales ? en empêchant la phagocytose, comme se le demande Du Bouchet (1), de s'exercer pour le compte d’autrui et cela en provoquant pour son propre compte l'extraordinaire réaction leucocytaire que nous connaissons ? Il parait donc fort probable que d’autres microbes et notamment le streptocoque peuvent pénétrer à la suite du gonocoque et donner lieu à des infections secondaires. Ainsi, même dans l'infection streptococcique, le diplococcus de Neiïsser pourrait jouer le rôle initial ; il devrait de ce fait, être rendu responsable, du moins en partie, des conséquences que peut avoir l'infection streptoccique sur l'intégrité de l’appareil génital et de la stérilité secondaire qui résulte parfois des lésions anatomiques de cet appareil. On ne saurait, évidemment, apporter de plus grandes précisions à ce sujet car il paraît difficile de déterminer dans quelle exacte proportion l'infection streptococcique a été occasionnée, en quelque sorte, par une infection gonococcique antérieure. Quoiqu'il en soit,le fait lui-même paraît bien établi : « La présence d’un germe pathogène, dit Pozzi, favorise souvent le développement d'une autre espèce de microbe, ainsi les femmes présentant une métrite blennorragique sont facilement atteintes par l'infection septique plus ou moins atténuée. » Beaucoup de gynécologues partagent cet avis.
1. Du Bouchet, Recherches bact. sur quelques cas d'affections utérines, thèse de Paris 1897, p. 23.
Evidemment, dans les accidents post-partum envisagés jusqu'ici, l'intervention du gonocoque est seulement indirecte ; éxagérer l'importance de cette intervention serait peut-être vouloir faire jouer au gonocoque, à tout prix, le rôle prépondérant dans la pathogénie des stérilités secondaires. Pour répondre à cette objection, nous devons montrer comment cette espèce de stérilité peut résulter,non plus indirectement mais directement cette fois-ci, de l’infection gonococcique.
Nous avons déjà vu, en effet, qu’une blennorragie vaginale pouvait se propager rapidement à l'utérus et aux annexes après laccouchement. Nous avons envisagé la métrite puerpéro-gonorrhéique et nous avons énuméré quelques-uns de ses symptômes, peu graves en général, mais quelquefois mortels ; c’est alors l’nfection puerpérale à gonocoques. Nous devons apporter dans l’examen de cette diffusion quelques détails complémentaires.
Il faut signaler tout d’abord la virulence que paraît récupérer, après l’accouchement, une blennorragie jusqu'alors latente. Elle recouvre son acuité première alors qu'il n’y a pas eu de contage nouveau. En effet, pour la plupart des auteurs qui ont examiné bactériologiquement les lochies d’une femme blennorragique récemment accouchée, il y a multiplication des gonocoques Bumm ,Kroner, Traugott, Steinbüchel sont frappés par cette grande prolifération. Et non seulement une blennorragie chronique récupère sa virulence première mais une néo-infection
gonococcique revêt, dans ces circonstances, une exceptionnelle gravité et se généralise très rapidement, Fûüchs, Græfe, Sæœnger (1) rapportent chacun une observation de blennorragie contractée au cours de la puerpéralité et accompagnée de salpingite dans les jours qui suivirent. Veit (2) mentionne 5 cas de blennorragie aiguë contractée deux fois immédiatement avant l’accouchement, trois fois au cours de la puerpéralité ; dans chacun de ces cas sont apparu rapidement des symptômes alarmanis de pelvi-péritonite. C’est qu’en effet, après la délivrance le gonocoque rencontre des conditions éminemment favorables à sa propagation. Dans ces circonstances rien d'étonnant à ce que l'utérus et la trompe ellemême soient rapidement envahis et nous avons vu les conséquences graves, parfois définitives, qu’une métrite ou une salpingite, aiguës d’abord, chroniques ensuite, pouvaient avoir sur les fonctions de reproduction.
Malheureusement, cette diffusion de l'infection gonococcique, à tout l'appareil génital, serait un fait assez fréquent. Nœggerath, nous l’avons vu, prétend que chez les femmes gonorrhéiques, l’accouchement est suivi d'endométrite et de périmétrite dans la proportion de 75 0/0. Si l’on remplace le mot de périmétrite par celui de salpingite, Pozzi (3) ne croit pas cette proportion très exagérée.