Grundzûge, p
2. Dans ces mots : le grand roi, grand est (selon la terminologie allemande) attribut; dans le roi est grand, grand est prédicat. — N. du tr.
sans élément de formation unis à des verbes auxiliaires, comme a-'diknsa^ qui vient du nom à forme de racine dik; 2^ celles où un thème nominal déjà formé, c'est-à-dire pourvu d'un suffixe, comme hTima (amour), devient la base d'une forme verbale comme kâma-jâ-mi. Au premier de ces degrés, le langage ne produit que des thèmes temporels isolés qui servent à compléter la conjugaison d'un verbe; au second la composition est plus inhérente au verbe, et elle s'étend à toute la conjugaison. Cest seulement de la seconde manière que se forme le verbe proprement dénominatif.
THEMES DE TEMPS COMPOSES OU N ENTRENT QUE DES THEMES NOMINAUX SANS ELEMENT DE FORMATION.
Qu'une forme comme a-dik-sa-t contienne un thème nominal, c'est là un fiût évident en soi, toute phrase construite avec le verbe substantif devant nécessairement contenir un nom. Ce fait n'en est pas moins de la plus haute importance pour l'histoire du développement du langage. H prouve que dans ce temps, moins ancien sans doute, mais encore bien antérieur à la séparation des langues, il existait des thèmes nominaux, et des thèmes non fléchis, sous cette forme primitive. Ainsi se trouve confirmée l'opinion par nous émise sur l'antiquité de ces thèmes nominaux à forme de racines ; ainsi sont réfutées les hypothèses qui voudraient en faire des formes mutilées. Car personne ne pourra nous faire croire que dans a-dik-sa-t la syllabe dik soit aussi déjà une altération d'une forme plus pleine.
Bopp ^ dérive de la racine ja, aller, la syllabe ^â (ja), caractéristique de la 4® classe sanscrite, et des innombrables formations du même genre dans les langues sœurs. Cette manière de voir se recommande par la simplicité de l'explication qu'elle permet. Le verbe signifiant aller sert en différentes langues à former des périphrases, particulièrement en latin dans les locutions venum ire, amatum iri. Comme aller désigne un mouvement qui dure^, ce verbe renferme par cela même un élément de durée
1. Vergleichende Grammatik^ g 501. — Comparez Tempora und Modi^ p. 88.
2. Sur les diverses modifications d*idées qui peuvent s'exprimer par
particulièrement approprié à la formation de thèmes de présent. De la même idée on passe facilement à celle de passivité : il semble donc plausible de ramener à la même source la caractéristique ja du passif sanscrit. Le zend oflre aussi pour cela des analogies, et d'ailleurs on a depuis longtemps signalé le fait que beaucoup de verbes de la quatrième classe sanscrite, qui est la classe correspondante, ont une signification întransitive. Si cette explication est juste, et je ne sache pas qu'on ait rien apporté pour la réfuter, nous devons supposer, ici aussi, que le langage avant de passer à la composition dd la racine y a avec des thèmes placés devant elle, se servait souvent d'une périphrase où entrait la racine ja, par exemple; kup ja, svid ja. La manière la plus naturelle de concevoir ici le premier mot est d'y voir un nom d'actioç, bouillonnement, transpiration, sans que pourtant toute autre combinaison soit pour cela exclue, comme le prouve àYvéXXw, c.-à-d. àrf(e\{o)'Hdy messager aller, c.-à-d. aller comme messager. Dans cette composition comme dans toute autre, il y a quelque chose d'indéterminé et d'équivoque. Mais c'est précisément cette indétermination qui a permis d'en faire un emploi varié; c'est grâce à elle aussi que les éléments ainsi ajoutés ont pu perdre leur signification matérielle primitive pour devenir de pures syllabes formelles. Toute différence s'effîaça ainsi peu à peu entre la syllabe ajoutée ja et d'autres additions, soit purement phoniques, soit thématiques. Cette syllabe devint un de ces élargissements du présent qui servent tous au même objet, c'està-dire à désigner l'action qui dure.
Comme le système des formes exprimant la durée a été complété au moyen des formes où entre la racine ja, celui des formes tirées de la racine même et servant à l'expression de l'action momentanée, a été complété, et c'est là un fait universellement reconnu, au moyen d'une composition avec la racine as. On s'étonne à première vue de voir incomber une telle fonction à une racine dont le sens implique à un si haut degré la durée. Car Etre, c'est bien proprement, à ce qu'il semble, persister dans quelque chose. On pourrait aussi s'attendre à trouver la racine as dans des formes de présent comme le latin possum, plutôt que dans des formes d'aoriste. Mais cependant il y a une manière de concevoir l'idée d'Être qui a quelque chose de cou-
le verbe aller, comparez Guillaume de flumboldt. Ueber die Verschtedenheit des menschlichen Sprackbaues, p. 257.
forme au sens de Taoriste : c est celle d'après laquelle l'Être est opposé au Devenir, le résultat obtenu aux différentes phases qu'il faut parcourir pour l'atteindre. Et c'est par rapport au passé que cette conception s'introduira le plus facilement. lia donc pu se former d'abord une périphrase avec le prétérit de as, et c'est par cet intermédiaire que se sont produites peu à peu des formes comme OHiiknsaHnfi = ë-3eiÇa. Comme la distinction entre l'action aoristique et l'action qui dure avait fait son apparition dans le langage dès la période précédente, ces formes composées avec la racine as se glissèrent tout naturellement dans le système du verbe et s'y placèrent parallèlement aux formes simples d'aoriste. Nous n'avons pas ici à poursuivre ce sujet, ni à étudier les différents modes de formation de ces aoristes composés. Qu'il me soit permis d'indiquer seulement un élément chronologique. L*une des formations d'aoriste de ce genre, celle précisément qui a prévalu en grec, repose sur l'insertion de la syllabe sa^ accourcissement de asa. Personne ne tiendra l'a final de cette syllabe pour différent de celui de tuda, haudha, et autres thèmes dissyllabiques dont nous avons cru pouvcnr renvoyer l'apparition à la période précédente. On peut en conclure en toute sûreté l'existence d'un présent asa-mi en regard de as-mi, d'un prétérit âsa-t en regard de âs-t, dans un temps qui a précédé la création de la forme composée. Ainsi se trouve confirmée la priorité des formes thématiques sur les formes composées. Si le système des temps se trouva ainsi complété et diversifié d'une façon très notable, il se produisit aussi quelque chose d'analogue pour les modes, qui n'avaient commencé à se distinguer que dans la période précédente. Comparons aux formes du subjonctif de la racine as, celles de l'optatif, ou pour prendre le nom sanscrit, du potentiel, dans la langue fondamentale indogermanique, telles que Schleicher * les induit des langues particulières :
3® sing. subj. as-a-t{i) Opt. as-jâ-t 3® plur. as-a-nt{i) as-Ja-n{t)
Faisons abstraction, d'une part, de la quantité de l'a, de l'autre, des désinences qui d'ailleurs sont variables au subjonctif sanscrit, l'optatif seul présentant toujours et avec conséquence les terminaisons secondaires; nous observerons le même rapport qu'entre un Ind. prés, de la forme thématique (l'® classe en sanscrit) et un autre, composé avec -ja (4® classe) :