‹ La stratification du langageChapitre 34 sur 54 · Orient und Occident, i, 423 ; III · texte numérisé non relu

Orient und Occident, i, 423 ; III

thème une plénitude plus grande au moyen de ridsertion d'une nasale. Mais cette explication est évidemment insuffisante. Il est difficile de comprendre comment le langage aurait senti le besoin de renforcer une racine ar au moyen de n, et on s'explique encore moins l'addition purement phonique d'un a, et à plus forte raison celle d'un w. Cette opinion reposait sur l'hypothèse d'un usage très étendu des voyelles de liaison, et des voyelles auxiliaires, hypothèse qui, par les raisons que je viens de développer, me paraît maintenant inadmissible, surtout pour une période aussi reculée de la vie du langage. Nous pouvons nous dispenser de discuter ici les limites, d'ailleurs beaucoup plus étroites, dans lesquelles la nasalisation peut néanmoins revendiquer ses droits, par exemple dans le sanscrit lumpami de la racine lup^ lat. rumpo de la racine rup. En effet il nous suffit de montrer ici que vraisemblablement un bon nombre de thèmes verbaux et de thèmes nominaux sont identiques.

n est du reste au moins un changement phonique auquel les thèmes nominaux ainsi employés immédiatement comme thèmes verbaux durent se soumettre. Je veux parler de cette variation de la voyelle finale du thème , allongée dans quelques formes, et brève dans les autres. De même qu'on disait dà-^mi, plur. datha{s), dada-mi dada-tha{s), on a dit tudânmi tuda-thas, ar-^au-mi amu-mas. Cependant dans ces thèmes verbaux dissyllabiques l'usage de la longue est limité à un nombre de formes plus restreint. Ainsi on dit tuda-si en regard de dadàsi. Cette modification, d'ailleurs assez légère, du thème , dans son union avec les désinences personnelles, semble bien avoir appartenu à la formation verbale la plus ancienne. En ce qui concerne la signification , l'idée la plus natm^elle est, ainsi que nous l'avons vu, de concevoir le thème nominal devenu thème verbal comme un nom d'agent; mais il y aura eu là quelquefois de petites différences. Il n'est pas impossible en effet que peu à peu d'autres combinaisons se soient formées, et que le verbe ait exprimé aussi quelquefois l'occupation à l'action désignée par le nom ou quelque chose d'analogue.

Si maintenant, en prenant pour base les conjectures qui viennent d'être discutées, nous jetons un coup-d'œil sur ce que le langage possédait de formes verbales, d'une fonction essentiellement pareille, nous ccmstatons une assez grande abondance. Dès la période précédente le langage avait déjà mis à profit la différence du thème redoublé et du thème non redoublé , pour distinguer l'action plus marquée de Taction simple. A cela nous

voyons s'ajouter maintenant quatre nouyeaux moyens de formation plus pleine, savoir : remploi d*un thème en A avec ou sans gradation de la voyelle radicale, remploi d*un thème en nu et celui d*un thème en na. Si nous imaginons toutes ces formes réalisées pour une seule et même racine S par exemple pour la racine lip, on a pour la 3^ pers. sing. les formes suivantes :

lip^i IMip-ti

lipa-ti laipa^i

lip-naur4i

lip-nà'-ti.

Relativement à la première forme, les cinq autres sont toutes renforcées. Par une conséquence nécessaire de cette opposition, le langage devait en venir à raffiner sur la différence entre le thème pur et le thème renforcé. On apprit alors à ramener à une unité générique ce qui à l'origine avait eu plutôt pour cause une tendance à faire ressortir dans tel ou tel cas particulier l'idée marquée par la racine. La forme la plus courteétait la mieux appropriée à désigner Tacte isolé qui, conune un point, n'a pas d'étendue : toutes les autres au contraire, par opposition à la première, eurent ensemble pour fonction d'exprimer l'action conçue dans son étendue, l'action qui dure. Ainsi s'établit cette dualité de thème, cette différence entre le thème verbal pur d'une part, et le thème du présent de l'autre, sur laquelle repose toute la structure du verbe indo-germanique. Nous n'avons pas à poursuivre la ramification ultérieure et l'achèvement des différentes formes; il y eut là, surtout dans les formes redoublées, une grande diversité. Sur ces rapports des thèmes de temps la science a déjà pu jeter un certain jour. C'est aussi, à mon avis, du même fonds que sortit la première différence de mode. Et sur ce point nous devons nécessairement, comme notre manière de voir est nouvelle, préciser un peu davantage.

