Kuhn. ZeitschHfl. Xll
puisqu'en réalité, pour ce temps antérieur à la séparation des langues et des peuples, il n'y avait pas encore les lOvt; qui plus tard eurent une existence propre. Mais pourtant la masse compacte des Indo-Germains composait déjà alors, par opposition aux autres grandes races, un peuple, un 26vo;, d'une individualité bien caractérisée. Le mot proethnique paraît donc n'être pas tout à fait juste. Le langage de cette époque la plus primitive est appelé par Schleicher, et j'adopte son expression, la langue indo-germanique ou, plus exactement, la langue primitive indo-germanique. La dénomination de « période de la pluralité » et « période de l'unité » restera toujours dans un tableau par périodes la plus simple et la plus claire. De ce point de vue ethnographique, la période de l'unité n'est pas susceptible de division, mais pour celle de la pluralité, la division est nonseulement possible, mais tout à fait indispensable. C'est un fait, je crois, universellement reconnu, que la séparation des peuples s'est accomplie peu à peu, et on est aussi d'accord sur la plupart des groupes. Ce n'est pas ici mon dessein d'entrer dans le détail de cette question qu'on ne pourra, je pense, faire avancer et dépouiller de son caractère actuel d'assertions provisoires et hypothétiques, qu'après une série de recherches spéciales. Dans mon mémoire sur < la division du son AS » j'ai cherché à contribuer pour ma part à la solution de cette question. Le feit qui est ressorti pour moi de cette recherche et que je ne donne moi-même que comme provisoire et ayant besoin de recevoir une confirmation d'autre part, c'est que les langues indo-germaniques se sont partagées d'abord en deux grandes moitiés, la moitié asiatique et la moitié européenne. Sans revenir là-dessus je veux seulement faire observer ici que cette manière de voir s'accorde très bien avec les résultats de la belle étude de Miillenhoffsur les Scythes du Pont^. Il y montre avec la dernière évidence que ces Scythes, bien qu'habitant l'Europe, appartiennent pourtant à la famille Persique ou Iranienne. Or, la langue scythe, dans les débris qui nous en restent, participe du vocalisme de la famille asiatique, au moins en ce qu'elle n'a point divisé le son aen e (plus tard i) et en o (plus tard u) de la même manière que les langues européennes. L'a s'est conservé plus longtemps. Il suffit de comparer è-vap-eeç (==àv-av5p-ot)3 ^^y^^
1. Berichte der Kœnigl. Sachsischen Gesellschaft. 1864, p. d et suivantes.