Doppelung
diversité des formes invite partout à la distinction ; eUe éveille une autre tendance du langage, la tendance à la di£férentiation. Dans ce daniâ-ma en regard de dà-^ma, nous avons le premier exemple de cette différence entre le thème fort et le thème faible qui dès lors ne resta pas sans signification. Il est hors de doute que le thème redoublé dut^ dès le commencement faire ressortir davantage l'action , et qu'au contraire les formes tirées du thème non renforcé servirent à l'aflSrmation plus simple. Mais à la vérité il est possible que dans cette période la différence entre da-da-ma et dà-ma, ou entre da-dâ^-mi et rfa-mt, n'ait été encore que très peu déterminée. Nous avons déjà eu l'occasion de parler ^ des formes redoublées et des usages différents auxquels elles servaient; comme nous l'avons vu, la place propre de la forme redoublée ne s'est précisée et fixée que quand d'autres moyens de distinction se furent offerts dans le cours du temps.
n est très vraisemblable que l'origine de l'augment remonte aussi à cette période. L'augment se montre devant les formes verbales les plus diverses, entre autres devant les formes verbales primaires a-dâ-m, a-dadâ-^m. Je ne vois aucune raison pour qu'il n'ait pas fait son apparition dès cette période. L'augment provient, ainsi que je l'admets avec la plupart des linguistes, d'un thème pronominal indiquant l'éloignement. Peutêtre ce thème a s'était-il déjà antérieurement fixé comme particule exprimant l'idée du passé. Nous rencontrons en effet des particules de ce genre dans les langues qui n'ont point créé de flexion proprement dite. Peut-être, avant la combinaison de cet a avec la forme verbale, l'usage s'était-il établi déjà, par opposition aux thèmes pronominaux désignant le sujet, de renvoyer devant la racine celui qui sert à un objet si différent. Le pas décisif était l'union de cet a avec les syllabes suivantes sous un seul accent tonique. Si ces hypothèses sont justes, nous ne pourrons, il est vrai, avec Schleicher*, regarder l'augment comme une forme casuelle du thème pronominal a. Car les formes casuelles sont encore complètement étrangères à cette période comme aux deux suivantes. Mais aussi ne vois-je dans le son de l'augment aucune raison qui oblige à cette hypothèse. L'augment a ne porte aucune trace d'une formation casuelle, non plus que les terminaisons ma, tva^ ta. Le seul point que les