V. Schleicher. Compmdmn, § Î15, page
sième personne dans le verbe, de l'autre à caractériser des thèmes nominaux ; et comme les deux usages n'auraient pu s'établir dans le même temps sans compromettre la clarté, nous en avons conclu que le premier doit être tenu pour plus ancien que le second. Or une observation plus pénétrante donne encore , en ce qui concerne les suffixes nominaux^ un nouveau résultat. On ne peut guère attribuer d'autre sens propre à un suffixe de formation, que le sens indicatif. Ces suffixes sont tous, sauf le petit nombre de ceux qui peuvent s'être formés de racines verbales dans des périodes plus tardives du langage, des pronoms qui n'ont d'autre valeur que cette propriété d! indiquer. Par le feit qu'on indique une chose, cette chose ne subit pour cela aucun changement. On ne peut donc dire à la rigueur que les suffixes de formation aieat la propriété de donner à une racine l'empreinte définitive d'un nom. Mais plutôt la racine avait déjà par elle-même la fonction nominale, et l'adjonction d'un pronom n'a d'autre effet que de faire ressortir cette fonction. Bhàr, dâ, gnày devaient être déjà des noms, avant que les pronoms a, ta^ man s'y fussent ajoutés dans les thèmes bhâr-a « fardeau, » (racine bhary porter), date «ce qui est donné,» gnà~man «action de reconnaître, nom.> Le pronom ainsi joint à la racine a quelque ressemblance avec un article. De même que ce dernier ne fait pas le substantif, mais le suppose, le suffixe pronominal suppose aussi le nom. Traduite dans la langue des anciens grammairiens cette théorie peut s'exprimer à peu près ainsi : toute la formation primaire des mots repose, non sur la Paragoge, mais sur le Parasehematisme ^ ; car le Paraschematisme est « ea vocabulorum decli- > natio naturalis qua intellectus non mutatur. » Mais s'il en est ainsi, le temps où les thèmes nominaux ont reçu une empreinte plus riche a dû être précédé d'un autre où la catégorie du nom, par opposition au verbe, s'était déjà gravée dans la conscience du langage, sans le secours de ces éléments indicatifs analogues à l'article. L'existence de noms sans suffixes est, à mon avis, un degré qui a dû précéder l'apparition des noms pourvus de suffixes. Il semble que le nom était d'abord désigné d'une façon purement négative, c'est-à-dire par le feit qu'il ne présentait pas, comme le verbe, des pronoms adjoints à la racine; en sorte que c'est grâce à cette opposition seule que la différence entre le nom et le verbe commença à être perçue. La racine par elle-même n'était ni nominale ni verbale. Puis vint un temps où, combinée avec des