IV. PÉRIODE DE LA FORMATION DES THÈMES
L'état du langage, tel que nous l'avons conjecturé pour la période précédente, laissait subsister un certain défaut de symétrie entre le verbe et le nom, celui-là articulé en mots polysyllabiques par le moyen de désinences variées, celui-ci resté monosyllabique et non susceptible de modification. Il n'était guère possible qu'un pareil état subsistât longtemps. Cet instinct d'équilibre ^ qu'on observe jusque dans le système phonique du langage, doit à plus forte raison dominer le système des formes. Nous avons cru pouvoir affirmer que l'adjonction de suffixes s'était faite plus tard dans le sens attributif que dans le sens prédicatif. Mais il n'est pas possible de décider si, dès le temps où se multiplia la ramification des formes verbales, par exemple dès le temps du perfectionnement réalisé par la formation du moyen, il ne s'est pas produit déjà des rudiments de la seconde manière. Ici aussi le langageaura débuté par le moins complexe, parl'adjonctiondesimples voyelles, a, i, w, qui toutes existent comme thèmes pronominaux, et de là, faisant un pas de plus, il aura employé comme suffixes des syllabes telles que an, as^, ta, ma. Gomme il n'y a rien