‹ La Stomatite Mercurielle: Et Son TraitementChapitre 8 sur 16 · D EE · texte numérisé non relu

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Gougerot emploie dans le même but le soufre précipité lavé à la dose de 1 à { gr. en cachets.

D'ailleurs la propriété du soufre colloïdal comme moyen préventif des stomatites mercurielles a été mise en valeur par Loper, Bergeron, Varham qui préconisent sous forme d'injections intra-muscullaires ou veineuses un mélange colloïdal préparé par Dausse, de soufre et de mercure

1/4 ox gr. de $. colloïdal.

L m. gr. de Hg insoluble.

Injecter 1, 2,3 ce. tous les jours ou tous les ? jours.)

Récemment encore Robin, Maillard, Bouveyron, dans le même ordre d'idées, utiliseraient Ia propriété du soufre coHoïdal comme moven préventif de la stomatite. L'administration de ce médicament réalisant « la station sulfurée à domicile » aurait également une action thérapeutique sur les stomalites déclarées pris à la dose de 2 cuillerées à soupe par jour.

Enfin pour terminer ce chapitre de prophylaxie nous insisterons sur la nécessité d’une bonne hygiene buccale en supprimant toute cause dirritation locale : fumée de tabac, mets épicés, moutarde, vinaigre,

alcool.

2 Traitement curalif.

Si malgré tout, pour une cause quelconque, négligence du malade où du médecin, Ja stomalile se déclare, nous aurons à instituer au plus vite le traitement curatif :

1° En agissant directement sur la lésion:

2° En éliminant de l’organisme Ie mercure qui contribue à l’aggravation de la lésion.

Nous n’aurons recours à l'élimination du mercure que dans les cas graves de stomatites tardives; pour les Cas bénins il suffira de suspendre le traitement.

Dans les stomatites légères on pourra se contenter selon 1e précepte de Fournier de cautérisations au nitrate d'argent, de lavages fréquents toutes les deux heures avec une solution antiseptique de chlorate de potasse à 50 % ou d’alun.

Où mieux des gargarismes avec une solution d’eau oxygénée et des attouchements des gencives tuméfiées avec une solution d'acide chlorydrique à 1 p. 5. L’amendement est immédiat.

Dans les formes moyennes qui sont de beaucoup actuellement les plus fréquentes, nous pourrons essayer d'éliminer le mercure de l'organisme par des purgatifs alcalins ou des bains sulfureux. Citons à litre documentaire la méthode du Docteur Stepanow, de Moscou, qui a constaté que les bains d'air chaud accéléraient d'une manière surprenante l'élimination du mercure et qui les utilise pour traiter la stomatite : « La salivation diminue très rapidement après un ou deux bains et disparait complètement si on les conünue ». On peut donc contribuer par ce-moyen à éliiminer en grande partie le mercure de l'organisme.

Mais les remèdes locaux, sous forme de lavages antisepliques et d'applications de (opiques, sont dans cette forme moyenne, de beaucoup les plus imporlants.

Le chlorate de potasse à été très employé et lest

encore trop actuellement: il est loin d'avoir la valeur que lui a légué la tradition et les observations montrent qu'il est bien inférieur à beaucoup d'autres antiseptiques.

Finger a préconisé l'emploi de Acide phénique MOT OU Mie FT etes à rnb es PR rs |

LE AS SL EL LT CES ARTS NAER RER CRE «1 cuill. à café dans | verre d'eau en gargarismes.)

ou bien’:

LE PSE) EOENERe re 10 gr.

12 QU ee 9 1 PP RM RESTE TR l 100

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RAUPASANEOS SX. MEET: \ é

L cuill. à café dans + verre d'eau.)

Le permanganate de potasse le cède comme cfficacilé aux autres remèdes (Niclot et Marotte), abstraclion faite du dépôt brun foncé sur les dents et difficile à enlever, ce qui fait qu'on ne Femploie guëre.

Diday prescrit de tenir dans la bouche le plus souvent posible une gorgée de

Eau distillée 200 ur.

SU ne AL. 8 gr.

Plus actif serait le sublimé préconisé par dé Renzi en solution à 1/4.000. En 1888 il publie la guérison de stomatites mercurielles en 5 jours par l'emploi d'un collutoire au sublimé).

A. Wolff dit que le gargarisme au sublime est capable de prévenir le développement de Ta stomatite mercurielle et si elle existe d'en produire rapidement la guérison (1).

{) Lehrbuch des Haütkrankheiten (1893), Stuttgart.

2 dE

Le Docteur Parfenowsky, dans son travail « Désinfection de la cavité buccale par les agents chimiques » (Saint-Pétersbourg, 1899) dit que le seul remède effi-

cace pour désinfecter la cavité buccale dans le cas de

stomatite mercurielle est le sublimé en solution rela-

tivement forte : 1/2.000°,

Dans le même but Galippe, Bergé préconisent la liqueur de Van Swicten étendue de 3/4 d’eau en lavages et badigeonnages, suivis d’un lavage à l’eau pure destiné à empêcher l'absorption du médicament, car il deviendrait par ce fait plus nuisible qu'utile.