Il s'agit d'abord du subjonctif. L'explication que j'avais autrefois acceptée, d'accord en cela avec Guillaume de Humboldt, et qui consiste à considérer les voyelles longues du subjonctif

1. Gela ne se rencontre pas en réalité. La racine sanscrite Up n*a d'autre forme de présent que limpa-ti. Cependant il n'est paa^rare de trouver en sanscrit pour d'autres verbes, deux et même trois formations différentes du présent, l'une à côté de l'autre^ exemple : racine car (r) 3* sing. pr. ind. ij-ar-ti (redoublé) r-nâ-ii (pour ar-nau-UJf r-nâ-ti (pour or» nâ'ii) ; racine bhar bhar-ti, bi^har-U , bhar-a-ti. Il nous sera denc permis pour plus de clarté de présenter aux yeux les cinq formes en les tirant d'une seule racine.

comme le symbole d'une affirmation qui hésite, et par suite d'une 'affirmation conditionnelle, est, je le reconnais maintenant, insoutenable. D'abord en efifet nous ne pouvons en aucune façon placer l'affirmation conditionnelle en tête des dififérents usages du subjonctif. Ce mode ne sert à l'expression d'une condition que dans les propositions subordonnées. Or incontestablement l'usage des modes s'est développé d'abord dans les propositions indépendantes, qui ont été longtemps les seules possibles. Ce serait donc une faute chronologique que de partir des autres. Dans les propositions indépendantes, le subjonctif, selon le témoignage irrécusable de la langue grecque, exprime essentiellement une exhortation : aYwjxev s'oppose ainsi à orYojjLev, çépwixev à çépojjLsv. Or on ne voit pas comment une exhortation pourrait sortir d'une affirmation qui hésite. En outre l'ensemble de l'explication, même envisagée sous le rapport des formes, ne convient qu'au subjonctif de la conjugaison avec voyelle de liaison , ou comme nous préférons dire maintenant , avec voyelle thématique. Il n'était pas inadmissible en soi que dans une forme comme àYwixsv la tendance du langage allât à rendre l'affirmation moins décidée. Mais que le langage pour exprimer une hésitation, sens qui d'ailleurs, comme nous le verrons, ne répond pas du tout à l'usage, que le langage, dis-je, se soit créé lui-même un obstacle sous la forme d'un son A, comme il faudrait l'admettre si ï-o-j^ev s'était ainsi formé de t-^J^v, c'est là une hypothèse qui n'est guère recevable. Au contraire l'hypothèse de Steinthal mène à une solutioii, plus satisfaisante à mon avis, de ce problème. L'action qui dure et l'action qu'on provoque ont bien des caractères communs, et avant tout, celui d'être opposées à l'exécution rapide. Aucun emploi des formes exprimant la durée n'est plus connu que celui dans lequel elles désignent l'efifort. « Il a le projet de porter > et 4c Qu'il porte » sont des idées voisines. En outre, aussi bien que l'action qui dure, l'action provoquée peut s'exprimer par l'adjonction des désinences personnelles à un nom d'agent : bhara-ti « il (est) porteur », opposé à bhar-ti « porter lui », peut, par une extension de sens, signifier aussi bien « il est appelé à porter, qu'il porte », que ces autres idées « il s'occupe de porter, il est en train de porter, il cherche à porter. » Le subjonctif, dans plusieurs de ses acceptions les plus primitives , est, comme le montre la langue des Vêdas et celle des poèmes homériques, assez voisin du futur : ou% IdcsTat oùSà févrjTai, ouxw ïSov oiSkïSwjjLat. Et dans une période beaucoup plus avancée, le futur peut, entre autres moyens de formation, s'exprimer au moyen d'un nom

d'agent : set. data « donneur », c.-à-d. il donnera, daturu-s est. C*est ainsi que peut se justifier, au point de vue de l'idée, l'hypothèse qui donne pour origine au subjonctif une forme de présent exprimant la durée. En ce qui concerne la forme, il reste, je Tavoue, à première vue bien des diflScultés ; mais je ne les crois pas insurmontables.

