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CHAPITRE II

Les ménages stériles

Des statistiques récemment établies, il résulte que la stérilité affecte environ quinze pour cent des ménages français.

Ce chiffre est trop élevé pour qu’on puisse envisager sans crainte les conséquences d’un tel fait. II montre l’insuffisance de la natalité, menace grave pour un pays.

Ce danger peut et doit en partie disparaitre, si l’on s’appaque à rechercher d’abord les couples stériles, puis les causes de cette stérilité.

Devant un ménage infécond, il faut envisager la triple hypothèse d’une femme stérile, d’un mari stérile, de la stérilité des deux conjoints. La plupart des auteurs incriminent en premier la femme. Pinard et Couvelaire estiment que dans 60 pour 100 des cas, la faute lui est imputable. Franck Brentano et Bégouin lui attribuent 70 et même 80 pour 100 des cas de stérilité.

À l'étranger au contraire, une part plus grande est faite à la stérilité du mari, responsable presque autant que la femme, et les travaux de Giles, Gibbons et Mac Kinney ont montré le grand nombre de cas d’oligo et d’azoospermie. Fruhisholz et Hamant, rappellent les travaux antéricains où l’examen systématique des maris démontre la stérilité masculine dans 45 % des cas. 11 nous est apparu dans cette étude que le nombre des ménages stériles, dépassait largement le pourcentage établi.

Parmi le grand nombre de consultants des deux

PE, Se

sexes, de races diverses, à l’hérédité douteuse, aux antécédents souvent chargés, ignorant les règles de l’'hygiène, l’infécondité dans le ménage est souvent la vez gle. Elle est double, au moins, des statistiques établies en Europe.

La part attribuée à la femme est en fait plus grande, mais la stérilité des épouses est le plus souvent secondaire à une infection maritale.

La stérilité masculine - Ses causes

Chez le mari, des causes générales et locales entrent en jeu, qui expliquent la stérilité.

Et parmis ces causes générales, en premier lieu, LES INFECTIONS. .

Pendant la période d’état des maladies infectieuses, le nombre des spermatozoïdes diminue dans le sperme humain; cette oligospermie, parfois plus durable, rétrocède au cours de la période de convalescence.

L’infection ourlienne a une complication très grave, J'orchite, qui peut se produire et être bilatérale dans 60% des cas.

Cependant pour Catrin, il n’y aurait orchite et atrophie que dans la moitié des complications: toute atteinte du testicule d’origine ourlienne n’est pas fatale, et il s’agit souvent d’une simple fluxion testiculaire.

Si l’atrophie consécutive n’est pas la règle absolue, la stérilité n’en existe pas moins souvent, et l’on devra chercher alors une atteinte possible de la spermatogenèse.

Celle-ci est également troublée à la suite d’autres crehites infectieuses (variolique, typhique, des septico pyohémies).

L'infection luberculeuse occupe, dans létiologie de

Le

la stérilité masculine, une place prépondérante. IT importe à l’interrogatoire, et lors d’un premier examen, de dépister les manifestations bacillaires qui ont pu se produire au cours de l’enfance : pleurésies, adénites, ostéo-arthrites, etc. L’orchi-épididymite tuberculeuse survient surtout chez l’adulte; dans l’étiologie variée, l’hérédité joue un rôle important et l’infection se fait le plus fréquemment par voie sanguine. Le bacille de Koch arrive au testicule par la voie artérielle, au cours d’une bacillémie transitoire provenant d’un foyer de tuberculose minime, cliniquement inappréciable.

Au début, la tuberculose testiculaire est unilatérale ; mais, plus tard, l’autre testicule est infiltré à son tour. De même, l'infection localisée d’abord à l’épididyme, gagne le corps d'Highmore et tuberculise toute la glande spermatique.

Au point de vue fonctionnel, l’orchi-épididymite bacillaire bilatérale entraîne rapidement la stérilité par azoospermie, soit par fonte caséeuse d’une partie de l’épididyme, soit par oblitération.

Quand elle apparaît chez l’adulte, elle diminue sans la supprinier, la puissance virile.

L'infection syphilitique chez Fhomme, est un facteur important de stérilité ; dans un ménage, un seul conjcint peut être atteint, mais la syphilis bilatérale est le plus souvent en cause.

La transmission conjugale se fait par contagion directe et peut-être également par une sorte « d’imprégnation syphilitique », en l'absence de tout accident contagieux, sans porte d’entrée décelable; celle-ci s'exerce à la longue de l’un à l’autre des conjoints.

Chez l’homme, la syphilis peut être apparente, et attirer l'attention vers lappareil génital. Fournier donne le chiffre de 1 cas d’atteinte testiculaire sur

30 cas de syphilis.

22 , , POCR

Ce peut étre alors l’épididymite secondaire, manifestation assez rare. Le testicule est coiffé d’un noyau épididymaire en forme de casque allongé, indolent, persistant indéfiniment en l’absence de tout traitement. (Dron).

On observe plus souvent, l’orchite tertiaire, « le sarcocèle dur, ligneux, semé de nodosités en grains de plomb enchâssés dans l’albuginée, blindé d’épaisses plaques fibreuses » (Bertin-Schulmann). Ce sarcocèle évolue souvent vers l’atrophie scléreuse, plus rarement vers un ramollissement avec fistulisation.

Les voies d’excrétion sont obstruées, les tubes séminifères altérés et leur jeu physiologique troublé par la prolifération conjonctive. Le fonctionnement de la sécrétion spermatique est entravé.

L’obstruction des canalicules, la destruction du parenchyme, rendent promptement définitive la stérilité, bien que subsistent habituellement les désirs vénériens et les érections.

Mais le plus souvent, la syphilis génitale est ignorée et la stérilité, d'emblée, reste inexpliquée; elle apparaît chez des sujets d'apparence normale, sans modification clinique de l’appareil épididymo-testiculaire. Il s’agit d’une infection syphilitique occulte et agissante, causant la stérilité de certains ménages. L’examen minutieux du sperme fait penser alors à l’hypothèse d’une affection méconnue.

Dans ce cas, il n’y a guère de modification de la quantité de liquide spermatique émise à chaque éjaculation; son aspect plus ou moins granuleux, sa mucosité ou sa fluidité n’ont pas grande importance.

Mais il y a diminution du nombre des spermatozoïdes ; au lieu de 75.000 à 125.000 par centimètre cube, chiffres normaux, leur nombre est sensiblement abaissé ; sur certaines lames même, on peut les trouver isolés, réduits à quélques éléments épars dans le liquide

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