L'eau oxygénée est un des meilleurs médicaments pour traiter localement la stomatite. mployée en lavages elle agit mécaniquement en débarrassant les sertissures gingivales péricervicales des produits de décomposition qui y séjournent. Elle désodorise Fhaleine fétide tvpique de l'affection et amène en peu «le temps la sédation des irritations.

Citons encore la solution d'hypochlorite de soude où Hqueur de Labarraque en gargarismes et lavages Jusqu'à 10 % dans de l'eau tiède et qui nous à donné de très bons résultats, concurremment à emploi de la solution de bleu de méthylène.

En dehors des lavages, des gargarismes et des bains

de bouche, les topiques utilisés localement varient selon les auteurs.

Fournier préconise Glvcérine pure

Bo rale de soude

Selon Finger pratiquer des attouchements avec

Teint. de inoixtde Gale em 21 \ 30 nee aà J0 gr.

Teint, Ce. LT ET MN ®

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Date t'opiunm MS RURE | Havrdisiléée ee eu Ra 20 2er.

Porter deux fois par jour sous les bords décollés

des gencives la pointe d'un pinceau mouillé dans

ADAL DOS nc un Ne. 15 1 Acide ”/chlorhydrique. «274 ge.

(Spilimann.)

Badigeonnages à la teinture d'iode fraiche (Vincent).

Cautérisations au nitrate dargent en solution de > à 10 & (Simonin. Favre ct Drevfouss). Favre et Drevfouss emploient la solution à 10 % sur un tampou de coton pour détérger énergiquement les ulcé- -ations et badigeonnent ensuite avec une solution de bleu de méthylène à 1 %. Le traitement est renouvelé chaque jour et la plaie devient bientôt bourgconnante. À ce moment lenduit de putrilagineux qu'il était devient pelliculaire; ils emploient alors la solution de nitrate d'argent à 1 p. 30. (Ces auteurs em. ploient cette médication de préférence aux médications au Salvarsan pour des raisons d'ordre pratique).

L'acide sulfurique de Nordhausen et Pacide chromique déliquescent portés à l'aide d'une fine spatule ou d'un fit de platine au niveau des ulcérations et des rebords gingivaux ont été préconisés par Siredey. Ces médicaments sont encore très employés par bon nombre de stomalologistes.

Nous en avons fait l'essai et reconuus inféricurs à

Re

l'acide chlorhydrique diluée à 1/4 ou 1/5, en appli- ‘ations directes et rapides sur les ulcérations à l'aide d'une simple boulette de coton imbibée et coneurremment avec les Javages antiseptiques à l'eau oxygénée. La stomatite guérit radicalement en 3 ou 4 Jours, quelquefois après un seul attouchement, à condition toutefois que ee traitement soit comme tous les autres précédé d'un nettoyage minutieux de la bouche et des dents.

Comme {opique agissant bien dans Ja plupart des cas, indolore, non ‘austique et non toxique, nous citerons encore le chlorchromate du Docteur Gaillard. IF enraye rapidement les accidents tout en les

‘almant immédiatement. La formule est Ia suivante

ERA TISHICE "SES TN TEN A ANE 100 gr.

Acide chlorhvdrique pur... DD T:

Bicarbonale de potasse.....……. q.S. pour saturer

Badigeonner la muqueuse à l’aide d’un lampou de coton imbibé de cette solution sans se préoccuper outre mesure dé ne pas toucher les parties saines. Après le badigeonnage, rincer la bouche à l’eau bouillie (d’autres composés : l’eau OXYgénée par exemple donneraient une teinte noire), Dès te premier badigeonnage la souffrance disparait et l'haleine perd sa fétidité (D' A. F. Plicque) (1).

Le bleu de méthylène a été et est encore beaucoup eMPIoyé avec succès dans les formes moyennes, soit en applications locales de poudre de bleu chimique-

ment pur porté directement sur les lésions à l'aide

1) Journal de Médecine et de chirurgie praliques (octobre 1920).

ag “ es

d'un tampon de ouate hydrophile (Siredey). La saveur désagréable du début disparait vite après le premier lavage qui suivra quelque temps après le badigeonnage, Soit en application d'une solution hydro-alcoolique à 1 ou 2 %.

On constate par cette méthode une amélioration sensible au bout de 2 ou 3 applications journalières. L'emploi du bleu cause cependant quelques ennuis à cause de son grand pouvoir tinctorial. Le traitement a une apparence de malpropreté. Cependant il nous a toujours donné des résultats {rès satisfaisants dans les cas de stomatite d'intensité moyenne, employé comme topique en même temps que des lavages avec l'eau oxygénée diluée.

Nous citerons enfin l'emploi de l'arsenobenzol et de ses dérivés : la découverte de linfection spirilaire constante dans les stomatites mercurielles à conduit à l'application directe de ces topiques sur les lésions de la cavité buccale ou indirecte par voie intraveineuse.

L'arsénobenzol avait été déjà enrployé en injections intraveineuses dans l’angine de Vincent, en Allemagne par Ehrlich, et déjà dans son esprit ce traitement s'étendait à toutes les affections à sprirochètes.

