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LA BLENNORRAGIE CHEZ L'HOMME AU POINT DE VUE DU MARIAGE

Évidemment, il nesaurait être question de mariage pendant la période aiguë de Ia blennorragie. Dès les premiers rapports sexuels l’épouse serait fatalement contaminée. En est-il de même au cours d’une urétrite chronique ne se traduisant plus que par la constatation d’une goutte militaire venant perler chaque matin au niveau du méat ou par la seule présence de quelques filaments dans l'urine ? En un mot, lurétrite chronique est-elle encore contagieuse et par conséquent interdit-elle le mariage ?

On a cru pendant longtemps que l’écoulement blennorragique, à la longue,devenait toujours stérile et ne présentait plus de dangers pour l'épouse. Langlebert croyait si bien à la parfaite inocuité de la

blennorragie, à cette période avancée qu’il autorisait le mariage aux malades porteurs d’écoulements chroniques. Et cet auteur affirme que presque tous les malades atteints de suintements muqueux urétraux ou prostatiques à qui il avait permis de ce marier et qu'il put revoir quelque temps après, avaient fini par guérir. Langlebert attribuait cette heureuse issue à l’existence calme, bien réglée, succédant aux fantaisies de la vie de garçon.

Mais dans ces constatations de Langlebert, constatations citées par Jullien (1), nous remarquons que si les malades guérirent presque tous, il y eut cependant,comme le laisse entendre le mot presque, des exceptions à cette règle et dès lors il convenait de savoir, si dans ces cas particuliers, les rapports sexuels n'avaient pas eu pour l'épouse de conséquences fâcheuses.

Certes, il est indéniable qu’un certain nombre d’écoulements deviennent à la longue stériles et que beaucoup de muqueuses urétrales ne conservent d’une infection passée qu’une simple hyperactivité sécrétoire, mais la condition essentielle de l’inocuité c’est la disparition du microbe dangereux, malheureusement beaucoup de suintements classés comme inoffensifs par nos devanciers, présentent à l'examen de nombreux gonocoques.

Ainsi, Nœggerath exagérait à peine lorsque, en 1872, dans son premier mémoire, il affirmait que la

1 Jullien, Blennorragie et mariage. Paris, 1808.

gonorrhée latente de l’homme ‘était la cause la plus

fréquente de la stérilité des unions. « Peu après le mariage, disait-il, les femmes souffrent de pertes douloureuses, de pertes blanches, de mictions fréquentes et pénibles, de pesanteurs lomhaires, finalement d’inflammations péri-utérines et d'ovarites, C’est la gonorrhéc latente du mari qui s'est transmise à la jeune femme, sous forme soit aiguë soit chronique. » Et il ajoutait, basant son aphorisme sur 105 observations de sa pratique :

Quatre-vingt-dix sur 100 des femmes stériles ont pour mari des hommes qui,à une époque de leur vie, ont eu la blennorragie.

Et cet aflligeant refrain de tant de jeunes femmes : « Étant jeune fille, je me portais bien ; c’est à partir de mon mariage que je suis devenue souffrante » (1), ne prouverait-il pas encore la réalité des contaminations par l’urétrite chronique de l'époux ?

Dans un ouvrage récemment paru, G. Luys (2) affirme que même lorsque la goutle militaire à disparu, les gros filaments lourds qui subsistent dans les urines, entraînés par le sperme au moment d’une éjaculation peuvent contaminer la feminte. A plus forte raison lorsque la goutte militaire est encore constatée : @& Il est aujourd’hui de notion bien acquise, nous dit G. Luys, qu'environ sept fois sur

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