Pozzi, Traité de Gynécologie, Paris, 1905, t. [. p
Verchère signale également la fréquence des salpingites survenues après l’accouchement chez des femmes blennorragiques.
Steinbuchel voyant tardivement, c’est-à-dire deux ou trois mois après, 8 accouchées blennorragiques, observe chez 6 d’entre elles des lésions annexielles, et cependant la réaction locale avait été peu marquée pendant les suites de couches.
Ainsi,Steinbuchelfait ces constatations deux à trois mois après la parturition. C’est qu’en effet l’extension aux annexes, bien que rapide, n’a pas toujours lieu pendant les jours qui suivent et Nœggerath nous enseigne que la propagation de l'infection n’a lieu le plus fréquemment que quinze jours ou même six à huit semaines après l’accouchement. Dès lors,la réaction immédiate peut être insignifiante ou parfois même absente et cependant l’accouchement aura pu déterminer une généralisation de l'infection à tout l'appareil génital. Cette constatation comporte un enseignement précieux: elle nouscommande,en effet, d'examiner l'intégrité de l’appareil génital et particulièrement des annexes deux à trois mois après l’accouchement de toutes les femmes blennorragiques et cela systématiquement, alors même que le post-partum n’aurait été marqué d'aucun incident véritablement anormal. Il n’est pas rare de découvrir, dans ces circonstances,des lésions annexielles qui peuvent devenir une cause de stérilité secondaire.
En résumé, l'extension de la blennorragie, extension qui se produit souvent après l'accouchement,
nn UD),
peut être une cause de stérilité chez les unipares. Elle peut donner lieu à une métrite gonococcique qui constitue beaucoup plus longtemps que les métrites puerpérales ou banales un obstacle à la maternité. C’est qu’en effet si la métrite puerpérale peut avoir des conséquences plus tragiques pour l'individu (septicémie, pyohémie, suppurations pelviennes),elle a des conséquences moins funestes pour l'espèce ; l'appareil génital est loin d’être compromis comme auraient pu le faire craindre les accidents initiaux.
De même, la blennorragie peut gagner la trompe après l’accouchement et l’oblitération de l’oviducte peut venir mettre un terme à la génération.
Outre les auteurs cités, Hartmann et Morax (1) affirment en effet « que le fait d'une grossesse antétérieure favorise le développement de la salpingite blennorragique » ; elle leur a paru relativement plus rare chez les nullipares.
Sœnger (2) fait la même observation et il mentionne que sur 230 cas d'infection blennorragiquedes annexes relevés par Martin, il a pu en trouver 35, soit 1 5 o/o dans lesquels cette infection remonte à une couche, celle-ci le plus souvent unique.
Schauta (3) rapporte une série de faits analogues.
1. Hartmann et Morax, Quelques considérations sur la bactériologie des suppurations pélviennes (Annales de Gynécologie, 1894, juillet, p. 1).
nu Sœnger, Die Tripperansteckung b. Weiblichen Geschlecht.
3. Schauta, Versammil. der Deutsch. Gesells.f.Gynæk,1893, t. V, D'100.
Enfin, il va sans dire qu'une blennorragie, contractée longtemps après l'accouchement, peut se propager à l’utérus et aux annexes au moins aussi facilement que chez la nullipare et déterminer dans l'appareil génital des lésions anatomiques capables d'entraîner la stérilité. Peut-être même faut-il voir tout simplement dans ce fait la cause la plus commune de la stérilité chez les unipares.
On voit donc que la blennorragie joue un rôle effectif dans la stérilité secondaire (stérility oue child des Anglais), mais, malgré tout, c’est principalement dans les pratiques néo-malthusiennes, surtout dans la classe aisée, qu'il faut chercher la cause de la stérilité chez les unipares. &« Un ménage qui a eu un enfant peut, dans la grande majorité des cas,en avoir » d’autres. Presque toujours s'il ne les a pas c’est » qu'ilne veut pas les avoir » (Rapport des professeurs Pinard et Ch. Richet). Enfin, l'ouvrage de J. Bertillon : la Dépopulation de la France (1911) est un réquisitoire très documenté contre les pratiques
néo-malthusiennes.
Pat
EX
DE