Voici une première objection qu'on pourra faire. Si les formes qui expriment la durée étaient propres par elles-mêmes à exprimer en même temps l'idée du subjonctif, il est surprenant que la même forme soit employée exclusivement, selon les différents verbes, tantôt dans l'un, tantôt dans l'autre de ces sens. Pourquoi le sanscrit t?aAa-/e = lat. vehit est-il un indicatif, tandis que hana-ti (qu'il frappe), formé de la même manière, est un subjonctif? On peut répondre : pour la même raison qui a feit du grec véiu-Te un impératif présent, et de Té|jL6-T£unimpératif aoriste, de 5{8o-Tai un présent, et de BéSo-xai un parfait. La signification des différentes formes ne peut jamais s'expliquer uniquement par les éléments que l'analyse y révèle. Il faut partout tenir compte d'un second fecteur, l'analogie, ou en d'autres termes, delà place que prend chaque forme relativement à d'autres. En ce sens on ne peut jamais parler que d'une aptitude relative de certaines formes à prendre certaines significations. Dans les cas où la forme la plus courte, sans aucun renforcement, était conservée pour l'indicatif présent, la forme thématique acquit peu à peu, et par opposition avec elle, une signification modale, parce qu'il n'y avait plus de nuance de temps à exprimer. C'est ainsi que hanati devint le subjonctif de han-ti. Ici s'établit la différence qui fut le principe de l'usage du mode. Dans d'autres verbes au contraire la forme la plus courte périt, et cela sans doute non par un simple effet du hasard, mais parce que le sens des racines exigeait des formes plus fortes, ou parce que la combinaison phonique était trop dure. Ainsi la forme plus pleine se fixa comme présent de l'indicatif.

Une seconde objection pourrait se formuler à peu près ainsi. Si la catégorie de l'action qui dure renfermait celle de l'action à laquelle on tend avec effort, de l'action provoquée, on devrait s'attendre à voir tous les renforcements du présent employés à l'occasion pour désigner le subjonctif. Pourquoi donc avonsnous bien, il est vrai, lipa-ti, mais non /i-/zp-h* , lip-na-ti comme subjonctif de lip-ti? Pour trouver une réponse à cette objection, nous devons nous rappeler que les différents élargissements du présent concourent bien il est vrai à un même objet.

Texpression de l'action qui dure, opposée à Taction momentanée, mais que pourtant ils n'avaient pas une signification complètement identique. On ne peut s'expliquer autrement que plusieurs thèmes de présent aient été usités à la fois pour une même racine. En raison des nuances particulières que Faction qui dure admettait dans les différentes formations du présent, l'une pouvait se trouver moins éloignée que les autres d'un usage modal. Vraisemblablement la forme redoublée était la moins propre à cet usage, car l'idée qui s'y attachait au début paraît bien avoir été celle d'une action plus intensive. Or l'acception intensive forme en quelque sorte, dans le domaine de l'action qui dure, le pôle opposé à celle qui implique l'idée d'effort, et c'est seulement par cette dernière que nous avons cru pouvoir expliquer l'usage du subjonctif. Les formations de présent où entrent les syllabes -na et -nu sont peut-être d'origine plus récente. Quand la catégorie du subjonctif se fût développée en partant des formations avec un simple son A, ce mode se trouva pourvu, pour ainsi dire. Les nouvelles formations caractérisèrent l'action qui dure dans un sens im peu différent et ne suivirent pas les premières dans toutes leurs modifications. Ne voyons-nous pas d'ailleurs comment d'une série de formations essentiellement similaires l'usage en tire une qu'il prend à part, pour ainsi dire, et développe en lui donnant une fonction particulière? Nous reviendrons là-dessus, particulièrement à propos de l'origine des désinences casuelles.

