IL PERIODE DES DETERMINATIFS
Si dans l'analyse de formes données nous atteignons souvent un point où nous devons nous arrêter définitivement, et des formes fondamentales dont le caractère primitif ne peut être révoqué en doute, il arrive aussi quelquefois que là forme fondamentale obtenue de même soulève une question nouvelle, celle du rappOTt de cette 'forme avec une autre plus courte, et à ce qu'il semble plus élémentaire. Bien certainement la racine gan^ grécoitalique gen^ est la base du sanscrit ^ana-^mi ou ^a-^gan-^mij des formes nominales fartas = févoç, lat. genus , gan-i-tar = Yev-e-TTf)p, gen-i-tor^ etc., de même que la racine an, par exemple, est ceUe de la forme verbale an-t-mt, des formes nominales an-a-5 « souffle », grec av-£-ii.o-ç, lat. an-t-mw-5 et an-i-ma. Mais tandis que pour la seconde de ces formes fonda-
1. Beitrxge zur Vergleichenden Sprachforschung, II, 92 et suiv.
mentales, il n*est pas probable que personne s^avise de pousser plus loin Tanalyse, à côtà de gan au contraire se présente la forme g a dans le sanscrit , grâ-/w « naissance », ^a-j-^y «je nais », gr. ^é-Ya-iuv, et il faut se demander quel est le rapport de la plus courte à la plus longue. Pour être conséquents, nous devons considérer la plus courte, que nous avons Thabitude de nommer la racine primaire, comme la plus ancienne, et la plus longue comme la plus nouvelle, formée delà précédente. J*ai proposé pour ces éléments additionnels qui font la différence des formes plus nouvelles aux plus anciennes, le nom de Déterminatifs déracines. J*ai déjà traité cette question dans les Chrundzûge der griechischen Etymologie ' . Il sera donc superflu d'entre ici dans de plus amples détails. Cependant nous pouvons discuter en peu de mots quelques points que je n*ai pas touchés alors, La plupart des linguistes regardent cet élargissement des racines comme un phénomène relativement récent. L'explication qu'ils en donnent est de deux sortes. Quelques-uns en effet y reconnaissent une composition d'une racine non fléchie et d'une racine fléchie. Si le dap qui se présente dans îi-w-T-o), Sax-ivi^, supposait réellement, comme le veut Benfey, un verbe analogue au causatif sanscrit dâpajà-mi, ce p ne 3e serait introduit que dans la période où la flexion verbale était en pleine vigueur. Benfey, par une hypothèse en tous cas assez hardie, explique ^o/a-mi par facio. Le tout serait ainsi une formation récente, une forme verbale composée, analogue au latin cale-facio. Mais dans toutes les langues de notre race nous remarquons après le complet achèvement de la flexion verbale une aversion déclarée pour l'union immédiate de racines verbales avec des formes verbales fléchies. La composition, si fréquente pour les formes nominales, est pour les verbes, à part leur union peu étroite avec des préfixes, généralement évitée, et ce ne peut être là l'effet du hasard. Il n'y a d'exceptions que pour un petit nombre de thèmes verbaux dont le sens s'est fort effacé et qui ont pu ainsi servir de verbes auxihaires, comme les racines as, ja, dha. On ne peut méconnaître l'emploi de pareilles radines dans la formation des temps. Mais là même les formes sont sans comparaison plus primitives que ce dâ-pajâ'-mi, propre au sanscrit, et qui porte toutes les traces d'une dérivation d'un thème nominal. En outre, il ne se forme pas de ces éléments un tout doué d'ime aussi grande cohésion ; les liaisons que ces verbes auxiliaires contractent avec