‹ La stratification du langageChapitre 31 sur 54 · GrundzUge der Gtiechischen Etymologie, 2* éd., p · texte numérisé non relu

GrundzUge der Gtiechischen Etymologie, 2* éd., p

2. Sonne admet (Zeitschrift, Xll, 342) que le suffixe as contient la racine as être. Si cette hypothèse ^tait juste, ce qui d'ailleurs ne peut

dans le langage qui soit absolument dépourvu de sens, ces thèmes pronominaux avaient naturellement chacun leur signification propre, ils répondaient à diverses manières d'indiquer. Il s'agissait là de nuances délicates comme celles que les Allemands sentent entre er et der^ entre dies et das. Si cette adjonction de suffixes dans le sens attributif avait pour effet général, ainsi que nous Ta vous vu S de faire ressortir la signification nominale du thème, Temploi de suffixes différents rendit immédiatement des distinctions possibles , mais des distinctions d*une nature très individuelle. Car on ne peut, comme nous l'avons vu, se représenter à l'origine de la formation thématique primaire une distinction de cat^ories pareilles à celles qui s'établirent par un perfectionnement des époques postérieures. Le même a (o), qui dans le sanscrit a^^-^s « celui qui pousse, » = àr^à^q^ désigne la personne qui agit , sert dans bhàr-a~s « fardeau , » = ç6po-; «contribution, » à la désignation d'une chose sur laquelle l'action s'accomplit. Il y a plus : un seul et même mot se présente avec les deux sens : a^à-^s signifie « celui qui pousse » et « action de » pousser (au neutre), marche » (comparez ag^-men = set. agman)\ hkàra-s aussi bien que ç6po-; signifie en composition 4c porteur. » De la même racine ag se développe, en. sanscrit au moyen du suffixe t, en grec au moyen de -wv, l'idée de la lutte à la course, ou d'une joute quelconque : a'g-i-s =: (iY-«»>v. A cela s'ajoutèrent encore deux moyens auxiliaires, la gradation phonique qui avait déjà fait son apparition dans la période antérieure, et l'accent. Ils rendirent possible une abondance bien plus grande encore de formes différentes. La tendance à la distinction trouva ici le plus riche aliment, mais il paraît difficile qu'on devine jamais les raisons particulières de la distinction réalisée dans chacun des cas. Le lien qui existe indubitablement entre la signification du mot et le suffixe de formation est très mystérieux. Nous sommes à peu près forcés d'admettre que dès une époque reculée les thèmes nominaux se multiplièrent avec une surabondance qui offre le contraste le plus frappant avec le nombre borné et la simplicité des flexions verbales. Il y eut ainsi une foule de synonymes qui ne se délimitèrent avec plus de précision les uns vis à vis des autres que par un usage prolongé. Souvent même cette délimitation n'eut lieu qu'après la séparation des langues : aussi

guère passer pour démontré, ce suffixe seul sortirait entièrement de i*analogie des autres suffixes primaires.

