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Avant la puberté, une telle affection est d’un pronostic plus grave : aménorrhée persistante, sexualité féminine inexistante, infantilisme.
À une époque tardive, ce sont les signes d’une ménopause anticipée, analogue à celle consécutive à l’ablation chirurgicale des deux ovaires.
Plus que les pyrexies aiguës, où la dysménorrhée consécutive à la période de convalescence cesse dans les mois suivants, les infections chroniques cachectisantes entrainent souvent la suppression des règles.
A ce titre, l’aménorrhée peut se rencontrer dans les différentes formes de la tuberculose pulmonaire où sa fréquence a été diversement appréciée; elle peut être transitoire ou totale et, le plus souvent, symptomatique d’une simple intoxication bacillaire. Elle n’est pas toujours l’indice d’une lésion évolutive ; elle est, dans bien des cas, indépendante de toute lésion génitale associée.
Ganzow prétend qu’elle est parfois d’un pronostic favorable, car elle semble traduire un processus de défense de l’organisme.
La stérilité, dans ce cas, n’est que transitoire, mais on peut la considérer comme définitive dans les formes graves de la bacillose, où l’aménorrhée traduit la mort fonctionnelle de l’appareil génital.
La syphilis héréditaire, et surtout la syphilis acquise, jouent un rôle capital dans l’étiologie de la stérilité féminine. Elle occupe la seconde place après les infections locales qui constituent l’immense majorité.
« Dans l’étiologie de la stérilité, la syphilis mérite une mention particulière ; tandis qu’elle n’entrave guère la conception à la période secondaire, où elle provoque des fausses couches, elle semble agir particulièrement sur l’ovule à la phase tertiaire, et elle stérilise assez fréquemment. » (Siredey).
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Aussi fréquente, mais plus importante que la syphilis congénitale de l’homme, la syphilis féminine, plus difficile à interpréter, entraîne une stérilité permanente, secondaire ou passagère.
Cette stérilité se fait par obstacle mécanique empêchant l’ascension du spermatozoïde ou la descente de lovule.
De plus, ainsi que l’a écrit Vignes, on doit comprendre, dans une même série homogène, l’avortement, l’accouchement prématuré, la mortinatalité, la mortalité du nourrisson et la stérilité. Ce ne sont que des stades différents dans l’infection syphilitique, dont le premier, selon Raynolds et Macomber, serait la mort de l’œuf fécondé, avant même que la gestation ait pu être diagnostiquée. J
Quelles sont les lésions syphilitiques utéro-ovariennes, dont l’évolution est cause de stérilité ?
Les faits cliniques indéniables existent surtout pendant la période tertiaire.
À cette j'ériode, plutôt que de façon précoce, elle touche le col utérin; celui-ci présente une leucoplasie, de la sclérose ou bien encore des lésions ulcéro-gommeuses; il peut y avoir association de ces formes.
La réaction douloureuse ne se produit pas; cette indolence, ainsi que le caractère blanc grisâtre des ulcérations, ont une importance marquée.
La syphilis du corps, au contraire, détermine une sensibilité à la pression de l'organe et, parfois, une légère douleur sus-pubienne. Les hémorragies sont abondantes, les annexes parfois touchées. C’est, dans ce cas, la syphilis tubaire (Bouchard, Lépine, Marcel) dont les formes peuvent être congestives ou catarrhales, el Gont les symptômes sont une douleur d’abord cscillante, progressive, puis continue, de faible intensité, des trompes augmentées de volume et légèrement
sensibles et des règles dont la durée et l’abondancé sont accrues.
En dernier lieu, la syphilis des ovaires frappe ces glandes de sclérose et aboutit très tôt à la stérilité; Les signes sont les douleurs, les métrorragies ou la dysménorrhée ; les règles subissent des retards avant de disparaître, mais le diagnostic est peu facile, car les signes ne sont pas pathognomoniques.
Pour Milian, Périn et Hallé, l’aménorrhée est un indice important, car elle traduit l’altération du parenchyme ovarien, au cours d’une affection héréditaire ou acquise.
Les lésions, dans les cas précités, sont visibles et appréciables; mais plus nombreux sont les cas de stérilité syphilitique, persistant sans lésion génitale; dans maintes circonstances, l’examen d’une femme inféconde a permis de rejeter les causes possibles de stérilité; il est permis de penser alors à la syphilis héréditaire ou acquise, pour laquelle le traitement institué sera salutaire.
Bertin et Schulmann ont montré les observations de ménages stériles après plusieurs années de vie commune; quel qu'ait été le résultat du Wasserman, un traitement intensif (Novarsénobenzène, Bismuth) était venu à bout de l’infécondité. Ces auteurs rapportent lexamen de 110 ménages syphilitiques, dont 54 étaient stériles : 10 par stérilité volontaire, 5 par lésions de lappareil génital, et 39 sans lésions apparentes.
Il ne faut cependant pas généraliser et dire que tout ménage sans enfant est entaché de syphilis; s’il existe à ce sujet le moindre soupçon, il est permis, pour com- Ller les 2spoirs de ce couple infécond, de tenter un traitement dont l’expérience a souvent montré l’opportunité.
En plus de ces cas purs, où l’infection syphilitique
agit par elle-même, il est des cas où, moins apparente, elle est à la base d’une stérilité endocrinienne, que nous avons, pour notre part, fréquemment constatée.