Des essais furent faits par Gerber (cité par Gouget) sur les spirochètes parasites de Ta bouche el sans succès. il mobtint qu'une immobilisalion de quelques heures de ces micro-organismes; il ne s'en suivait pas que les spirilles des tissus ne devaient pas ètre

atteints,

Ebrlich signale pour la prémiere fois un cas d’angine de Plaüt guérie en 4 jours par le 606. Rüumpel en cite ensuite 7 cas. Le spirille disparaissait et le bacille fusiforme semblait ensuite se résorber.

En 1910, Gerber (1), médecin à Kœnigsberg, recommande emploi du 606 dans les angines, les stoma- Utes uleéreuses, le noma, le scorbut et les stomatites mercurielles.

C’est en 1911 qu'en France Achard étudie Faction du 606 sur les maladies fuso-spirillaires et préconise le traitement local.

Flandin en 1911 "confirme lemploi du 606 comme topique local.

C’est Le Baye (41912) qui montre le premier l’efficacité du traitement par le 606 de la stomatite mercurielle et Roger (1912), dans sa thèse, publie des cas de guérison obtenus par cette méthode. Chompret en 1912 et la mème année Milian présentent des observations de stomatites mercurielles quéries par le 606. Queyrat en 1914 signale la guérison d'une stomatite ulcéro-membraneuse grave par des applications locales dé salvarsan.

Où a utilisé l'arsénobenzol et ses dérivés de façons assez diverses :

1° En injections intra-veineuses, lorsqu'elles sont pralicables, semblent avoir une action très rapide et la guérison est amenée le plus fréquemment en quelques jours. Il est nécessaire d'appliquer ce mode de traitement dans les cas présentant une certaine gravité.

o Veber die Wirküne der Ebriich-Halasehen Wittel aûf die Mündspirochéten (Deuteh. méd. \Vaché 41910 m6).

2 En applications locales de solutions ou de poudres.

Les solutions suivantes ont été préconisées

Glyeérine : T di Eau 1 CIE NP EE EE O gr. 0

ou bien :

EN R D e tee che ereinece à er, 60 Eau salée physiologique...

(Achard).

ou :

DRE da re Rs eos OÙ

6 gr.

Les applications de poudre sont les plus employées à l'heure actuelle, La difficulté de déposer le topique en poudre exactement aux endroits lésés et cela avec le moins de pertes possible a conduit à employer diverse méthodes

On a préconisé l'emploi du tampon de ouate giycé® riné, roulé dans la poudre de 606 où 914, ou Femploi. d'un pinceau sec. Il en résulte une perte de produit assez considérable.

L'insufflation de la poudre est préférable à toute autre méthode, elle peut être faite à l’aide d'une instrumentation très simple, Nous nous sommes fréquemment servis d'un appareil basé sur Île principe du pulvérisateur de poudre de Vincent employé aux armées. Cet appareil peut d’ailleurs bien servir pour l'application d'un grand nombre d'autres topiques

au niveau de la cavité bucco-pharyngée. La seule

précaution importante à prendre est de recommander au patient de retenir soigneusement sa respiration pendant Fapplication pour éviter l'introduction dans les voies aériennes de particules de substance, ce qui provoque une toux excessivement intense.

D'ailleurs le léger nuage de poudre produit se dépose immédiafement dans l'atmosphère humide de la cavité buccale, la respiration n'est donc interrompue que très peu de temps.

Ces applications devront être faites après que l’on aura compiétement détergé Ia surface des ulcérations de lexsudat membraneux qui les recouvre. Les applications seront renouvelées tous les jours dans les cas graves et tous les 2 jours dans les cas de moyenne intensité.

Dans les cas graves certains auteurs ont préconisé emploi de liodoforme .

Mikuliez indique l'emploi, dans les cas d'ulcérations très étendues, de gaze-iodoformée, bourrée dans les vestibules supérieurs et inférieurs et sur la face linguale du maxillaire inférieur.

I semble néanmoins qu'il y ait avantage, dans ces formes graves, à employer l'arsénobenzol ou le néo en applications locales et en injections intraveineuses de doses faibles, combiné avec des lavages antisepliques bleu de méthylène ou eau oxygénée. On arrivera ainsi à faire rétrocéder l'infection.

Dans les cas graves il faudra surveiller l'état général du malade. Comme la plupart de ces affections graves ont été causés par l'emploi de piqûres intramusculaires d'huile grise ou de sels insolubles il fau-

dra repérer les nodosités fessières par la palpation ou par l'exploration radiographique.

Les kystes localisés Seront extirpés pour éviter d'entretenir Ia saturation en mercure de lForganisme et, par suite, d'accroitre la virulence des füso-spiriles et prolonger el aggraver par Fà les symptômes de stomatite. Le seul échec à éviter est de tomber dans la phase gangréneuse de laffection buccale car, à ce moment, les arsenicaux n'ont plus aucune action ef.

ficace et le malade meurt rapidement d’adynamie.

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