‹ La stratification du langageChapitre 23 sur 54 · GrundzUge, 2* éd., pp · texte numérisé non relu

GrundzUge, 2* éd., pp

suite des progrès de la civilisation demandaient à être désignés par un mot. Nous sommes fondés à conjecturer que cette tendance plus durable s'est aussi éveillée plus tard. Au contraire dans les déterminatife nous avons toute raison de reconnaître de très anciennes additions aux racines, qui pour cela même ont formé avec elles les combinaisons les plus solides, et qui» par la manière dont elles sont traitées dans la flexion, ne laissent entretoir aucune différence entre les racines élargies et les racines primaires. Il est possible, vraisemblable même , que lorsqu'une fois une série de types se fut établie, d'autres se soient formés d'après leur analogie. Mais les ty^es eux-mêmes remontent en tous cas à une époque reculée.

Je crois devoir, maintenant encore, laisser sans réponse la question de l'origine des déterminatifs. Le plus vraisemblable pour bien des raisons, au moins en ce qui concerne plusieurs de ces éléments additionnels, c'est qu'ils cachent des racines verbales. Mais s'il en est ainsi, nous avons là l'exemple d'une composition fort différente de celle de formes verbales fléchies avec des thèmes verbaux, que nous avons plus haut refusé d'admettre. Les racines mêmes ne sont ni noms, ni verbes. En supposant donc qixejiMÎh soit un ancien jt^ha « lier faire » \ nous aurions ici un composé qui ne serait nullement comparable à une formation impossible comme èvojjLaTtôtjiJLt, mais qui rappellerait plutôt une forme telle que îvo[i.aTo6éTtîç. Car précisément ce qui empêchait la composition avec des formes verbales développées, c'est-à-dire la nature polysyllabique et la variété des formes diangeant selon les besoins de la pensée, n'existait pas ici. De même si les déterminati& cachaient des thèmes pronominaux , l'emploi en serait tout autre que dans les formes nominales caractérisées par des suffixes. Admettons que le k additionnel de la racine tark, trak comparée à la racine tar, tra^ soit le même qui distingue le thème Xt6a)t de Xi6o : l'emploi en serait cependant très différent dans les deux cas. Dans le nom, le k indique un objet particulier qu'il fait ressortir de certains autres. Dans le thème verbal, la notion que celui-ci renferme est tout entière et essentiellement modifiée. La différence est à peine moindre que celle du suffixe as employé comme élé-

1. 11 se peut que remploi de la racine dha dans certains thèmes de temps, par ex. dans les formes grecques comme icXi^-0(d, %ep-é-OovTo, et particulièrement à Taoriste passif, et aussi la formation du prétérit faible allemand, reposent sur une fusion de cette racine avec d'autres, beaucoup plus récente que celle dont nous traitons ici.

ment de formation des mots , pour firapper des racines yerbales d*une empreinte qui en &it des noms de signification abstraite, et le même suffixe as désignant le nominatif pluriel ou le génitif singulier d*un thème nominal. Donc, lors même que les deux k auraient la même origine, les deux usages que le langage en M ne se ramèneraient pourtant pas à la même analogie ; ils appartiendraient, à ce qu'on peut conjecturer, à des temps tout à &it difierents de Thistoire, à des tendances différentes de Tinstinct du langage.

En principe, il me semble qu*on peut bien se représenter une partie de ces éléments additionnels comme provenant de racines Yerbales, une autre comme provenant de thèmes pronominaux. Et même, on ne peut écarter absolument la possibilité d'une origine purement phonique pour la nasale qui distingue la forme gan de la forme plus faible ga. Le nom de détermina tif donné à ces éléments additionnels ofire au moins l'avantage de les distinguer avec précision d'éléments additionnels d'une autre espèce.

A l'aide des racines élargies au moyen de déterminatifs, on a dû pouvoir immédiatement désigner un bien plus grand nombre d'idées. Peut-être est-ce aussi dès lors que le langage a connu des mots dissyllabiques, en sorte que juniha, tar-kay furent usités à côté de Jw, tar. Si l'on suppose que cet état du langage ait duré un certain temps avant l'apparition de la flexion , on pourra concevoir aussi que la voyelle finale , non protégée durant cette période, soit tombée, et que la consonne finale soit restée seule comme élément additionnel.

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