Frappant les glandes à sécrétion interne, elle provoque des troubles dans lapparition des caractères sexuels secondaires : infantilisme, obésité, etc.
La secrétion est abolie, le développement du sujet entravé (Hutinel) ; chez l’hérédo-syphilitique, l’atteinte de la glande au début de l’âge adulte provoque un état permanent d’infantilisme; plus tardivement, c’est un état « d’infantilisme reversif », étudié par Gandy, au sujet duquel la syphilis a été incriminée.
L'expérience prouve qu'il est de règle, dans tous les cas de stérilité inexpliquée, de penser à l'infection syphilitique. :
LES INTOXICATIONS Ont également leur part dans l’étiologie de l’infécondité de la femme; sans troubler l'ovulation de façon très apparente, ou provoquer des ‘troubles menstruels graves, elles peuvent néanmoins toucher l’ovule et le rendre inapte à la fécondation. On a expliqué ainsi la stérilité des femmes atteintes de saturnisme chronique ou des ouvrières des manufactures de tabac.
Il convient également de citer certaines aménorrhées tendant à l'établissement de la stérilité, dans quelques intoxications accidentelles ou occasionnelles, telles que l'alcoolisme, le tabagisme, la morphinomanie. A côté des intoxications, prennent place différents états dyscrasiques et des troubles de la nutrition, d'origine variée : diabète, arthritisme, obésité.
Diverses théories tendent à expliquer la stérilité, qui en est la conséquence. Actuellement, on admet qu’il est à la base de cette insuffisance ovarienne des troubles du système autonome, compromettant les échanges
de l’assimilation et de la désassimilation des tissus ; l'équilibre biologique du milieu humoral est touché, et peut-être aussi l'ovulation.
Le régime, les cures d’amaigrissement et de désinfoxication ont, dans ces cas, un effet salutaire.
Dans ce même ordre d'idées, il est utile d'ajouter qu'une alimentation insuffisante en qualité ou en quantité, peut parfois expliquer l'infertilité d’un couple.
Dans le domaine expérimental, Loeb, Reynolds, Macomber, Marcel Labbé, ont montré le rôle d’une alimen- {ation réduite sur l’ovulation. Il est hors de doute que les régimes carencés avitaminés agissent d’une façon inhibitrice sur la spermatogénèse du mâle et le cycle ovarien de la femelle.
Dans le domaine humain, il a été vu que le métabolisme basal était abaissé par la réduction du régime alimentaire, d’un taux plus élevé que le taux d’amaigrissement. Les conséquences d’un tel état sont la faiblesse, l'hypotension, l’irrégularité, puis la suppression des règles, facteur de stérilité chez des femmes épuisées et insuffisamment nourries.
Dans certaines classes sociales, la chose est assez fréquente et nombreuses sont les femmes qui se présenteérent à nous, indigènes pour la plupart, mariées précocement, avides de maternité, vivant dans des conditions physiques lamentables, accusant une dysménorrhée qui relevait certainement d’une faiblesse trop grande et d’une nourriture trop parcimonieuse.
LE ROLE DES DYSFONTIONS ENDOCRINIENNES dans la stérilité de la femme est d’une importance considérable.
R. T. Franck dit que, dans vingt pour cent des cas d’infécondité, il y a une déficience endocrinienne. Pour Tandler, le quart des maladies vues par lui auraient pu être traitées avec succès par l’opothérapie.
OS
Il nous est apparu, dans cette étude, que la stérilité endocrinienne venait en troisième lieu et prenait place immédiatement après la stérilité syphilitique, Pune et l'autre présentant en outre quelques points communs, ainsi que nous l’avons dit plus haut.
L’ovaire et surtout le lobe antérieur de lhypophyse jouent un rôle prépondérant dans la non apparition, l'arrêt ou la régression des caractères sexuels secondaires : voix, système pileux, poitrine, bassin, etc.
Le pronostic dépend de la quantité d’hormone ovarienne en circulation dans le sang.
Lorsque celle-ci est en quantité insuffisante, il y a des troubics dans la formation de l’habitus féminin; on constate, à côté du type féminin normal, un type infantile, avec symphyse haute, épaisseur et rigidité du périnée, culs de sac vaginaux courts, menstruation peu abondante; un type neutre, marqué par le non développement des caractères sexuels secondaires, bassin généralement rétréci, utérus petit, troubles de l’ovulalion et, ua type pseudo-masculin, avec bassin épais, hypertrichose, hypertrophie du clitoris, menstruation normale ou exagérée. (Cotte).
Mais la prépondérance doit être accordée à l'hypophyse antérieure, qui tient sous sa dépendance la physiologie ovarienne.
Zondeck, dans ses expériences sur les hormones antéhypophysaires, distingue deux hormones sexuelles : üne hormone folliculaire et une hormone de lutéinisa- Uüon, auxquelles il a donné le nom de Prolan A et de Prolan B. Pour Courrier et Kehl, il n'y aurait qu’une seule hormone, agissant de différente manière suivant la dose employée. Nous reviendrons, dans un autre chapitre, sur l'emploi du Prolan et de la Gravidine, dans le traitement de certaines stérilités dues apparem-