s*en faut-il beaucoup que les langues soeurs offrent ici une concordance aussi complète que dans la flexion. C'est également dans notre période que l'idée du genre grammatical doit s'être présentée à la conscience du langage; mais ce ne fut d'abord que celle d'une distinction entre le masculin et le féminin. Dans les mots sans suflSxe il est impossible d'exprimer une distinction de genre. Mais avec les voyelles a, i, u, il s'établit une différence consistant à caractériser le féminin par l'allongement. Cette tendance d'ailleurs n'a produit son effet avec une entière conséquence que pour a, mais de telle façon que tous les suflSxes terminés en a suivirent la même analogie. EUe doit aussi avoir affecté dans le même temps la plupart des thèmes pronominaux. D y a encore dans cette circonstance un élément chronologique. Si la tendance à la distinction des genres avait été déjà éveillée avant que s'opérât dans les formes verbales l'adjonction prédicative de suflSxes, nous devrions nous attendre à trouver dans celles-ci, comme dans le verbe sémitique, des différences de genre. Dans un temps où l'on distinguait déjà entre ta et tâ^ il était presque impossible qu'il en sortît un ta, plus tard ti, indifféremment masculin ou féminin. Le défaut complet de distinction du genre dans le verbe à désinence personnelle pourrait passer, avec la formation différente du pluriel * , pour un des indices les plus clairs de la priorité des formes verbales sur les formes nominales développées. Quand les thèmes pronominaux simples eurent été employés comme suflSxes attributifs, on avait encore la faculté de les combiner entre eux, et c'est ainsi qu'après celui et lui, on utilisa celui là, lui là, et après ce et le, ce là, le là. Ainsi se formèrent des suflSxes dissyllabiques comme an-a, ma-^a, tcHoa, torra, susceptibles d'être eux-mêmes diversifiés par des allongements, par une accentuation différente, et par la distinction du genre. Peut-être pourrions-nous admettre déjà pour cette période un nouveau mode de multiplication des formes, par raccourcissement des suflSxes composés. Si nous avons vu dès la période précédente les désinences verbales polysyllabiques et chargées de trop de matière s'alléger en s'affaiblissant et en s'émoussant, la même hypothèse pour les thèmes nominaux n'a rien que de très naturel. Deux des suflSxes nominaux les plus usités, tous les deux certainement antérieurs à la séparation des langues, les suflSxes ant et tar, ne peuvent qu'à cette condition s'expliquer par des thèmes pronominaux. Nous pouvons ramener ant à une forme

plus ancienne an-^a dont le second élément aurait ensuite perdu son a, et tar^ à ta-^a. Si cette explication est juste, et elle se recommande au moins par sa simplicité, elle renferme un nouTel élément chronologique d*une importance réelle. Dans un temps où les formes casuelles existaient déjà, on ne comprendrait guère cette chute de la voyelle finale. La terminaison casuelle forme un rempart qui préserve le thème de la déformation et de Témoulement. Au nominatif tout au plus une abréviation de bharantchs en hkarant-Sy de da-tara-s en dâtar^, s'expliquerait encore au besoin par l'analogie de transformations semblables dans des périodes postérieures du langage. Mais aux autres cas il n'y a guère de communauté possible entre des formes comme bharanr tor^ja et bharantHis au génitif, comme dàtara-i et dâtar-i au locatif. Or la chose devient facile à comprendre dès qu'on admet une période où sans doute s'était déjà produite une formation variée de thèmes, mais où il n'y avait point eu encore de formation de cas. Les thèmes bharanta, dàtara^ étaient, aussi longtemps qu'ils resterait sans désinence, exposés à l'afifaiblissement, absolument comme les formes verbales bhar^ta ou bor-bhar-ta, dâ^ta ou doHiâ'ta. Et de même que ces dernières se sont abrégées en bhar^ti, bi'-bhar^ti, et là où il y avait prépositicm d'unaugment, en bhar-t, bi-bhar-tj dâ-t, dans ce temps aussi, mais seulement dans ce temps, la même chose pouvait facilement arriver aux thèmes nominaux. La perte qu'ils ont subie dans leur finale est la marque à laquelle nous pouvons reconnaître les anciennes limites du mot, de la même manière que sur les bords d'un lac dans les montagnes, l'anei^i niveau des eaux se reconnaît encore à des traces manifestes, longtemps après qu'elles sont baissées. Le même principe pourra dès lors être appliqué aussi à d'autres formes, par exemple au simple / des formes comme le set. -^i-t, gr. à-7vo)-T, à mant qu'il faudra décomposer en manant a, au k des mots grecs comme <p6XaÇ, ou des mots latins comme seneœ. Bref, nous voyons se résoudre ainsi toute une série de questions relatives à la formation des mots, auxquelles sans cela nous ne pourrions répondre.

Mais les thèmes nominaux ainsi créés ont encore leur importance sur un autre domaine, celui de la formation verbale. Pour comprendre comment des thèmes nominaux remplissent la fonction de thèmes verbaux, et peuvent ainsi empiéter en quelque sorte sur le domaine des racines , nous devons songer que les

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