Une troisième objection paraît au premier abord devoir éveiller plus de doutes. Comment s'expliqueront les formes qui ont une voyelle longue? Comment le^ vues qui viennent d'être exposées permettent-elles de concevoir le rapport de bharâ-ti = çépY)-crt à bhara-ti = çsps-rt, çépet? Nous ne croyons pas pouvoir considérer ce son A comme étant par son origine une voyelle de liaison. Mais cela ne nous interdit pas de croire qu'une commodité phonique ait contribué à étendre démesurément l'usage de cette voyelle, d'abord significative. Cette raison phonique dut surtout faire sentir très vivement son influence devant les terminaisons du prétérit, où il était bien diflScile de prononcer des formes comme a-lip-m, a-lip-s, a^lip-t. Mais au présent aussi, la diflSculté de prononcer certains groupes de consonnes aura, dès qu'il exista des doubles formes comme lip4i et lipa-ti, tud-ti et tuda-ti, contribué d'une façon décisive à faire préférer la seconde forme, et à faire reculer la première à l'arrière-plan. Ces anciens subjonctifs tels que hanOrtU io-[i.6v, opposés à han-ti, t-iji.ev, éveillèrent alors une tendance à un nouveau mode de for-

mation. Ici encore le langage ne pouvait oublier ce qu'il avait une fois appris, il ne pouvait s'affranchir d'un besoin qui s'était une fois éveillé en lui. L'essence du subjonctif semblait consister dans une intercalation entre le thème et la désinence. On forma alors hkarâ-ti en regard de bhara-ti d'après une rigoureuse analogie avec hana-ti opposé à /mn-/t. Mais par là la formation des modes se détacha complètement de celle des temps. Le redoublement, le renforcement interne et l'addition de syllabes nasales restèrent réservés à la dernière, et l'allongement se fixa comme signe du subjonctif. Une preuve de la prédilection que le mode de l'action provoquée montra encore, dans une période plus tardive du langage, pour l'allongement, soit du thème, soit delà désinence personnelle, se rencontre d'une part en grec dans les formes comme Sw^-jasv, ctyjo-ixsv, Sww-ci, de l'autre en sanscrit dans l'allongement des diphthongues aux terminaisons personnelles du moyen, par ex :ja^â-tâi à côté àeja^â-të ^

Comme une partie des formes plus pesantes primitivement créées pour l'expression de l'action qui dure se séparait ainsi pour servir à un objet particulier, il dut se développer entre celles qui restaient un rapport différent à plus d'un point de vue. Chaque forme d'indicatif appelait maintenant son subjonctif : lip-ti lipa-'tit lipa-^ti lipa^-ti, lilip^ti lilipa-ti, laipa-ti laipâ-ti, etc.

De cette manière se réalisa une nouvelle espèce de formation du présent. La différence entre /ejoa-h* et /azjoa-/e ne semble pas avoir servi à l'origine à désigner une différence de temps. Une forme telle que tuda-ti est un présent aussi bien que bDdha-tij c.-à-d. handha-Hy gr. «^t^ d'une part, et Tifixsi (rac. Tax,abref) de l'autre. Lipa-ti et laipa-ti étaient donc dans le principe des formes coordonnées. Le langage pouvait se décider pour l'une ou l'autre forme, peut-être selon que l'action devait être exprimée d'une manière plus ou moins énergique. Mais le subjonctif lipâ-ti s'introduisant à côté de lipa-ti, et laipâ-ti à côté de laipa-^i, de plus ridée de l'action provoquée se développant pour ces formes nouvelles, la tendance à la différentiation dut se manifester. Plus les thèmes en A se multipliaient, plus il devenait important d'en tirer un système plus complet de formes aussi bien pour l'action qui dure que pour l'action momentanée. Aux

