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VI. PERIODE DE LA FORMATION DES CAS

La formation des cas est bien ce qu'il y a de plus obscur dans le système des formes indo-germaniques. Il existe pour la flexion verbale toute une série d'analyses universellement reconnues, et sur d'autres points nous trouvons au moins en présence plusieurs opinions sérieusement discutées. Dans la déclinaison au contraire il est beaucoup de formes qu'on n'a pas même encore essayé d'expliquer, et les questions les plus générales ont seules jusqu'à présent Êiit l'objet d'une discussion. Cène peut être non plus mon dessein d'entrer ici bien avant dans cette question, la plus difficile de toutes, d'autant plus que j'ai eu l'occasion, il y a quelques années^, d'en présenter quelques points essentiels. Ici, où nous n'avons à nous occuper que de la succession des formes, quelques remarques suffiront, puisque nous avons déjà cherché à déterminer en général le temps où les cas se sont formés. D'abord les

1. Le remarquable mot waxpoçov^a (Odyssée a. 299, y. 197, 307) peut servir comme exemple d'une composition antique : èitel èxTave waTpoçovîîa AÎYiffôov 8o>otiyjTtv, 5 ol waTépa x>utôv IxTa. C'est là certainement un mot reçu par tradition d'une poésie plus ancienne, et qui n'a pas manqué d'étonner Eustathe par le mode de sa composition, tout à fait exceptionnel en grec. Nommerait-on Vatermœrder en allemand, celui qui a tué le père d'un autre?

2. Verhandlungen der Meissner PhUologen-Versammlung. 1863, pp. 45 et suiv.

cas se divisent, comme j*ai cherché à le montrer ^ en deux couches, dont la première embrasse le vocatif, le nominatif et Taccusatif . La parenté ^lus étroite de ces cas se reconnaît déjà à ce fait qu*au neutre ils hie confondent entièrement, et leur distinction des autres cas, à ce qu'ils ne s'échangent jamais avec eux. En sanscrit l'ablatif singulier se confond souvent avec le génitif^ et le locatif duel toujours avec le génitif du même nombre : le locatif des trois nombres se confond dans les langues classiques avec le datif. L'instnunental est remplacé en grec par le d^tif , et en latin par l'ablatii. Le datif et l'ablatif pluriel sont identiques en sanscrit conmie en latin. Le datif et le génitif duel se confondent en grec. Mais on ne trouve aucune trace d'un rapport analogue entre l'accusatif et les autres cas obUques. Il nous est peut-être permis de conclure de là que l'accusatif avait déjà vis-à-vis du nominatif et du vocatif son usage propre et bien arrêté , avant la formation des autres cas.

S'il y a eu dans le langage une période où la première couche de cas était seule connue, c'est pour cette couche seule qu'il Êiut chercher les pomts de départ dans des créations plus anciennes. Le vocatif est un reste de la période sans flexions casuelles, surnageant encore dans la période suivante : il garde en effet le thème pur et sans modification, pour exprimer l'apostrophe. Sous ce rapport, il ressemble aux formes de thèmes nues que nous avons rencontrées dans les composés. npé(j6u, tant comme vocatif que comme première partie de xpeafuYevifjç, est une de ces vénérables antiquités du langage que nous ne pouvons comprendre qu'en remontant à la période d'organisation. D'un autre côté la formation du nominatif et de l'accusatif se rattache à la formation des thèmes. Nous avons parlé plus haut ^ de la tendance du langage à caractériser les noms par une adjonction continuelle de nouveaux suffixes. C'est ainsi que nous avons cru devoir expliquer des formes comme celles en an-a, ma-na, ta-ra^ an-ta. L'exubérance était telle dans cette création des formes , qu'on réunissait non-seulement deux, mais trois éléments pronominaux de ce genre, ou un plus grand nombre encore. C'est l'ancienne puissance de formation qui, en poursuivant son action, développa d'un thème comme bkàra , d'une part bhara-^ma, de l'autre bhara-sa ^. Le pas décisif dans la formation casuelle fiit fait

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