‹ La Stérilité En Afrique Du NordChapitre 11 sur 81 · TE · texte numérisé non relu

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par la gêne qu’elles apportent au coït; les degrés en sont divers, mais elles sont souvent associées à une aplasie utérine plus ou moins marquée.

Les malformations congénitales de l'utérus sont également de types variés : il peut manquer complètement, ce qui est rare; plus fréquemment l’utérus existe à l’état rudimentaire, sous forme de moignon, sans communication avec le vagin; la stérilité est définitive; le pronostic est meilleur dans le cas d’utérus infantile, réduit simplement dans ses dimensions.

Il en est de même des cloisonnements de l’utérus, appelés selon la dimension et la position de la cloison, utérus doubles, didelphes ou bicornes; ils peuvent s’accommoder d’une grossesse, évoluant ou non jusqu’au terme, et la stérilité, dans ce cas, n’est pas absolue.

J. L. Faure a fait publier une observation concernant un cloisonniement utérin, chez une femme stérile; après section de la cloison, une grossesse apparut. D’autres auteurs ont également observé de pareils cas. (Hermann Schmid, Rünge, Menge).

Les malformations peuvent n’intéresser que le col utérin, et certaines atrésies portent sur l’orifice externe du col; celui-ci est plus ou moins coblitéré, et la stérilité existe parce qu’il y a un obstacle à l’ascension du spermatozoïde.

L’atrésie porte rarement sur tout le canal cervical ou sur l’orifice interne seul; l’atrésie de la cavité du corps est caractérisée par la présence d’un utérus rudimentaire plein ou d’un utérus peu développé et incomplètement perméable.

Ces malformations ne sont pas purement d'ordre congénital; elles peuvent résulter également d’un processus infectieux datant de l’enfance ou de l’adolescence et relevant souvent d’une tuberculose génitale. (Pestalozza).

L'infantilisme de l'utérus est également un facteur de stérilité; on distingue, suivant le degré de laffection, un infantilisme total ou partiel.

Si la malformation intéresse le col utérin, elle lui donne un æspect caractéristique, mince, allongé, en pain de sucre, présentant à son sommet un orifice punctiforme. C’est le « pin hole » des auteurs anglais, que ie stylet n’arrive pas à catéthériser. Les auteurs sont en désaccord sur l’importance de ce mince pertuis et sur la stérilité qu’il peut entrainer.

En effet, le diamètre des spermatozoïdes, dans leur partie la plus large, n’atteint guère que 3 à 4u; or, dans le sang des règles traversant le canal cervical, celui des globules rouges est de 7u, 5, et celui des elobules blancs, 13u, 5. Ce serait moins le rétrécissement du col, que la présence d’un bouchon muqueux, qui interviendrait dans ce cas. (Bumm). Pour Pozzi, ce serait la cause la plus fréquente de stérilité; pour Chobrak, au contraire, la minorité; cependant, il existe habituellement une sténose, par coudure en angle aigu, au niveau de l’isthme du col et du corps globuleux, fortement antéfléchi.

Le corps utérin peut être également frappé dans son développement; il présente alors un degré d’infantilisme marqué, appréciable par l’hystérométrie, qui montre, en pareil cas, une hauteur utérine très diminuée, atteignant à peine 1 à 3 centimètres.

Les trompes sont parfois le siège de lésions congénitales; ce sont l’absence totale ou partielle d’une ou des deux trompes, des atrésies, des coudures consécutives à un vice de position ou à une fixation ligamentaire, &es imperforations. Ces lésions sont rares, mais doivent prendre place dans l’étiologie de la stérilité; en effet, ce n’est pas seulement un organe isolé, dont le développement est arrêté; à différents stades, mais d’une

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façon générale, les autres organes présentent des lésions analogues.

DANS LE5 MALFORMATIONS ACQUISES, la stérilité est le plus souvent dûe à l’obstacle créé à la rencontre du spermatozoïde et de l’ovule dans les voies génitales de la femme.

En remontant le tractus génital, il convient donc d'étudier les lésions acquises de la vulve, du vagin, de l'utérus, des trompes, des ovaires et du péritoine, qui empêchent la fécondation habituelle dans l’ampoule tubaire.

Les tumeurs de la vulve sont rares et apportent une gène considérable au coït; elles peuvent même le rendre impossible.

Il peut exister des brides cicatricielles, très facilement reconnaissables et provenant en général d’un traumatisme obstétrical antérieur ou de violences, à Poccasion des premiers rapports.

Une place à part doit être réservée au cas où, avec des organes génitaux normaux, la pénétration du sperme ne s'effectue pas et cela, par la faute du mari ; c’est le cas des ignorants qui prennent une « fausse route vaginale » et dont nous reparlerons plus loin.

Le vulvo-vaginisme rend habituellement les rapports impossibles; les symptômes sont des crises douloureuses très violentes, qui le révèlent nettement.

Il consiste dans une hyperesthésie de l’orifice vaginal avec contracture des muscles périnéaux, et plus particulièrement de ceux qui constituent le sphincter de la vulve.

Il s’observe généralement chez des malades plus ou moins névrosées ou simplement chez des femmes qui ont subi, dès le début, un traumatisme excessif, par suite de la résistance de l’hymen ou d’une disproportion marquée des organes génitaux.

Les douleurs, variables selon les sujets, provoquent la sensation d’une brûlure ou d'une déchirure, irradiant souvent jusqu’au niveau de la vessie ou de lanus. La contracture douloureuse a une durée variant de quelques iminutes à plusieurs heures.

Il peut y avoir, en plus, du prurit vulvaire, du ténesme vésical ou même des névralgies pelviennes.

Dans la plupart des cas, il s’agit d’une défloration incomplète; les débris de l’hymen sont tuméfiés et endoloris les jours suivants, par de nouvelles tentatives ; ils offrent une résistance de plus en plus grande; le coït devient douloureux et impossible, indépendamment de l’état psychique créé par un tel état; la femme oppose une trop grande résistance et l’acte physiologique ne pouvant s’accomplir normalement, il en résulte une infécondité permanente.

Dans le même ordre d’idées, la stérilité peut être liée à une expulsion prématurée du sperme, par suite de contractions vaginales trop vives, ou par insuffisance des muscles perinéaux.

Les tumeurs du vagin se rencontrent très rarement et sont une cause de stérilité par la gêne, voire l’impossibilité complète à pratiquer le coït; on les divise en tumeurs liquides se présentant sous la forme de kystes uniques ou agglomérés, dont le volume peut atteindre celui d’une orange, et en tumeurs solides, dont les formes bénignes sont des polypes muqueux ou plus habituellement des fibromyomes pédiculés.

Nous ne parlerons pas des tumeurs malignes, qui n’ont pas place ici.

Les rétrécissements traumatiques du vagin peuvent ètre consécutifs à l’existence d’un corps étranger, placé depuis longtemps, le plus souvent dans un but inavouable, puis solidement enkysté; ils ont, dans la pathogénie de la stérilité un rôle analogue aux rétrécissements congénitaux. Ils peuvent, en outre, relever d’une vagi-

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