1. De nombreux exemples en sont donnés par Kuhn {Zeitschrift, XV, 412 et suiv.); il émet il est vrai Thypothèse que la diphthongue plus pesante ai est dans toutes les terminaisons du moyen le son primitif.

formes qui gardaient la voyelle radicale pure lipa-ti, lipâ-ti, s'attacha, dès qu'elles se trouvèrent opposées à des formes laipa^ti, laipâ-^ti, l'idée de l'action momentanée ; aux formes qui présentaient la voyelle renforcée , s'attacha celle de l'action qui dure. Ne voit-on pas que la dernière forme était relativement plus lourde, et que la signification primitive de Va bref de lipa-ti dut, là où il n'existait pas de forme lip-ti, s'efiacer complètement? Ici encore nous sommes ramenés à cette observation que la signification d'une forme se détermine essentiellement par son rapport avec d'autres. Au présent de l'indicatif cette forme plus brève lipa-ti dut bientôt alors devenir superflue quand elle se trouvait à côté d'une forme laipa-ti. Car dans la simple énonciation de quelque chose de présent il ne peut réellement y avoir lieu d'exprimer l'action momentanée. Celui qui énonce quelque chose simplement pour le temps présent donne par cela même à l'action une certaine étendue. Ainsi la forme lipa-ti, quand il en existait à côté d'elle une comme laipa-ti, tomba peu à peu hors d'usage. Mais au subjonctif, lipâ-ti et laipa-ti pouvaient très-bien se conserver l'un à côté de l'autre. L'action provoquée peut aussi bien être une action momentanée qu'une action qui dure ; tout dépend de la manière de l'envisager. A l'impératif qui doit aussi s'être développé vers le même temps, un rapport semblable s'établit entre lipa-tât et laipa-tat. Cette différence devint plus importante encore au prétérit entre a^-lip-at et a-laip-at. On s'explique assez bien ainsi qu'à côté des aoristes formés de la racine comme a-bhû-t = 2-<pu, a^stâ^t (set. asthâ't) = 2-(jTiQ, il y ait aussi des aoristes thématiques tels que ceux dont il a été parlé plus haut. Des formes comme le sanscrit a-lipa-t, a-sada-t « il s'assit », a-^ida-t (gr. l-FiSs, sîSe), sont proprement et de leur nature des imparfaits, et les formes de modes qui s'y rattachent sont des formes de présent, mais qui par suite de l'apparition d'autres formes de présent encore plus fortes, et de la disparition d'indicatifs comme lipa-mi, sadâ-mi, vida-mi, se sont déplacées et sont devenues des formes d'aoriste. La langue grecque a, pour le subjonctif, conservé le rapport primitif beaucoup plus fidèlement que le sanscrit et le zend, en ce sens qu'elle donne partout à ce mode les désinences personnelles primaires. Dans les deux autres langues il y a ici une hésitation de nature à inspirer l'idée qu'il y aurait eu effectivement un subjonctif de l'imparfait et de l'aoriste. En réalité il n'y a jamais qu'un mode de l'action qui dure, que nous nommons un mode du présent, et un autre de l'action momen-

tanée que nous nommons un mode de Taoriste. Il ne peut être question d*une chute de Faugment dans un pareil mode, puisque Taugment, comme signe du prétérit, est incompatible avec la formation des modes.

Nous avions entrepris de rechercher s'il était possible de considérer la voyelle du subjonctif, identique par le son à la voyelle thématique, comme lui étant aussi identique par l'idée. Je crois avoir démontré cette possibilité. Et comme c'est un principe de la science du langage, de tenir pour identique ce qui dans le domaine d'une langue est semblable par le son et peut l'être par l'idée, je suis tout à fait d'avis que les deux voyelles remontent à la même origine^ Or comme nous avons eu de bonnes raisons d'admettre que ce son A a servi plus tôt à la formation des temps qu'à celle des modes, il résulterait de là cette observation non sans importance, que la formation des modes (nous faisons quant à présent abstraction de l'impératif), est sortie seulement par un développement graduel de la formation des temps.

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