Vergleichende Grammatik
lés catalogues de racines, et c*est avec raison que Westergaard et le dictionnaire de Saint-Pétersbourg 1* identifient à la racine i « aller » . Cette dernière en effet a quelquefois elle-même le sens de « tendre vers quelque chose» ,de « £aireeffort» , et elle forme plusieurs racines secondaires qui comme is {i/lh),jat, ont exclusivement ce sens plus moral. Or on ne peut méconnaître la parenté de i et de Ja. L'explication de Bopp et notre conjecture reviennent donc essentiellement au même. Il est vrai qu*il reste toujours une double différence entre les présents composés de Tindicatif, comme svid-ja^mi , svid-ja-siy svid-Ja-tt^ et les optatife comme bhû-jâ-nij bh^X-jâ-s, bhvr-jdr-t. L'indicatif a un a bref, sauf aux premières personnes ; l'optatif a partout un â long, sauf à la 3* pers. du pluriel. Mais cette différence ne peut suffire à motiver une séparation de ces formes, d'autant plus que pour les thèmes de présent en a, le sanscrit office à la l'* pers. du sing. un a bref au lieu de l'a long {ttcdê-Ja-m), et qu'à d'autres personnes l'a disparaît même complètement. D'après l'observation faite plus haut^ nous devons admettre que pour cet a comme pour toutes les voyelles finales de racines, c'est la quantité brève qui est primitive. Mais les aoristes formés directement de la racine comme a-sthâ-m, a-sthâ-Sy 2® pi. a-sthâ-ta = I-gtiq-v, i-arrr^^ l-dTTj-Te, présentent aussi la longue. La quantité dans les formations de ce genre, est loin d'être constante, comme le montre l-Oe-Ts en regard du sanscrit a-dfià-ta et de l-vvw-Te. En ce qui concerne les terminaisons personnelles secondaires de l'optatif opposées aux terminaisons primaires de l'indicatif, on peut douter que cette différence ait été fixée dès le principe. C'est l'usage de signaler comme abusive la désinence -[xt des formes grecques telles que çépo-t-ixt, opposées au set. bharê-ja-'m et à la forme sporadique çépotv. Mais cette manière de voir souffre des difficultés. On ne peut croire à des formations abusives de ce genre que lorsqu'elles s'expliquent par une analogie très étendue. Or cette justification nous fait ici complètement défaut. Les Grecs emploient les désinences secondaires dans toutes les autres formes de l'optatif. Ils observent avec une rigoureuse conséquence dans toute la conjugaison, et au moyen comme à l'actif, l'analogie de l'optatif et du prétérit. Cette analogie se retrouve même dans l'usage de l'optatif, notanmient dans les phrases composées. Il n'existe point de formes de l'indicatif en jjli qui aient pu avoir avec l'optatif une ressem-
blance particulière. Il n'y a d'ailleurs rien qui rattache spécialement ces optatifs de la conjugaison en o) aux verbes en 11.1. Cette exception unique de l'optatif adoptant les désinences primaires ne peut donc s'expliquer que si elle remonte aux temps les plus reculés. Car lorsqu'une forme s'écarte absolument de la règle générale , il faut toujours présumer plutôt qu'elle est l'application d'une règle plus ancienne. C'est l'assimilation qui dans l'histoire du langage a prévalu de plus en plus, et non la dissimilation. Je crois donc que cette désinence [xt de <pépoi[jLt nous offre un dernier reste du temps où les désinences personnelles primaires n'étaient pas encore trop pesantes pour l'optatif, et où par conséquent la concordance était plus complète entre ce mode et l'indicatif présent composé avec ja. De (pépo-i-[jLt il faudrait ainsi remonter à une forme bhara-j Ob'mi. N'y a-t-il pas d'ailleurs d'autres exemples de formes verbales grecques isolées qui ont conservé ce qui est le plus primitif, par exemple la 2® pers. du sing. ea-di, la 3®pers. du subjonctif en -tj-at dans Homère, le futur dorien ?
Si nos conclusions sont justes, la théorie de Benfey ^ que l'optatif est composé avec le prétérit de la racine ja, est sans fondement. Car l'unique signe du prétérit, Taugment, est complètement étranger à l'optatif, et l'emploi du prétérit serait aussi difficile à expliquer sous le rapport du sens. Au contraire le fait des désinences primaires s'émoussant pour devenir des désinences secondaires est ordinaire, et n'a rien de surprenant. Ces compositions anciennes comportaient plusieurs sens. De l'idée d'aller on passait d'une part à celle de « méditer quelque chose » (aller autour de), de l'autre à celle d' « arriver à » (tomber dans), enfin à celle de « faire effort vers quelque chose ». Le premier sens se fixa dans les formes de présent indiquant la durée, le second dans les formes passives dont nous avons fait mention plus haut ^, le troisième à l'optatif. Qu'on songe seulement au double emplei de l'auxiliaire allemand werden au passif et au futur. Peut-être à l'origine l'optatif se rencontrait-il comme remplaçant çà et là le subjonctif, à peu près comme les thèmes de présent en^a existaient à côté des thèmes formés directement de la racine et de ceux contenant un suffixe. Mais bientôt cette formation se détacha, et devint, comme l'usage spécifiquement sanscrit de la syllabe ^a au passif, un besoin général. Les formes tirées direct e-